Rencontres franco-algériennes des céréales 2016 [ar]


Intervention de M. Bernard EMIÉ
Ambassadeur, Haut Représentant de la République Française en Algérie

à l’occasion du séminaire

France EXPORT CEREALES

Alger, mardi 11 octobre 2016


Monsieur le représentant du Directeur général de l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales,

Monsieur le Président de France Export Céréales,
Monsieur le Directeur général de France export Céréales,

Mesdames, Messieurs

C’est un grand plaisir pour moi d’être aujourd’hui parmi vous pour ouvrir ce séminaire annuel de France Export Céréales à Alger qui constitue un évènement majeur dans notre calendrier économique bilatéral.

Majeur à la fois pour la France mais aussi pour l’Algérie, ce rendez-vous réunit aujourd’hui des acteurs centraux du secteur des céréales en Algérie ainsi qu’une importante délégation française que je salue chaleureusement.

L’agriculture joue un rôle déterminant pour le bien-être et la sécurité alimentaire des populations en termes économiques, sociaux et environnementaux. Elle est par essence la première réponse aux besoins vitaux des populations. Elle constitue donc un enjeu essentiel pour nos gouvernements.

Rappelons-nous qu’une volatilité excessive des cours peut générer des crises sévères, constituer une véritable menace pour les revenus des agriculteurs, mais aussi et avant tout pour la sécurité alimentaire des populations. Si besoin était, il faut garder en mémoire la crise alimentaire de 2008 qui a touché de nombreux pays y compris sur le pourtour méditerranéen, ou encore les tensions liés à la hausse des cours de 2011 suite aux événements climatiques extrêmes intervenus 2010.
Denrée de base pour des milliards d’individus, le blé occupe à cet égard une place tout à fait particulière. C’est dire l’importance stratégique de ce secteur et du rôle que vous y jouez.

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Dans ce contexte, la France joue un rôle clé et stabilisateur sur le marché international du blé. Au niveau mondial, notre pays est depuis de nombreuses années, l’un des principaux producteurs de blé (une moyenne de production de 37 millions de tonnes entre 2010 et 2015). Il est aussi l’un des principaux fournisseurs sur le marché mondial avec, durant la campagne 2015/2016, plus de 12 millions de tonnes de blé d’exportées hors de l’Union européenne. Il s’attache enfin aussi à encourager le développement des filières céréalières de ses principaux partenaires, dont naturellement l’Algérie.

Comme vous le savez, l’Algérie est un partenaire de 1er plan de la filière céréalière française et je me félicite de la confiance qui nous est accordée dans la durée, cette confiance que nous méritons ici année après année. L’Algérie est le premier client de la filière céréalière française et la France est le premier fournisseur de l’Algérie et en est fière.

La France est donc un fournisseur fiable pour l’Algérie : elle reste de loin son premier fournisseur de blé tendre, et un fournisseur significatif de blé dur. Notre proximité géographique est certes importante, mais s’agissant de marchés mondialisés elle ne constitue qu’un élément d’explication parmi d’autres.

Je retiens surtout que cette fiabilité est facilitée par deux principaux facteurs :

Tout d’abord, le niveau de production française reste globalement régulier d’une année sur l’autre grâce à son climat océanique et à l’expertise de ses agriculteurs et de ses opérateurs et, ce, malgré des conditions climatiques qui peuvent parfois affecter les campagnes comme cette année.

Ensuite, les entreprises céréalières et l’ensemble de l’appareil de la recherche française compétent en la matière se mobilisent pour développer des semences qui répondent aux exigences de qualité des principaux clients au premier rang desquels, bien sûr, l’Algérie.

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Au-delà de son rôle traditionnel de fournisseur, et je veux insister sur ce point, la France développe avec l’Algérie des programmes de coopération visant à répondre à ses ambitions légitimes de développement de la production locale et à ses préoccupations de sécurité alimentaire.

Je tiens à cet égard à saluer la constitution de la société d’économie mixte entre AXEREAL et l’OAIC pour la multiplication des semences, projet sur lequel mes services et moi-même, nous sommes pleinement engagés, multipliant les démarches pour faire aboutir ce très important projet.

La première phase de constitution de la société d’économie mixte est achevée.
Monsieur le Directeur général de l’OAIC, vous vous êtes donnés avec AXEREAL pour ambition de finaliser le dossier administratif en janvier 2017 au plus tard. Sachez que vous pouvez compter sur notre soutien autant que nécessaire.

Nous devons aussi contribuer à l’amélioration des infrastructures, qui permettent d’acheminer, de stocker et de distribuer les céréales importées. C’est là encore l’ambition du partenariat que nous souhaitons voir naître entre l’entreprise SENALIA dont le savoir-faire est mondialement reconnu et l’OAIC.

Je rends hommage à la coopération technique qui existe entre France Export Céréales et l’OAIC, vous n’êtes pas seulement M. le président un fournisseur, vous êtes aussi un partenaire de coopération pour améliorer l’agriculture algérienne, pour améliorer cette filière céréalière algérienne.

La qualité exceptionnelle de notre relation bilatérale se fait au bénéfice de nos deux pays. C’est une relation « gagnant-gagnant » qui s’inscrit dans la durée. Les entreprises françaises, comme leurs concurrentes étrangères, ont effectivement besoin de se développer à l’international et c’est bien normal. L’Algérie a besoin, comme la France, d’investissements étrangers pour accompagner sa diversification et favoriser l’emploi et le développement économique.

Les entreprises françaises investissent en Algérie selon les priorités et les objectifs du gouvernement algérien : produire sur place, produire « algérien », apporter des savoir-faire et des technologies pour créer de l’emploi et participer à la diversification et au développement de l’économie algérienne. La France est le premier investisseur en Algérie hors hydrocarbure (2,15 milliards d’euros) et se développe dans tous les domaines (véhicules, transports, médicaments, agro-alimentaire…). Ces entreprises ne se contentent pas de commercer avec l’Algérie, elles s’installent dans la durée et, j’insiste encore, transfèrent leur expertise et leur savoir-faire à l’Algérie et créent de l’emploi (150.000 emplois directs et indirects). Autrement dit, elles créent de la valeur, de la richesse et de l’emploi en Algérie.

C’est dire, Mesdames et Messieurs, combien les relations économiques entre la France et l’Algérie sont marquées par des échanges commerciaux naturellement, mais par des échanges liés à la volonté d’investir, la volonté de créer, la volonté d’apporter une coopération technique, de transférer de la technologie, la volonté d’être sur le très long terme un partenaire fiable et de confiance.

Telle est l’ambition de la France en Algérie ! Telle est l’ambition de la présence économique et commerciale française en Algérie, marquée par des investissements en croissance ! Telle est l’ambition du secteur céréalier qui, non seulement apporte la qualité de ses produits, son expertise technologique, mais également sa coopération technique.

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Pour l’ensemble de ces raisons, je suis très heureux de participer à l’ouverture d’un séminaire extrêmement important à mes yeux, et qui, je n’en doute pas, va nous permettre de consolider toujours davantage nos liens dans ce domaine.

publié le 11/10/2016

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