Premier Forum Algéro-français du Numérique [ar]

Monsieur le Secrétaire général, représentant la Ministre de la Poste et des
Technologies de l’Information et de la Communication,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les représentants de l’administration,
Mesdames et Messieurs les représentants des milieux d’affaires,
Mesdames, Messieurs,

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C’est un réel plaisir pour moi que d’intervenir à l’occasion de ce premier forum
algéro-français du numérique.

Je salue chaleureusement les 16 entreprises françaises participantes à ce 1er Forum. diteurs de logiciels, fabricants de solutions de services embarqués, spécialistes de l’Internet des Objets, concepteurs de solutions numériques, fournisseurs d’analyses vidéo, experts de la sécurité des systèmes d’informations ou opérateurs de la monétique. La diversité des profils des sociétés qui ont fait le déplacement confirme l’attractivité de la destination Algérie et l’intérêt que représente votre pays pour les acteurs économiques français non pas seulement afin d’exporter mais également pour produire et développer des partenariats.

Ces acteurs économiques sont accompagnées des pôles d’excellence économique du secteur, à l’instar d’EuraTechnologies, qui nous vient de la métropole lilloise ou ncore l’Association des Experts Européens en Systèmes de Transactions lectroniques (EESTEL), domiciliée à Paris.

Votre présence à tous ici ce matin témoigne de la force des liens qui unissent la rance et l’Algérie. Vous êtes tous à votre niveau et dans ce domaine bien particulier et stratégique du numérique, des acteurs de ce partenariat d’exception voulu par nos Présidents de la République.

Le numérique est en effet un secteur stratégique pour nos deux pays et nous faisons du développement de nos échanges dans ce secteur tellement créateur d’emplois et porteur d’innovations une priorité de ce partenariat bilatéral. Il a été évoqué dans le détail lors de la dernière réunion à Paris du Comité mixte économique franco-algérien le 26 octobre dernier par nos ministres des Affaires étrangères, de l’Economie et du numérique et de l’Industrie et des mines. Il a aussi été mentionné comme une priorité lors du dernier Comité intergouvernemental de Haut niveau présidé par nos Premiers ministres le 4 décembre 2014 à Paris.

En effet, le numérique n’est pas simplement un secteur économique, c’est d’abord un changement dans notre manière de voir le monde et de le vivre. C’est un bouleversement complet de paradigme. La révolution numérique a montré que la véritable richesse aujourd’hui tenait moins aux matières premières ou à la fabrication de marchandises qu’à la compréhension et la maîtrise de l’information.

Le numérique constitue une véritable révolution de notre mode de vie, avec des effets majeurs dans tous les secteurs d’activité. Je pense aux services offerts aux citoyens en ligne, à l’éducation, avec la dématérialisation de l’enseignement, ou encore au développement des villes intelligentes, où l’on circule mieux, où l’on consomme mieux l’énergie et où l’on vit mieux. Le programme de ce premier Forum du Numérique représente bien la pluralité des compétences et des métiers qu’implique ce secteur. Vous étudierez des problématiques variées telles que la cartographie, la géolocalisation, la numérisation de l’administration, le paiement en ligne et le e-commerce, la dématérialisation des échanges et enfin la protection des données et la cybersécurité.

C’est également un bouleversement complet de nos méthodes de travail et des processus de production, notamment par son impact en termes de productivité, tant dans le secteur de l’industrie que dans celui des services.
Et puis le numérique, c’est la jeunesse. Nos jeunes ont compris et intégré le numérique avant même que nous ayons complètement compris qu’il existait. Ce nouveau mode de vie est une opportunité extraordinaire pour eux pour échanger, développer leur savoir, avoir accès au monde.

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Comme le soulignait le Président de la République François Hollande lors de son discours pour lancement de l’école du Numérique le 17 septembre 2015, et je le cite : « le numérique est partout, il n’a pas de frontières et il ne dépend pas d’un Etat ou d’un gouvernement de décider ce qui sera numérique ou ce qui ne sera pas. C’est plutôt le contraire, c’est le numérique qui s’impose aux Etats.

