Présentation de la saison culturelle de l’Institut Français d’Algérie 2016/2017 [ar]


Intervention de M. Bernard EMIÉ
Ambassadeur,
Haut Représentant de la République Française
en Algérie

Présentation de la saison culturelle de l’Institut Français d’Algérie 2016/2017


Alger, mercredi 28 septembre 2016

Mesdames et Messieurs les représentants des entreprises partenaires de l’Institut français d’Algérie
Mesdames et messieurs les journalistes,
Cher Titouan Lamazou,
Mesdames et Messieurs ;

Je souhaite tout d’abord vous remercier d’avoir répondu à mon invitation à cet exercice inédit pour l’Institut français d’Algérie, à savoir la présentation de sa programmation culturelle.

Si vous êtes, je n’en doute pas, habitués de nos outils courants de communication comme les programmes trimestriels des Instituts ou leur infolettre électronique, nous n’avions pas organisé de présentation d’ensemble des actions de l’Institut français d’Algérie dans un format aussi large depuis sa création il y a quatre ans.

Depuis lors, ce réseau performant de cinq antennes (Tlemcen, Oran, Alger, Constantine et Annaba) s’est structuré, a fait monter en puissance et en qualité sa programmation. Il a développé et diversifié ses partenariats, tant publics que privés. Il a aussi diversifié ses publics pour s’adresser et attirer toujours davantage d’Algériens de tous milieux et de toutes les régions du pays.

Le moment était donc venu de vous présenter plus en détail les ambitions et la programmation culturelle de l’Institut français d’Algérie et de vous encourager ainsi à poursuivre ou à engager votre soutien.

Avant de laisser la parole à Alexis Andres, Conseiller de Coopération et d’action culturelle au sein de l’ambassade et directeur de l’Institut français d’Algérie qui coordonne l’ensemble de nos actions et aux directeurs de nos cinq antennes, je voudrais rappeler quelques lignes de force de l’action culturelle extérieure de la France.

La France est en effet l’un des très rares pays au monde à mobiliser une véritable diplomatie culturelle extérieure avec :
-  D’une part, ses établissements d’enseignement, partout dans le monde, gérés par l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger ou la Mission Laïque française. En Algérie, ce sont le LIAD, l’école d’Hydra, la PEH à Alger et bientôt de nouveaux établissements à Oran et à Annaba.
-  Et puis, nous avons, les Instituts français et alliances françaises dans le monde entier.

Ainsi, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international dispose en effet à l’étranger d’un large réseau de services et d’établissements culturels français. Les anciens centres culturels ont été regroupés en près d’une centaine d’Instituts français, à l’action desquels s’ajoute celle de quelque 900 Alliances françaises dans le monde, ce qui n’est pas le cas en Algérie essentiellement parce que nous y avons déjà cinq Instituts Français.

Ces établissements culturels tissent des liens privilégiés avec les partenaires locaux et répondent à des objectifs clairs :
-  Enseigner le français avec les méthodes les plus modernes et des enseignants très bien formés ;
-  faire connaître à l’étranger la culture et les œuvres des artistes français : le réseau culturel français à l’étranger organise ainsi plus de 26 000 manifestations culturelles par an ;
-  construire des réseaux durables entre les créateurs mais aussi entre les responsables des politiques culturelles des deux pays, pour répondre aux demandes des artistes et des professionnels étrangers, que nous valorisons et aidons à faire construire en France (« Made in Algeria » au MUCEM début 2016 à Marseille qui a eu plus de 100 000 entrées ; Biskra à l’I.M.A. en ce moment à paris et nous préparons une grande Exposition sur l’Algérie à l’I.M.A. d’octobre 2018 au printemps 2019).

La politique artistique de la France au niveau international est guidée quant à elle par trois priorités :
-  La diffusion de la création contemporaine sous toutes ses formes
-  Le rayonnement de la culture française et la mise en œuvre de la diversité culturelle
-  Le renforcement des capacités professionnelles des filières artistiques

En Algérie, montée en puissance considérable depuis quelques années :
-  multiplication de partenariats avec établissements algériens et autorités locales.
-  événements au TNA ; demain avec le nouvel Opéra d’Alger peut-être ; au Théâtre d’Oran et dans le nouveau grand auditorium. Ces délocalisations qui nous permettent de toucher un plus vaste public, au plus près ;
-  fête de la Musique à Alger place de la Grande Poste avec APC ;
-  participation aux festivals : France invitée d’honneur au festival du Théâtre à Bejaïa fin octobre ;
-  présence stratégique au SILA (Salon International du Livre d’Alger) :
-  invitée d’honneur en 2015 – 1ère fois depuis création
-  très forte présence en 2016
-  et puis rayonner sur le terrain en dehors des 5 grandes villes où se trouvent nos antennes de l’IFA pour organiser des événements culturels partout où c’est possible en Algérie (amphithéâtres à Timgad ou Tipaza par exemple) ;
Cette diplomatie culturelle est déclinée ici en Algérie est fondamentale pour nourrir concrètement l’amitié entre nos deux pays, dans le cadre de cette relation à nulle autre pareille.

D’abord, parce que nous avons ne langue et un langage en partage avec 11 millions de locuteurs et les Instituts Français d’Algérie qi sont de véritables creuset pour apprentissage du français. Mais nous encourageons également l’ouverture de perspectives académiques en France, la découverte d’une langue et d’une culture qui participe à une meilleure connaissance mutuelle, au-delà des clichés et des incompréhensions.

Pour répondre aux préoccupations de notre jeunesse, les Instituts Français d’Algérie sont des lieux d’échanges concrets et de contacts quotidiens avec la jeunesse algérienne ; des lieux de concrétisation des orientations politiques de nos gouvernements. Il s’agit aussi d’accompagner des aspirations communes des jeunesses des deux rives.

Nous le savons, et l’Algérie l’a vécu en son cœur, le terrorisme, c’est à la culture et à la liberté de presse que s’attaquent toujours les fanatiques. A la suite des attentats qui, depuis 2015, en France, et je souhaite avoir une pensée ce soir aux victimes de ces attentats et en particulier aux victimes du Bataclan. Pourquoi le Bataclan a-t-il été visé ? Parce qu’il s’agit d’un lieu de concert, de musique, un lieu de culture et c’est pour cela que les terroristes s’en sont pris à ce lieu. Ils ont endeuillé tous le territoire. Dans nos Instituts Français, nous avons renforcé le débat d’idées, la mobilisation du réseau culturel français a été renforcée autour de la valorisation du dialogue et de l’esprit critique, de la promotion constante des valeurs d’ouverture, de tolérance et d’humanisme, de la diffusion de la pensée et des savoirs, de l’intensification des échanges artistiques.

Renforcer le débat d’idées est donc une des priorités absolues de nos instituts. Parler des valeurs que nous avons en commun avec nos amis algériens ; parler aussi de thématiques complexes à comprendre tel que la laïcité. On a connu des moments extraordinaires comme le dialogue Régis Debray et Kamel Daoud, conférences de Jean-Louis Bianco qui est le président de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Pierre Chevènement et bientôt Dominique Wolton sur la société de l’information et de la communication.

C’est la raison pour laquelle je suis particulièrement heureux d’avoir vu nos partenariats avec les acteurs culturels algériens se renforcer et de nombreux exemples vous en seront donnés ce soir.

J’espère que cette présentation vous convaincra de notre engagement à proposer, dans des lieux ouverts à tous, des propositions culturelles de haut niveau, en partage avec un public toujours plus nombreux et diversifié. Je vous souhaite une très agréable soirée et compte sur votre soutien.

publié le 29/09/2016

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