Notre projet en Algérie s’accompagne d’investissements industriels locaux importants

Interview de Christian Sournia, directeur général d’IBSE Internationa, accordée à Reporters le 25 février 2015

Christian Sournia, directeur général d’IBSE International :
« Notre projet en Algérie s’accompagne d’investissements industriels locaux importants »

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Le DG d’IBSE International, qui a été invité le 10 novembre 2014 au Comité mixte économique algéro-français (Comefa), revient dans cet entretien sur le projet ambitieux d’industrialisation de la construction de logements en Algérie porté par la société. Ce projet fait désormais partie des vingt et un projets pilotés par le Comefa dans le cadre d’accords économiques bilatéraux entre la France et l’Algérie.

Reporters : Une délégation d’IBSE International a été sollicitée pour participer à la réunion du Comefa, qui s’est tenue à Oran le 10 novembre 2014, aux côtés du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, ainsi que de six ministres représentant le gouvernement algérien. Le DG d’IBSE International a été invité à présenter au comité le projet ambitieux d’industrialisation de la construction de logements en Algérie porté par la société. Pouvons-nous en savoir davantage ?

Christian Sournia - Le projet développé par IBSE International en Algérie s’accompagne d’investissements industriels locaux importants, d’un transfert de technologie associé à un volet formation de grande ampleur et de la création de centaines d’emplois (environ 800 emplois par unité industrielle, dont 300 recrutés directement par IBSE et 500 par nos sous-traitants locaux). Nous avons donc dès l’origine tenu informé le service économique de l’ambassade de France de nos démarches en cours.

L’industrialisation de la construction en Algérie, comme vous le savez, est une des solutions techniques envisagées et encouragées par le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelmadjid Tebboune. C’est l’ensemble de ces éléments, auquel il convient d’ajouter notre grande expérience passée de la construction en Algérie, qui justifie que notre projet ait été intégré à la vingtaine d’autres projets pilotés par le Comefa. Cela constitue bien entendu pour IBSE International un soutien de poids, mais aussi une grande responsabilité vis-à-vis de nos engagements auprès des autorités des deux pays concernés.

Sur invitation du ministre de l’Habitat algérien, Abdelmadjid Tebboune, lBSE International a participé à un colloque international sur l’industrialisation de la construction, organisé à Alger le 30 septembre 2014. Pouvez-vous évoquer ici le partenariat de 15 ans avec la société étatique Sonatiba dans les années 70-80 ?

Dans les années 70, IBSE et le groupe de BTP Pascal étaient leader de la construction industrialisée en France, avec plus d’une dizaine d’usines en activité. C’est à cette époque qu’IBSE entre en négociation avec la Sonatiba pour mettre en place un transfert de technologie à très grande échelle sur le territoire algérien. Pas moins de six usines verront le jour (Constantine, Annaba, Skikda, Alger, Oran, Tlemcen) et plus de 2,3 millions de m2 seront bâtis selon la technologie développée par IBSE (plus connue alors sous la désignation de « Procédé Pascal »).

Cette aventure durera quinze ans et bien qu’IBSE soit intervenu dans une dizaine d’autres pays depuis, aucun de ces projets à l’export n’atteindra l’ampleur du partenariat Sonatiba/IBSE. Depuis cette époque, deux terribles tremblements de terre ont touché l’Algérie. La commission technique mise en place par le ministère de l’Habitat pour enquêter sur les conséquences de ces séismes sur les constructions a conclu officiellement que les seuls bâtiments situés à proximité des zones sinistrées et n’ayant subi aucun dommage visible étaient ceux réalisés par la Sonatiba selon le procédé industriel d’IBSE. C’est évidemment notre plus grande fierté, lorsqu’on sait notamment qu’un certain nombre de ces bâtiments étaient des écoles.

Quels sont vos projets futurs en Algérie ?

Nos projets sont très ambitieux et portent sur la construction et l’exploitation de plusieurs usines de préfabrication sur le sol algérien. Nous intervenons en Algérie en tant que co-investisseur au sein d’une société de droit algérien de type 51/49.

Courant 2014, notre société a posé sa candidature à l’appel international à manifestation d’intérêt pour l’industrialisation de la construction lancé par le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville. A ce jour, nous avons passé avec succès les différentes étapes de la validation technique de notre projet par le comité d’experts mis en place par le ministère. Si nous avons émis le souhait d’implanter notre première usine à Annaba, d’autres sites seront étudiés, en concertation avec le ministère, dont Alger et la région Sud, où nous envisageons le déploiement d’usines nomades, déplaçables tous les deux ou trois ans. Au-delà du projet industriel que nous portons avec nos partenaires algériens, nous avons manifesté notre volonté d’accompagner des sociétés publiques ou privées algériennes dans le cadre du transfert de technologie.

IBSE assure la formation des équipes locales lorsqu’elle s’implante durablement dans les pays où elle intervient ainsi que le transfert de technologie indispensable à la pérennisation des investissements industriels. Qu’en est-il du cas spécifique algérien ?

La technologie de la préfabrication lourde en béton armé nécessite des investissements industriels très importants, dont la durée de vie est de l’ordre d’une trentaine d’années. La formation des équipes recrutées localement à 95% constitue donc un impératif, si l’on veut assurer la pérennité de ces investissements sur le long terme. S’agissant d’un procédé industriel, la formation des équipes opérant dans les usines et sur les chantiers de construction est de fait beaucoup plus simple et plus rapide que dans le cadre de la construction traditionnelle.

Concernant l’Algérie, la volonté du gouvernement de recourir à grande échelle à l’industrialisation de la construction nous permet d’envisager pour la première fois, et en accord avec nos partenaires algériens, la création d’un centre de formation professionnelle dédié au métier de la préfabrication en béton. Ce centre, créé conjointement avec le groupe Lafarge Algérie, assurera une formation au niveau ingénieur, contremaîtres d’usine et chefs de chantiers, ainsi que la formation des ouvriers qualifiés.

A partir de 2010, IBSE s’est fortement mobilisé danse le développement d’un concept d’écoquartier autonome (ou écovillage) destiné à accompagner le développement d’un habitat social dans les pays africains. C’est quoi comme concept ?

Le concept d’écoquartier autonome est un projet initialement conçu pour accompagner le développement de l’habitat en Afrique subsaharienne. A l’occasion de nos nombreux déplacements dans cette région du monde, il nous est apparu indispensable d’associer notre technologie à la réalisation de quartiers de taille raisonnable (500 logements ou habitations individuelles) et réellement autonomes.

Autonome en termes d’assainissement (stations d’épuration naturelle à base de roseaux ou bambous), d’adduction à l’eau potable (captage, purification et stockage) et d’alimentation en énergie (solaire, éolien, biomasse…). Mais aussi en termes d’équipements : écoles, dispensaires, commerces, lieux de culte… Notre technologie permet de diviser par quatre les délais de construction selon les techniques traditionnelles, ce qui laisse mathématiquement quatre fois moins de temps pour réaliser les infrastructures et les équipements associés, et nous n’avons pas vocation à bâtir des cités fantômes…

publié le 11/05/2015

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