Parfois pour la bonne cause quand il s’agit de faire passer des valeurs, des principes, des droits, des exigences et cela peut même provoquer des révolutions. Parfois avec tous les abus que le numérique peut également comporter. »

Il est donc un outil formidable mais potentiellement dangereux, avec des abus possibles dont nous voyons clairement les impacts négatifs dans le cadre de notre lutte contre le terrorisme. Nous devons bien sûr avoir aussi cette dimension à l’esprit.
Mais nos pays doivent donc encourager ce secteur aujourd’hui essentiel au développement économique, technique, culturel et humain de nos populations, tout en veillant à mettre en place les outils nécessaires à sa régulation.

Nos deux pays ont ainsi fait de ce secteur une priorité de développement, et y compris au niveau local. Vous le noterez, la délégation présente ici nous vient de l’ensemble du territoire français. Le gouvernement français a lancé depuis deux ans l’initiative « French Tech », qui vise à renforcer la dynamique de l’écosystème des start-up françaises et à développer son attractivité internationale. Cette initiative propose aux start-up et aux acteurs du numérique de se fédérer et elle met à disposition des financements innovants. Elle inclut aussi une plateforme d’attractivité ouverte à tous ses membres avec pour objectif d’identifier et mettre en réseau les territoires français les plus engagés pour la croissance des start-up et susciter une grande mobilisation collective rassemblant des milliers d’entrepreneurs, investisseurs, ingénieurs, acteurs publics et collectivités partout en France.

Je sais que cette dynamique indispensable est également à l’œuvre en Algérie.
Conscient de ces enjeux, votre gouvernement a fait de la numérisation du pays un projet prioritaire au sein du plan quinquennal 2015-2019. Un effort d’adaptation du cadre législatif et réglementaire a été engagé à travers l’adoption de deux lois importantes au mois de janvier de cette année. La première est relative à la signature et à la certification électroniques qui va permettre le développement des services en ligne : l’e-administration, l’e-commerce et l’e-banking. La seconde donne une assise juridique à l’’utilisation des TIC dans le domaine de la justice.

Le secteur numérique entame son développement en Algérie– environ 3% du PIB en 2014. Ce pourcentage est appelé à croître fortement dans les prochaines années, tant d’un point de vue des terminaux et des dispositifs à établir que de la création pure des contenus immatériels. Depuis le lancement de la 3G en Algérie au mois de décembre 2013, le taux de pénétration d’Internet est passé de 6% à 24% à la fin de l’année 2014. Le gouvernement prévoit un déploiement du haut et très haut débit pour développer la fibre optique.

Le pays pourra alors s’appuyer sur le bouillonnement et la créativité de la jeunesse algérienne et des jeunes entrepreneurs. Certains « hackatons » (ou « marathons d’innovation ») commencent à voir le jour avec un objectif simple : « favoriser la création et le développement de produits et services d’information innovants en phase avec l’évolution des technologies, des usages mobiles et avec les attentes des populations en Afrique ». La semaine mondiale de l’Entrepreneuriat, il y a de cela quelques semaines, a connu des déclinaisons prometteuses en Algérie, au sein de plusieurs wilayas. Enfin, la création récente du fonds « Jil FCE » (Jil = Génération) par le Forum des Chefs d’Entreprise, afin de soutenir les jeunes entrepreneurs en tant que fonds de capital-risque est une initiative ambitieuse qui ouvre la voie à de nombreux développements en Algérie.

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Nos deux pays ont une feuille de route chargée en matière de numérique. Tout nous invite à nous entraider afin de mener à bien, dans nos deux pays, cette inévitable transition numérique.

