« Yes, we Cannes ! » - L’acteur Réda Kateb crève l’écran sur la Croisette [ar]

Article tiré du quotidien El Watan, 19 mai 2014

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Difficile d’échapper à Réda Kateb pendant le Festival de Cannes. L’acteur, révélé notamment par le film Un prophète, de Jacques Audiard, y défend trois premiers films, dont celui de la star canadienne Ryan Gosling, autant de rôles qui « donnent à voir toutes les humanités ». (…)

Il a mis en scène et joué dans « Le poète encerclé » de Kateb Yacine (son grand-oncle), il a été découvert dans la série Engrenages, il s’essaie avec brio au cinéma qui l’adopte aussitôt et le propulse au bout de quelques années au rang de comédien confirmé. En 2012, il est choisi par Kathryn Bigelow pour tenir un rôle dans son film Zero Dark thirty, sur la traque d’Oussama Ben Laden. (…)

Cette année, le Festival de Cannes est LE festival de Réda Kateb. Dans Lost River, le thriller fantasmagorique de Ryan Gosling, présenté à Un Certain Regard, Reda Kateb joue un chauffeur de taxi. A la Semaine de la critique, il est jeune médecin dans Hippocrate, du Français Thomas Lilti. Et dans Qui Vive, premier film de Marianne Tardieu soutenu par l’ACID, qui promeut le cinéma indépendant, il a le premier rôle, celui d’un jeune vigile prisonnier des codes de son quartier. Un film américain hyper-buzzé, une comédie dramatique plutôt populaire, un petit projet auteuriste… voilà qui résume l’éclectisme d’un acteur qui veut franchir les frontières. « Ce que j’aime, c’est l’alternance. Ça me correspond bien de venir à Cannes dans trois sélections différentes et dans trois types d’hôtel différents ! »

Né dans une famille de comédiens et de poètes, Reda Kateb tient son côté caméléon d’une enfance bercée dans la culture. « Mon père m’a emmené partout en tournée, depuis tout bébé. J’ai baigné dans un monde d’ouverture et de curiosité ». Il peut désormais tutoyer les acteurs qu’il admire, comme Viggo Mortensen, avec qui il partagera bientôt l’affiche de Loin des hommes, ou Ryan Gosling, qui l’a recruté après l’avoir vu dans Un Prophète. (…)

Le genre d’expérience qui tenterait bien Réda Kateb, qui travaille au financement de son premier court-métrage. « Plutôt une comédie. On ne m’en propose pas trop alors je me l’offre à moi-même ». Encore une nouvelle facette pour celui qui se méfie des étiquettes. « Aux Etats-Unis, on est vite catalogué. Avec mon nom, ma tête et mon accent, ça prend du temps d’élargir le panel. Il m’est arrivé de ne pas donner suite à des scénarios, même avec des stars, parce que j’ai envie de protéger un parcours à long terme ». A 36 ans, Reda Kateb voit loin. « J’ai l’impression de faire ce métier pour des raisons différentes selon les âges, à mesure que je découvre, que je grandis et que ma vie change ».
Par M. Rouane

publié le 07/08/2014

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