Point de presse conjoint de Mme Ségolène Royal et M. Nouri [ar]

Point de presse conjoint de Madame Ségolène Royal,
ministre française de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie
et de Monsieur Abdelwahab Nouri,
ministre algérien des ressources en eau et de l’environnement
(Vendredi 2 octobre 2015 – Ministère des ressources en eau)

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Question : Vous êtes en pleine consultation (…) Est-ce qu’on pourrait savoir de quoi il s’agit pour votre première visite ici en Algérie ?

Réponse de Mme Ségolène Royal : Il s’agit, d’abord, et j’en suis très honorée, de rencontrer les plus hautes autorités du pays : son excellence le Chef de l’Etat, le Premier ministre et mon collègue, le ministre de l’environnement en charge de la question climatique, avec d’autres membres du gouvernement, puisqu’il y a, à la fois, le ministre des transports, le ministre de l’énergie, le ministre de l’industrie et le ministre des Affaires étrangères. Je me réjouis de voir qu’il y a une véritable équipe au sein du gouvernement algérien pour se mobiliser avec la France pour la réussite de Conférence de Paris.

Il y a deux observations intéressantes. D’une part, aucun pays n’est épargné par le réchauffement et par le dérèglement climatique. Ça m’a intéressé d’entendre le ministre de l’environnement et des ressources en eau décrire l’impact du réchauffement climatique sur la raréfaction de l’eau, sur la question de la désertification, sur les questions relatives à l’énergie à la pollution. Ce sont, finalement, les mêmes problèmes qui se retrouvent à l’échelle planétaire avec, bien évidemment, des intensités très différentes. En même temps, nous avons des solutions Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’être obligé de changer de mode de développement pour réduire l’émission de GES, pour arrêter de polluer et pour arrêter de prélever excessivement sur les ressources naturelles, est une chance. Cela permet à nos entreprises de s’organiser autrement, d’innover, d’investir, de développer des transports propres, la performance énergétique des bâtiments, les énergies renouvelables comme l’énergie solaire, la question du traitement de l’eau, la question du traitement des déchets, la production de méthanisation dans le monde rural. Ces échanges-là sont, je crois, très importants et très fructueux pour que nous puissions lutter contre le réchauffement climatique, tout en créant des activités et des emplois
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Question : Pour revenir à la Conférence de Paris, les déclarations de M. Hollande, les déclarations de M. Obama, les grands de ce monde disent qu’il faut, aujourd’hui, mettre l’argent sur la table pour pouvoir assurer la réussite de la Conférence. Qu’est-ce que cela veut dire, en filigrane ?

Réponse de Mme Ségolène Royal : Cela veut dire qu’il faut assurer ce qu’on appelle le transfert de technologie. C’est-à-dire les pays qui n’ont pas, aujourd’hui, les moyens d’accéder à l’énergie solaire, éolienne, thermique marine, la géothermie. Notamment les petits états insulaires, qui sont menacés directement par la montée du niveau de l’eau et risquent de disparaitre. Il faut vraiment qu’on s’organise pour que tout le monde ait accès aux énergies renouvelables et surtout que tout le monde ait accès aux solutions qui permettent de lutter contre le réchauffement climatique. Je pense à la protection des forêts, par exemple. La déforestation a entraîné une accentuation de la chaleur, de la désertification également, et donc remonter la pente de la désertification par des replantations massives, que ce soit dans les pays qui ont été déforesté, que ce soit dans toutes les villes, toutes les grandes villes du monde, il faut vraiment reconquérir la présence de la nature en ville parce que c’est ce qui permet de contribuer à nouveau dans la lutte contre la chaleur, dans la lutte contre le gaz carbonique. Les forêts sont des puits de carbone. Ce sujet-là, par exemple, est une question absolument essentielle.

Question : Est-ce que vous êtes optimiste quant à l’aboutissement de cette Conférence de Paris ? Est-ce que vous pensez qu’on aura un avenir ?

