Réception en l’honneur des anciens élèves de l’ENA [ar]


Réception
en l’honneur des anciens élèves de l’ENA

Intervention de S.E. Bernard Emié
Ambassadeur de France en Algérie

JPEG

Monsieur le Préfet, directeur des stages de l’ENA de France,
Mesdames et messieurs les anciens élèves de l’ENA,
Chers amis,

Je pressens déjà les mauvaises langues, qui diront que le choix du 1er avril n’est pas anodin pour recevoir des anciens élèves de l’Ecole nationale d’administration ! N’y voyez ni ruse, ni malice. En réalité, je saisis une opportunité et je remplis un devoir mais c’est aussi un plaisir.

D’abord, je saisis l’opportunité de la visite à Alger du directeur des stages de l’ENA, M. le Préfet Eric Freysselinard, qui entame une éprouvante tournée d’évaluation des stagiaires français et étrangers de cette école de la promotion qui a choisi le nom intéressant de Georges Orwell et qui se trouve à Alger pour inspecter le stagiaire qui se trouve auprès de moi, Cyriaque Bayle.

Ensuite, et aussi, je remplis un devoir : rencontrer les Algériens qui ont fait le choix de se former dans une de nos institutions les plus emblématiques, que ce soit dans les cycles internationaux longs ou dans les cycles internationaux spécialisés d’administration publique. Au-delà des hasards du calendrier, il est très important pour moi de venir échanger avec ceux qui inventeront l’avenir pour leur pays comme pour nos relations bilatérales. Et de vous témoigner de toute la reconnaissance, mais aussi l’estime que la France vous porte sachant que vous êtes autant de ponts et de passerelles entre nos deux pays.

Je vous ai réunis ici parce que vous avez fait un double choix.
Le premier n’est pas anodin- c’est celui du service public. Car on ne sert pas l’Etat par hasard. Le général de Gaulle qui habita cette maison où vous vous trouvez aujourd’hui entre 1943 et 1944 disait que le service de l’Etat est « la fonction la plus importante et la plus noble qui soit dans l’ordre temporel » C’est d’abord un engagement et une fierté !

Le second choix, que vous avez fait par le hasard de la vie et des formations, c’est un hasard positif, celui d’une formation courte ou longue à l’ENA de France. Je pense à tous ceux qui ont dû surmonter un marathon d’épreuves d’admission des plus sélectives, à commencer parfois par un entretien serré à l’Ambassade de France, et s’adapter à un univers nouveau. Aujourd’hui vous pouvez témoigner que vous avez surmonté tous les obstacles. J’ai le sentiment pour avoir discuté avec nombre d’entre vous, qu’elle vous a été utile.

Il me semble que durant votre formation, vous avez découvert de manière très approfondie les réalités françaises, parfois complexes, qu’elles soient administratives ou de terrain. Vous avez désormais une connaissance incomparable de la France et des Français et de nos modes, parfois complexes, de fonctionnement.

Durant votre scolarité à l’ENA vous avez apporté à notre pays, votre culture, vos points de vue, votre expérience, votre manière de voir les choses. Tout cela est une source d’enrichissement exceptionnel et je dirai de fertilisation mutuelle. Vous avez ainsi été auprès des élèves français des ambassadeurs officieux de l’Algérie, de votre peuple, de votre culture. Grâce à vous, la France est mieux connue et mieux comprise en Algérie. Et grâce à vous, nous connaissons et nous comprenons mieux l’Algérie.

Les élèves français de l’ENA peuvent en témoigner : au fond par votre présence elle-même vous avez contribué à leur formation.

Cela fait presque soixante-dix ans que l’ENA accueille des élèves étrangers, et leur nombre n’a cessé d’augmenter. Elle en a accueilli près de 3000, tandis que, dans le même temps, elle a formé un peu plus de 6000 élèves français : la proportion est donc considérable ! Cela permet une ouverture internationale très utile qui permet parfois de créer des projets d’avenir.

