Point de presse du Ministre Laurent Fabius [ar]

Point de presse
de Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international
(Alger, 12 mai 2015)

Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

C’est le sixième voyage que j’effectue en Algérie depuis que je suis Ministre des Affaires étrangères et du Développement international. Et à chaque fois, je suis reçu avec beaucoup de chaleur, d’amitié, et je constate avec énormément de satisfaction que le partenariat d’exception qu’ont décidé de nouer nos deux présidents, est un partenariat réussi.

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Nous en avons encore une fois la traduction : ce matin nous avons inauguré ensemble avec mes trois collègues et amis et les responsables d’entreprises et toute une série de personnalités algériennes et françaises, nous avons inauguré une très belle usine à Annaba. Il y a six mois, nous étions du côté ouest, cette fois-ci du côté est et mes amis m’ont promis que nous irions bientôt au sud. C’est une usine qui permet d’alimenter en tramways plusieurs villes d’Algérie qui ont décidé de se doter de ce moyen de transport extrêmement commode. Il y a là-bas, à Annaba, le début, même plus que le début, d’un pôle industriel en matière de transport ferroviaire, en matière de métro, de tramway, qui est extrêmement prometteur à la fois pour l’Algérie, pour l’emploi en Algérie et à la fois pour la France, puisque c’est fait en particulier dans le cadre du partenariat avec Alstom. Et puis, nous sommes venus ici pour tenir une réunion d’étape de ce qu’on appelle COMEFA, le sigle : le Comité qui nous permet de travailler, d’avancer notamment en matière économique.

Nous avons constaté les uns avec les autres, avec beaucoup de plaisir, que ce partenariat se traduit par des résultats concrets et des avancées. Nous avons signé plusieurs accords, que cela soit dans le domaine industriel, dans le domaine des écoles et nous allons dans quelques instants nous rendre chez le Premier ministre pour discuter de l’ensemble de nos relations, et puis j’aurai l’honneur d’être reçu par le Président. Mais le constat que je fais après ces deux ans et demi de travail en commun, c’est d’une part que dans tous les domaines, les relations entre l’Algérie et la France sont des relations excellentes, qu’il ne se passe pas de semaine sans que nous soyons en contact les uns les autres, les gens, les responsables d’entreprise, les sociétés civiles et que ça donne des résultats concrets à commencer par le domaine qui nous importe le plus, c’est-à-dire, l’emploi, le développement économique et notamment pour les jeunesses des deux pays. Donc c’est vraiment du bon travail.

Cela n’est possible que parce qu’il y a, bien sûr, des initiatives de qualité du côté des entreprises, mais aussi parce qu’il y a un accord général sur les orientations que nous prenons. Nous sommes ensemble dans l’analyse et dans la recherche de solutions des principaux problèmes internationaux, dont nous traitons hebdomadairement. Et cette proximité entre l’Algérie et la France n’est pas seulement bénéfique pour chacun de nos deux pays mais pour les deux régions auxquelles nous appartenons l’Afrique et l’Europe, et on peut dire plus généralement pour la sécurité et la paix dans le monde. C’est la raison pour laquelle nous attachons tant de prix à nos relations.

J’ajoute qu’à l’invitation de nos amis algériens, le Président français envisage de venir prochainement ici, parce qu’il était là, il n’y a pas si longtemps, mais l’Algérie lui manque. Donc nous serons extrêmement heureux d’être à nouveau avec vous. Nous avons pris le choix de ces rendez-vous périodiques qui nous permettent de mesurer le travail accomplis et pour moi, comme pour mes collègues qui parcourent le monde, je peux vous dire que le travail qui est fait en commun par l’Algérie et la France, c’est du bon travail.

Bonjour, vous avez parlé de notre coopération dans le sud de l’Algérie, on peut savoir lesquelles ?

Dans la région sud, nous travaillons sur beaucoup de projets et ces projets nous veillons à ce qu’ils puissent se concrétiser sur l’ensemble du territoire algérien. Il y a beaucoup de projets comme vous l’avez vu ce matin à travers les signatures que nous avons d’effectuées et ce sera au choix de nos amis algériens de décider dans quelles localités s’effectuent ces prochains projets. Mais je n’ai aucun doute qu’ils seront nombreux et bien localisés.

l’Algérie joue un rôle notamment dans le dialogue intermalien, qu’est-ce que vous diriez aujourd’hui de l’accord qui sera signé le 15 mai. Qu’est-ce qu’on envisage comme scénario en Libye concernant le gouvernement d’union national ?

Alors, ce sont deux questions différentes. Sur la Libye, les difficultés sont très profondes. Vous savez qu’un envoyé spécial des Nations Unies, Monsieur Bernadino Léon, est sur place, et essaye de travailler. Il a notre soutien pour aboutir à un accord d’union nationale entre les différentes parties.

Ce n’est pas facile. Je le recevais il y a encore quelques jours à Paris et il m’exposait le point ou il en est de sa mission. Et je puis parler pour ce qui concerne la France mais je sais que la position de l’Algérie est la même. Nous souhaitons que cela soit une solution politique qui soit trouvée et cette solution politique ne peut être trouvée que par l’union des différentes parties. C’est très difficile mais nous mettons tout notre poids au côté du représentant du Secrétaire général des Nations Unies pour arriver à cette solution. Parce que ce qu’il se passe en Libye a évidemment des incidences sur non seulement toute la sous-région, mais aussi en direction de l’Europe et d’une façon plus générale vis-à-vis du monde entier.

Vous savez les conséquences que cela a sur la population libyenne, que cela a sur les pays voisins, je pense notamment, notamment à la Tunisie. Que cela a sur les questions de sécurité puisque évidemment, des groupes terroristes peuvent profiter de cette situation non maitrisée pour avancer. Cela a aussi des incidences, comme vous le savez, sur l’immigration sauvage et donc sur l’Europe. Enfin quelle que soit la façon dont on regarde ces difficultés en Libye, notre position est de travailler et de soutenir la solution d’union.

En ce qui concerne le Mali, c’est une situation très différente. Là, un travail très important a été mené et en particulier, je tiens à rendre hommage à nos amis algériens pour parvenir à ce qu’on appelle une médiation. Des textes ont été mis au point et je suis tout à fait clair : la position de la France est de soutenir et de demander que les différentes parties prenantes puissent signer ces textes. Alors certains diront : il y a peut-être tel ou tel détail qui devrait être complété. Le texte a été travaillé et d’autre part il devra faire l’objet d’un suivi, d’une mise en application. Mais il faut que de part et d’autre et bien, ce texte soit signé, paraphé, ratifié. Il y a différentes formules juridiques. C’est la date du 15 mai qui a été retenue et donc nous appelons de la façon la plus claire dans l’intérêt même de la paix, la paix du Mali et la paix de la région, nous appelons à la signature du texte qui a été préparé sous la médiation de nos amis algériens.

publié le 02/06/2015

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