Accord pour la paix et la réconciliation au Mali - Intervention d’Annick Girardin [ar]

Signature de l’accord pour la paix et la réconciliation - Intervention de Mme Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du développement et de la Francophonie
(Bamako, 15 mai 2015)

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Excellence Monsieur le Président de la République,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et chefs de délégation,
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU,

Je tiens, en premier lieu, à vous remercier, Monsieur le Président de la République, et à travers vous, tout le Mali, qui nous accueillez aujourd’hui chaleureusement pour cette cérémonie de signature de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

C’est avec un sentiment d’accomplissement et d’espoir que nous sommes rassemblés ici. Accomplissement, car les négociations d’Alger sont aujourd’hui achevées au terme d’un long mais nécessaire processus de dialogue. Je tiens, au nom du Président de la République, à féliciter et remercier tous ceux qui se sont impliqués depuis l’été dernier, avec ténacité et patience, pour les mener à bien.

Espoir aussi, car cet accord, c’est avant tout l’accord de tous les Maliens. Des Maliens qui ont su surmonter leurs mésententes afin de sauvegarder l’essentiel : leur unité et la paix. C’est aussi le résultat de la mobilisation de toute la région, et spécialement de l’Algérie, dont je salue une nouvelle fois le formidable travail de médiation, mais aussi des autres pays du Sahel, du Burkina Faso à la Mauritanie, du Niger au Tchad, qui ont su dialoguer avec les uns et les autres afin de faire émerger des solutions.

Cet accord, c’est aussi le fruit de l’implication de toute la communauté internationale, des Nations unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne et de l’Organisation de la coopération islamique, qui sont représentées aujourd’hui. La France, partenaire historique du Mali, a apporté sa contribution à cette mobilisation et vous savez l’importance que le président de la République François Hollande attache à sa relation avec ce pays. La France salue la décision courageuse du gouvernement malien et des groupes qui ont signé l’accord aujourd’hui. Certains groupes ne sont pas représentés mais leur déplacement, hier, à Alger, où ils ont paraphé le texte, est un signal très positif.

Parvenir à cet accord a supposé des concessions, de part et d’autre. Mais le texte peut répondre aux objectifs de chaque partie et ouvre la voie à la poursuite des échanges et du dialogue. Il offre, surtout, un cadre global et inclusif pour la paix, la stabilisation et le développement dans l’ensemble du pays, alors même que la situation dans la région est fragile.

La dynamique doit être maintenue, en commençant, dès à présent, avec l’ensemble des acteurs, le travail sur l’accompagnement, le suivi et la mise en œuvre effective de l’accord dans tous ses volets. Le comité de suivi, dont la France fera partie avec les principaux acteurs internationaux concernés, permettra de s’assurer qu’un suivi et un accompagnement effectifs seront assurés. Cela avait fait défaut dans le passé, lors de précédents processus de paix et ce sera, cette fois-ci, une garantie forte de la communauté internationale pour l’ensemble des parties.

Mesdames et Messieurs, nous sommes lucides. Nous connaissons les défis qu’il reste à surmonter pour cimenter cette unité retrouvée et prendre le chemin d’une prospérité inclusive et durable. C’est pourquoi la France restera présente aux côtés du Mali dans cette étape décisive et notre aide au développement contribuera à montrer aux populations les effets concrets de la paix.

Depuis 2014 et jusqu’en 2018, la France, premier bailleur bilatéral du Mali, met en œuvre près de 500 millions d’euros d’aide au développement. Nos projets concernent l’ensemble du territoire, et, comportent, notamment, près de 80 millions d’euros pour les régions du nord du pays.

Dans cette étape qui s’ouvre, j’appelle solennellement au maintien du cessez-le-feu. C’est essentiel pour garantir la mise en œuvre de l’accord. Cela implique que l’ensemble des acteurs armés doivent s’abstenir de toute violence sur le terrain. Je rappelle, à ce titre, que nous avons lancé, au Conseil de sécurité, la réflexion sur la mise en place d’un régime de sanctions contre ceux qui entraveraient le processus de paix, notamment en violant le cessez-le-feu.

Il n’y a pas d’alternative au processus de paix, alors que le Sahel fait toujours face à la menace terroriste et au crime organisé. Seule l’alliance de tous les Maliens attachés à vivre en paix dans un Mali uni et fier de sa diversité, permettra, nous le croyons, de briser le cycle des crises.

Je pense que chacun mesure, aujourd’hui, le caractère historique de ce moment, qui engage toutes les parties à cet accord, mais aussi tous ceux qui ont contribué à sa conclusion.

Je vous remercie.

Vive les faiseurs de paix ! Vive la paix au Mali !

publié le 21/05/2015

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