Déclaration du ministre Laurent Fabius sur l’accord paraphé à Alger

Point de presse conjoint de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international et de son homologue marocain, M. Salaheddine Mezouar - Propos de M. Fabius (extraits)
(Rabat, 9 mars 2015)

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Q - Il y a eu un attentat à Bamako il y a deux jours, un attentat à Kidal hier, la situation au Mali est plus difficile que jamais. En janvier dernier, votre homologue marocain a critiqué la méthode utilisée par la France dans les négociations inter-maliennes et notamment le fait que le Maroc ne soit pas associé. Avez-vous abordé le sujet avec votre homologue ? De quelle manière le Maroc peut-il aider à conclure l’accord signé à Alger qui doit encore être paraphé par les groupes rebelles ?

R - La France est évidemment solidaire des victimes et de leurs familles. J’ai reçu ce matin le ministre des affaires étrangères malien qui était à Paris et je suis en contact avec notre ambassade. En ce qui concerne l’attaque de Kidal, l’enquête se déroule sur le terrain, et les services français font partie de cette enquête.

Ces attaques sont des attaques contre la paix et c’est la paix qui est indispensable au Mali. Il y a eu une série de travaux depuis de longs mois pour aller vers la paix. La France, la communauté internationale, le Maroc y ont participé. Il y a toujours la médiation algérienne qui a abouti à un texte d’accord que la communauté internationale et nous-mêmes considérons comme positif. Le secrétaire général des Nations unies a recommandé que toutes les parties signent cet accord. J’espère que ce sera le cas.

Au moment même où nous sommes à quelques mètres de la paix, des forces hostiles à la paix essaient d’intervenir pour casser cette perspective qui est la seule raisonnable, et c’est dans ce contexte que se sont produites ces attaques terroristes.

Nous les condamnons et nous considérons que la recherche de la paix est d’autant plus indispensable.

Sans nier les difficultés, il faut aussi regarder le chemin parcouru. Nous sommes deux ans après l’appel du président de transition malien au président de la République demandant l’intervention de nos forces armées. Les terroristes ont dans l’ensemble été repoussés en dépit des attaques survenues il y a quelques jours, une autorité légitime - le président - a été élue, une assemblée a été constituée, et un plan de développement ambitieux a été mis sur pied et financé.

Nous sommes à quelques mètres de la paix et c’est pour cela que les adversaires veulent frapper. Notre détermination doit être d’autant plus forte. (…).

publié le 11/03/2015

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