Réponse de Mme Ségolène Royal : Je suis optimiste, parce que je vois que les choses bougent et s’accélèrent. Il reste encore beaucoup de travail. C’est pour ça que je suis ici, parce que la France a besoin de l’Algérie pour s’engager. L’Algérie qui a, d’ailleurs, publié son engagement national dès le mois de septembre, ce qui est vraiment un gros effort. Parce que c’est un pays producteur d’énergie fossile. Il faut donc imaginer son futur avec cette transition et cette mutation. La France réduit la part du nucléaire, réduit la part des énergies fossiles aussi, pour monter en puissance sur le renouvelable. C’est donc très important, notamment pour le pourtour de la Méditerranée, que nous puissions travailler ensemble.

Question (en arabe) : Monsieur le Ministre, pourrions-nous savoir quels sont les points essentiels et les plus importants que vous avez évoqués avec la ministre française ?

Réponse de M. Abdelwahab Nouri (en arabe) : D’abord, nous sommes honorés par la visite de Madame la ministre Ségolène Royal en Algérie. Cette visite intervient au moment où la communauté internationale s’apprête à participer à la Conférence de Paris dédiée aux questions des changements climatiques et tous leurs impacts négatifs sur les pays du monde. Nous avons longuement parlé de ce sujet, et nous avons affirmé à la Ministre que l’Algérie a publié sa contribution à temps. Cette contribution est ambitieuse par les engagements courageux qu’elle porte. Nous pensons que nous sommes capables de réaliser ces engagements, si l’Algérie bénéficie de l’aide financière internationale et de transfert de technologie. Nous sommes fin prêts. L’Algérie a beaucoup fait pour réduire les émissions des GES, et nous faisons tout notre possible, sur instructions de Son Excellence le Président de la République, pour la réussite de la Conférence de Paris sur le climat, cette conférence internationale qui regroupera plus de 196 pays. Tous les chefs d’Etat du monde y seront présents pour parler de ce sujet sensible, épineux, qui menace l’avenir de l’humanité dans plusieurs zones du globe.

Question (en français) : Pourriez-vous, Monsieur le ministre, revenir sur les propositions faites par l’Algérie dans le domaine d’atténuation des GES ? Pourrions-nous connaitre les lignes phares que l’Algérie s’engage à respecter ?

Réponse de M. Abdelwahab Nouri (en français) : Je viens juste de souhaiter la bienvenue à Madame la Ministre et je tiens à la remercier d’avoir répondu favorablement à notre invitation. La rencontre que nous venons d’avoir nous a permis de passer en revue l’état de la coopération entre les deux pays et particulièrement dans le domaine du développement durable, de l’écologie de manière générale et de l’énergie. Dans le cadre de notre CPDN, nous avons dit que c’est une CPDN que nous considérons comme ambitieuse, de par les objectifs que nous nous sommes fixés. Nous avons déjà avancé que l’Algérie est prête à réduire ses GES à hauteur de 7 à 22%. Nous attendons le soutien de la communauté internationale sur le plan financier et sur le plan du transfert de technologies et du savoir-faire. Donc, sur ce point-là, il y a déjà un engagement de l’Algérie. Notre deuxième engagement consiste à réduire, à l’horizon 2030, notre consommation en énergie électrique à hauteur de 9% et l’augmentation de notre production électrique à base d’énergie renouvelable à hauteur de 27%, pour peu que les conditions soient réunies pour mener à son terme ce programme très ambitieux. Dans le même cadre, il y a d’autres mesures que nous avons également prises et qui consistent à reconvertir plus d’un million de véhicules légers au GPN, plus de 20.000 bus au GPN et je ne parlerais pas d’un important programme de logement à économie d’énergie.

Ce sont donc toutes ces actions que nous sommes en train de mener et j’espère qu’on aura les moyens nécessaires pour faire aboutir de telles actions.

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publié le 25/10/2015

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