Projet de coopération en matière de protection civile [ar]

Intervention de M. Bernard EMIÉ, Ambassadeur de France en Algérie

Cérémonie de signature du FSP « Protection civile, feux urbains »

Alger, lundi 29 juin 2015, 15 h 00

Monsieur le Directeur Général,
Mesdames et Messieurs les directeurs et cadres de la Protection Civile,
Messieurs les représentants du ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales,
Mesdames et Messieurs,

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C’est un plaisir pour moi de pouvoir, enfin, signer la convention de financement d’un projet FSP qui sera consacré à la lutte contre les FEUX URBAINS. C’est un sujet majeur dont je me suis entretenu aussitôt après sa prise de fonction avec votre nouveau ministre de l’intérieur et des collectivités locales, M. Nour-Eddine BEDOUI.

Plaisir de vous rencontrer dans les bâtiments de la direction générale, qui est une institution prestigieuse.

Prestigieuse car les 60 000 gradés et agents - tous professionnels - qui composent la protection civile algérienne ne cessent de faire la démonstration de leur professionnalisme, de leur efficacité et de leur dévouement sur tous les théâtres d’opérations liées aux catastrophes naturelles ou industrielles, mais - avant tout et quotidiennement - sur tous les accidents de la route, sur les noyades, sur les accidents liés à la vie domestique et - déjà - sur les incendies.

Nous connaissons et apprécions :
- la cohésion et la synergie que démontrent en Algérie les intervenants de la sécurité intérieure (la Protection Civile, au premier chef, avec la gendarmerie et la police) pour sauver des personnes et gérer des crises.
- le remarquable témoignage de solidarité internationale, que, sous l’impulsion du gouvernement et de son directeur général, la Protection Civile algérienne a démontré à l’occasion de la projection au Népal de 71 de ses éléments, fortement équipés pour intervenir sur le site du séisme du 25 avril dernier. Cette intervention humanitaire de l’Algérie hors de ses frontières a été saluée par la communauté internationale.
- la maturité et le potentiel de la DGPC pour gérer les situations de crise complexes.

Nous savons également que le directeur général de la Protection Civile algérienne et ses cadres supérieurs ont la volonté constante d’insuffler la modernité au cœur de l’institution, à l’ensemble de ses directions de wilayas et surtout au sein de son appareil de formation.

C’est dans ce contexte que se déroulent nos échanges.

Les échanges entre la France et l’Algérie matière de sécurité civile sont anciens : ils sont régis par un accord cadre du 25.10.2003, lui-même renforcé par un arrangement administratif concernant la coopération opérationnelle, pour une aide mutuelle en cas de catastrophe, signé le 19.12.2012.

Le Document Cadre de Partenariat approuvé par nos présidents de la République en décembre 2012 (à la rédaction duquel la DGPC à ardemment contribué) est riche au sujet de la protection civile. Je le cite :
• il s’agit « de développer des formations avec la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises du Ministère français de l’Intérieur, avec l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs- Pompiers d’Aix-en-Provence et l’Ecole d’Application de la Sécurité Civile de Valabre », près de Marseille)…
• il s’agit de « concourir à la réalisation d’un Centre technique de formation spécialisée et d’entraînement (plateau technique), de dimension régionale »…

Mais nous sommes allés au-delà de ces lignes tracées.

L’accueil réservé au quotidien au colonel Pedro Rodriguez, notre expert technique international en matière de protection civile, la confiance qui lui est témoignée par le directeur général et ses collaborateurs permettent à nos échanges de viser avant tout la qualité et même l’excellence.

Cette exigence de qualité est liée à l’excellence du niveau de notre partenaire.

Cette exigence de qualité nous contraint au choix d’une expertise de haut niveau que nos partenaires français (la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises, la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris, le bataillon des Marins Pompiers de Marseille, divers centres de formation…) nous accordent parce qu’il s’agit du partenariat franco-algérien et non d’un autre partenariat.

Enfin, cette exigence de qualité nous conduit à privilégier des échanges sur des thématiques liées à de véritables programmations et non la récurrence de petites actions de formations classiques. A la DGPC, plus qu’ailleurs, nous assurons ensemble la transition d’une « coopération d’actions » à une « coopération de programmes », au bénéfice des cadres supérieurs de l’institution.

Ceci explique que nous ayons orienté nos échanges en direction :
• de la formation des formateurs,
• de la gestion d’interventions majeures, à travers la réalisation d’exercices, notamment sur « transports guidés » (tramway, métro, train). Ces dernières années, de nombreuses simulations d’accidents de tramway, de métro et de télécabine ont ainsi été organisés en commun (à Oran, à Alger ou à Constantine), pour permettre un échange de connaissances dans le domaine des protocoles d’intervention,
• du potentiel médical et de secourisme,
• du perfectionnement de cadres, par l’obtention des derniers niveaux de qualification, sur des thématiques techniques spécifiques (« GRIMP », « ISI », « FOR », « Prévention », « SD »).

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Conçu par les deux partenaires, le projet FSP, devrait, Monsieur le directeur général, compléter notre dispositif commun d’échanges et renforcer la relation entre nos institutions, relation dont je sais combien elle vous est chère.

Les 400 000 euros du budget de ce projet, qui viennent s’ajouter au soutien constant de la DCSD du ministère français des Affaires étrangères et à l’investissement permanent du colonel Rodriguez, devraient permettre de contribuer – certes uniquement par la voie d’échanges et de transferts de compétences de formation – à accompagner la création d’un réseau d’unités pédagogiques dédiées à la lutte contre les feux urbains : 8 « maisons du feu » et leurs dépendances, ainsi que 48 « caissons d’attaque du feu », au sein des directions de Protection Civile,placées sous l’autorité du directeur général et implantées dans les wilayas.

Importante, la composante « ingénierie pédagogique » du projet devrait contribuer non seulement à la formation des cadres en charge des futures unités créées, mais également à la montée en puissance de ces unités, matériellement mises sur pied, humainement dotées et techniquement équipées par la DGPC.

Je forme le vœu que cette nouvelle étape de notre coopération mutuelle, puisse renforcer nos liens institutionnels et fraternels, mais aussi et surtout, contribuer à sauver des vies.

Je vous remercie.

publié le 16/07/2015

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