Cette transition nécessite en effet d’encourager l’investissement et le savoir-faire des entreprises, qui sont les premiers acteurs du numérique. Nous avons besoin dans ce secteur de partenariats gagnant-gagnant comme aime à le souligner le Premier ministre Sellal lorsqu’il évoque le partenariat d’exception voulu par nos deux présidents de la République. Les perspectives sont immenses. Il y a des investissements à réaliser dans les infrastructures en vue du déploiement de la 4G. Nous avons également de nombreuses opportunités à saisir dans la production de contenus et « les secteurs usagers ». En outre, le marché de la téléphonie mobile a explosé avec le développement de la 3G, s’autonomisant par rapport à la téléphonie fixe. De ce « saut technologique » majeur découlent quantité de nouveaux terminaux, nouveaux usages, nouveaux contenus, nouvelles idées et nouvelles synergies à mettre en place. Mon souhait est que les entreprises françaises se mobilisent sur ces chantiers, en réponse aux besoins de nos partenaires algériens, et pour saisir ces opportunités.

Nos deux pays doivent aussi s’entraider à travers une coopération institutionnelle, pour donner à l’Etat tous les outils nécessaires pour développer le numérique, se mettre au numérique, et réguler le numérique.

Nous le faisons déjà dans nos différents domaines de coopération. L’opérateur Canal France International s’est mobilisé pour l’organisation du hackaton d’Alger en octobre dernier. Nous avons formé des journalistes algériens sur « les nouveaux territoires du journalisme numérique ». Dans le domaine du cinéma, nous avons organisé des formations au cinéma d’animation. La France a aussi participé aux rencontres du numérique consacrées aux modes d’exposition qui se sont tenues à Constantine fin mai dans le cadre de Constantine Capitale de la Culture Arabe.

Au niveau éducatif, l’ambassade a participé à l’élaboration et au financement d’un kit pédagogique numérique destiné à 1 500 responsables des départements de langue française dans de nombreuses universités algériennes. Les cinq Instituts français d’Algérie utilisent désormais dans leurs actions d’enseignement le TBI (tableau blanc Interactif) et des manuels numériques spécialement élaborés pour le Français Langue Etrangère. Les actions de formation continue à destination des enseignants algériens de français s’appuient sur une plateforme numérique française créée par le CNED (Centre National d’Enseignement à Distance).

Bien sûr, le numérique est également un enjeu de sécurité, et nos deux pays, dans les domaines sensibles de la cybercriminalité et de la sécurité numérique parlent et échangent leurs expériences.

C’est dire que les raisons d’être de ce forum du numérique sont nombreuses car nous avons encore beaucoup à faire pour préparer nos pays à l’ère numérique. Et notre intérêt est de le faire ensemble, dans cet esprit de solidarité, de partenariat, et d’amitié qui caractérise les relations entre nos deux pays.

En conclusion, permettez-moi à nouveau de vous remercier, Monsieur le Secrétaire général, pour le soutien que vous avez apporté – avec toutes vos équipes - à cet événement professionnel et pour votre disponibilité.

Afin d’encore renforcer notre coopération économique et de préparer au mieux la rencontre de février prochain entre nos Premiers ministres, Business France travaille d’ores et déjà à la préparation de l’étape suivante : le 3ème forum de partenariat franco-algérien qui se tiendra à Alger en Février 2016 en marge de la réunion du comité intergouvernemental de haut niveau, forum au cours duquel le numérique sera l’un des thèmes principaux. Il existe aussi d’autres projets dans ce secteur qui sont en cours de discussions et seront je l’espère prochainement annoncés.

Comme vous l’aurez compris, la dynamique entre nos deux pays est exemplaire et se nourrit d’un partenariat dense et multiple. La fenêtre d’opportunités existe. Je forme le voeu que très rapidement nous puissions assister à la création de starts ups franco-algériennes dans le secteur du numérique en Algérie pour notamment travailler ensemble à l’élaboration de passerelles numériques communes entre nos deux pays.
Je vous souhaite, à toutes et à tous, des travaux productifs et quantité d’échanges positifs.

Je vous remercie.

publié le 24/02/2016

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