Cette ouverture internationale bénéficie aussi à ses élèves qui partent en stage à l’étranger. A ce titre, des choix de jeunesse couvent parfois de beaux projets d’avenir.

Les huit mois qu’un jeune stagiaire de l’ENA nommé François Hollande a choisis de consacrer à Alger en 1978 ne sont peut-être pas pour rien dans la motivation du Président de la République qu’il est devenu plus tard de renforcer nos relations avec l’Algérie et d’y effectuer d’effectuer une visite d’Etat en décembre 2012 avec la volonté de construire avec Alger un partenariat d’exception. Cette allusion au président de la République pour vous dire combien aujourd’hui la France a fait le choix de relancer nos relations dans tous les domaines et combien nous vivons une période très positive de nos relations avec une volonté partagée de diversifier au maximum le champ du possible de notre coopération.

Aujourd’hui, effectivement, et c’est la première fois, je crois, que sont reçus à l’ambassade les anciens élèves de l’ENA de France. C’est une façon de reconnaître en l’ENA un partenaire actif de notre politique extérieure. Ce statut lui a été officiellement reconnu en 2002, par un décret qui lui confie une mission de coopération internationale, bilatérale et multilatérale, dans le domaine de l’administration publique.

Je remercie donc M. le directeur général de l’ENA d’Algérie M. CHERBAL, et M. le Préfet, directeur des stages de l’ENA de France, M. FREYSSELINARD, d’avoir signé, aujourd’hui, une prometteuse convention entre nos deux écoles nationales d’administration pour faire passer leur coopération à la vitesse supérieure et contribuer à des échanges d’expérience qui seront bénéfiques à nos deux administrations.

Je crois qu’en France comme en Algérie, l’Administration est un atout. La fonction publique est un levier extrêmement important pour l’action.

L’Algérie est un grand pays en développement avec des projets d’infrastructures, de modernisation, et sachez combien la France est fière quand l’Algérie lui demande de participer à cet effort afin d’aller plus loin, plus vite avec une plus grande efficacité.

Je crois plus que jamais que les principes mis en avant par le Général de Gaulle au moment de la création de l’Ecole sont nécessaires à notre temps. « Restaurer la fonction publique de manière à ce qu’elle constitue une armature solide pour des gouvernements qui veulent procéder à des réformes profondes ». Ces mots prononcés par le rapporteur du Conseil d’Etat au cours de l’examen du projet d’ordonnance créant l’ENA valent pour nos deux pays.

Enfin, je voudrais insister sur un point qui me tient à cœur.
Vous faites partie d’une communauté, celle des élèves algériens de l’ENA. Dès 1955, l’Ecole nationale d’administration accueillait son premier élève algérien du cycle long.

Depuis, le succès de ces expériences a conduit 95 des plus hauts fonctionnaires algériens à suivre son exemple, et des milliers à suivre les cycles d’administration spécialisés.

Je vous engage à conserver ce lien entre vous et avec tous les interlocuteurs que vous avez rencontrés en France afin de créer un réseau vivant et actif des anciens élèves algériens de l’ENA. Pour nous cela est fondamental et nous serons heureux de vous accompagner dans la structuration de ce projet.

Je suis très heureux de vous accueillir ce soir à la résidence de France, dans le cadre du partenariat qui existe entre nos deux pays, entre nos deux fonctions publiques, entre nos deux peuples, vous qui êtes autant d’acteurs de cette relation.

Votre formation, véritable trait d’union entre la France et l’Algérie, est le sceau qui illustre la relation désormais indéfectible que vous avez avec la France, qui a été honorée de vous accueillir, et qui vous compte désormais pour toujours au nombre de ses partenaires les plus chers.

L’amitié que vous portez à notre pays nous honore. Je sais pouvoir compter sur votre enthousiasme et votre détermination.

Soyez donc remerciés pour tout ce que vous nous avez apporté, pour la confiance que vous avez témoignée à notre pays pour votre formation et pour cette responsabilité qui est un peu la vôtre d’être autant de passerelles entre nos deux pays.

Je vous remercie.

publié le 05/04/2015

haut de la page