Point de presse du porte-parole du Ministère des affaires étrangères

Entretien de M. Bernard Cazeneuve avec Mme Marta Dassu, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères (18 juin 2012)

Le ministre délégué chargé des Affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve recevra, lundi 18 juin, Mme Marta Dassù, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères de la République italienne.

Quelques jours après la rencontre du 14 juin à Rome entre le président de la République et le président du Conseil italien, M. Mario Monti, au lendemain des élections législatives en Grèce et quelques jours avant la rencontre des chefs d’État et de gouvernement des quatre premières économies de la zone euro le 22 juin à Rome, les deux ministres reviendront sur la préparation du prochain Conseil européen.

Ils aborderont également les questions relatives aux relations extérieures de l’Union européenne, dont, en particulier, les pistes d’action commune pour accompagner les transitions politiques en Méditerranée et pour renforcer la sécurité au Sahel.

Q - Vous avez annoncé cette réunion avec la sous-secrétaire italienne des Affaires étrangères lundi prochain avec M. Cazeneuve. Est-ce que vous pouvez nous dire quelque chose sur le calendrier des négociations et faire une présentation des propositions françaises en vue du sommet prévu à la fin du mois ? Pouvez-vous nous rappeler ce que vous attendez concrètement de ce sommet ? Peut-on s’attendre à un amendement du traité ?

R - Le président de la République était à Rome hier pour une visite bilatérale importante. Il retournera à Rome la semaine prochaine pour la réunion à quatre. Nous avons en perspective le Conseil européen.

En face de nous, nous avons le développement de la crise dans la zone euro, l’incertitude de ce qui va se passer en Grèce ce week-end pour les élections. Évidemment, la France est mobilisée. Elle l’est d’abord pour proposer à ses partenaires et à la commission des propositions opérationnelles telles que le président de la République les a évoquées lors de sa conférence de presse à Rome. Ses propositions en trois points, croissance, stabilité financière, renforcement de l’union économique et monétaire, constituent une contribution très forte de la France à la recherche de la solution aux problèmes que connait la zone euro.

Le président de la République a eu l’occasion d’exprimer la position de la France à de nombreuses reprises. L’’important, c’est de réunir un accord entre tous les Européens autour de la réponse à apporter à la situation actuelle c’est-à-dire en premier lieu le respect des engagements pris, c’est-à-dire la réduction des déficits budgétaires mais aussi et c’est là où on retrouve l’image qu’avait lancée M. Laurent Fabius, quand il disait « lorsque l’on veut bien marcher il faut avoir deux jambes » et l’autre jambe évidemment c’est ce plaidoyer de la France pour des mesures en faveur de la croissance pour donner des perspectives de croissance aux peuples européens.

L’autre point, c’est évidemment l’effort de solidarité vis-à-vis de ceux qui sont en difficulté. Là aussi, le président de la République a eu l’occasion de l’exprimer et puis de le manifester très concrètement s’agissant de la Grèce à de nombreuses reprises. Nous avons agi dans le même esprit, ce n’était pas surprenant puisque nous l’avions dit au principal intéressé, je pense à M. Rajoy lorsqu’il était à Paris, vis-à-vis de la situation que connait l’Espagne. Nous allons donc bien sûr continuer à travailler sur ces objectifs, avec cette mobilisation et puis surtout sur la base de ce que le président de la République a présenté hier à Rome c’est-à-dire croissance, stabilité financière et budgétaire et renforcement de l’union économique et monétaire. C’est le triptyque sur lequel nous allons travailler. L’engagement de la France est constant, total pour qu’au Conseil européen il y ait des avancées sur ce dossier et des réponses apportées aux situations de crise.

Je pense que l’Élysée communiquera dans les prochains jours, au retour de Los Cabos et de Rio. La prochaine communication sur ce dossier, c’est ce que dira le président de la République au G20.

Q - En ce qui concerne la situation de la zone euro, la chancelière allemande s’est livrée ce matin à une attaque en règle contre la France. Elle a notamment réclamé que l’Europe engage rapidement une réflexion sur le fossé croissant entre la puissance économique de la France et la puissance économique de l’Allemagne. Est-ce que cela vous inspire une réaction ?

R - Le Premier ministre, M. Ayrault, s’est exprimé sur le sujet il y a quelques instants à peine. Je crois d’ailleurs que le président de la République a dit aussi quelques mots sur l’Allemagne hier. Je peux difficilement en dire davantage.

Nous sommes évidemment animés du souci de travailler très étroitement avec nos partenaires allemands et de travailler avec eux à la recherche de solutions qui soient durables, de solutions qui offrent des perspectives de sortir de la situation actuelle et enfin des solutions qui offrent aux peuples motif à se mobiliser et à se tourner vers l’avenir.

Il y a eu quelques échanges hier que nous avons suivi avec attention bien sûr mais je crois que tout le monde est bien d’accord pour rappeler que la coopération et le travail en commun est absolument indispensable.

publié le 17/03/2014

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