Quand l’histoire de deux pays se croise le temps d’un match [ar]

Le Soir d’Algérie, 21 novembre 2013 

Il est 18h. Au Bar du Cirque, rue Amelot, dans le 11e arrondissement, l’ambiance est plutôt morne. Une dizaine de Franco-Algériens noient leur stress dans quelques chopes de bière, en attendant les deux rencontres décisives opposant l’Algérie au Burkina Faso et la France à l’Ukraine. (...)
19h tapantes. Hymnes nationaux des deux équipes. Un silence de plomb règne à l’intérieur du bar dont le charmant décor anglo-saxon n’a point apaisé les âmes.

Thanina Oussadi, une jeune Franco-Algérienne, chargée de communication dans un établissement scolaire à Paris, tente désespérément de dissimuler son stress en plongeant le nez dans son IPhone. Son ami, Hadj Belfodil, un kinésithérapeute, ne s’en cache pas.

Il est vrai que les Verts négocient très mal leur premier quart d’heure, et ce dernier tremble de tout son corps à chaque fois que les Burkinabés s’approchent des buts de Zemmamouche. Les deux coups de tête ratés de Islam Slimani à la 21e et la 24e minute de la rencontre redonnent un peu d’espoir et ça applaudit de partout.

La seconde période débute et à la 49e minute, le forcing de Bougherra sur la défense burkinabé, suivi d’un but enflamme le bar. La pression change de camp et les visages des uns et des autres reprennent des couleurs.
« Je vous ai dit que ça va se jouer en deuxième mi-temps », rappelle le téléspectateur avisé, à qui personne ne semble prêter l’oreille. Ça chante : « l’Algérie au Mondial, en attendant la France ». (...)

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Le soutien des Marocains

A la 63e minute, le stress regagne les spectateurs après le relâchement parmi le Onze national. Les Étalons mettent la pression et les Fennecs encaissent et résistent. Un autre quart d’heure d’enfer et le Bar du Cirque respire l’angoisse.

C’est alors que Djalal et Sofiane, deux étudiants marocains à Paris, originaires de Casablanca, redonnent courage aux autres : « Regardez comment les Algériens se battent… ce sont des guerriers et nous sommes certains qu’ils passent au Mondial. »

Avant d’ajouter : « Au moins un pays maghrébin nous représentera au Brésil ». C’est le cas, puisque l’arbitre vient de siffler la fin de la rencontre.
Certains proposent d’aller sur les Champs Elysées prendre part au défilé. « Pas question, il y a le match de la France contre l’Ukraine », décline la plupart. C’est le même stress chez les Franco-Algériens et le premier but de Sakho les enflamme autant que celui de Bougherra.

« Ce n’est pas encore gagné, ne criez pas victoire, il nous reste deux autres buts à marquer », tempère un téléspectateur. Mais voilà que le second but arrive puis le troisième et la France au même titre que l’Algérie est qualifiée au Mondial. Il est 23h.

Par M. Mehenni
 

publié le 19/03/2014

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