
A l’occasion de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 entre la France et l’Allemagne qui a marqué la fin de la Première Guerre Mondiale, l’Ambassadeur de France à Alger, M. Xavier Driencourt, a présidé une cérémonie du souvenir durant laquelle il a prononcé le discours suivant :
"Nous sommes réunis ce soir pour commémorer le 91ème anniversaire de l’armistice qui le 11 novembre 1918 mettait fin au conflit le plus meurtrier qu’ait connu l’humanité : 20 millions de morts dont plus de 50 pour cent de civils, et 21 millions de blessés.
Depuis cette terre d’Algérie où nous nous trouvons ce soir, nous n’oublierons pas que sont ainsi partis vers la métropole entre 1914 et 1918 près de 200 000 hommes, parmi lesquels plus de 170 000 soldats qu’il était alors convenu d’appeler « musulmans d’Algérie », dont plus de 25 000 ne reverront pas leur terre.
Selon les traditions propres à l’Afrique du nord, la semaine dernière, à l’occasion des fêtes de la Toussaint, nous avons honoré la mémoire des défunts, civils et militaires, enterrés dans différents cimetières d’Algérie.
Aujourd’hui, 11 novembre, la France, comme ses alliés de l’époque et comme tous les belligérants, l’Allemagne en premier lieu, se souvient, le devoir de mémoire se doublant d’un devoir d’éducation pour que, comme le disait Georges Clémenceau au soir de la victoire, les nations apprennent aussi à gagner la paix.
C’est bien le sens du
message du Secrétaire d’Etat à la défense et aux Anciens combattants M. Hubert Falco, que je vous propose d’écouter maintenant" :

- © C. Thorel
"Le 11 novembre 1818, à 5h15, les généraux allemands et alliés signaient l’armistice dans la clairière de Rethonde, en forêt de Compiègne. A 11 heures, le cessez-le-feu était effectif et la France pouvait célébrer sa victoire. Partout, les clairons retentirent et les cloches des églises se mirent à sonner. Cinq années de guerre totale prenaient fin. Jamais on ne vit une nation communier tout entière dans une aussi grande ferveur.
Mais cette immense joie était mêlée d’un profond sentiment de deuil et de tristesse. La France pleurait ses morts et accueillait 4 millions de blessés et d’invalides. 1 400 000 soldats étaient tombés au front. 300 000 civils avaient succombé. Nul ne fut épargné : aucune famille, aucun village, aucune ville.
Jamais le monde n’avait connu de guerre plus meurtrière. Et les Vétérans de la Grande Guerre, ceux qui étaient montés en première ligne à Douaumont et à Verdun, n’eurent plus qu’un seul mot d’ordre "plus jamais ça !"
Mais la paix, qui semblait acquise au lendemain du 11 novembre 1918 ne dura pas. Vingt ans après, la Seconde Guerre Mondiale éclatait. Les générations que la Grande Guerre avait cruellement éprouvées durent encore affronter des années terribles.

- © C. Thorel
Tout au long du XXe siècle, il n’y a pas eu de nations dans le monde qui se soient autant affrontées que la France et l’Allemagne. Mesurons ensemble le chemin parcouru après la Seconde Guerre Mondiale grâce à l’œuvre des pères de la réconciliation franco-allemande : Robert Schuman, le Chancelier Adenauer et le Général de Gaulle. Il n’y a pas aujourd’hui dans le Monde d’autres nations que la France et l’Allemagne qui soient animés par un désir aussi intense de poursuivre la construction d’un avenir commun.
La réconciliation franco-allemande, la volonté commune de bâtir l’Europe unie, tout cela ne s’est pas construit sur l’oubli ni le déni du passé. Mais grâce à lui.
Aujourd’hui, le Président de la République et la Chancelière allemande sont réunis à Paris. Ensemble, ils rendent hommage aux morts et aux combattants de la Grande Guerre. Ils célèbrent également les liens durables que la France et l’Allemagne ont scellé. Car le plus bel hommage que nous puissions rendre aujourd’hui aux morts de la Première Guerre Mondiale, c’est de construire ce qu’ils espéraient mais qu’ils n’ont pas connu : l’Europe de la réconciliation. L’Europe de la paix".