Le regard de... Patrick Mennucci [ar]

PNG

Député des Bouches-du-Rhône, président du Groupe d’amitié France-Algérie à l’Assemblée nationale

Une relation à l’âge adulte

Binatna 7 - Eté 2014

Le 20 décembre 2012, le Président de la République François Hollande reconnaissait devant les deux chambres du parlement algérien le caractère « profondément injuste et brutal » ainsi que les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien, dont une des pires fut le massacre de Sétif, Guelma, et Kherrata, « ancrés dans la mémoire et la conscience des Algériens ».

Par ces mots, rétablissant la vérité historique sans tomber dans les excès de la repentance, le Président a posé les bases d’une nouvelle étape de la relation franco-algérienne. En effet, après avoir posé un regard lucide sur le passé, le temps est venu pour nos deux pays d’une solidarité sans faille et sur tous les plans.

Solidarité face au terrorisme : la France a été le premier pays à apporter son soutien plein et entier aux autorités algériennes lors de la lâche agression terroriste d’In Amenas. La France est engagée au Mali et au Sahel, contre des forces obscurantistes et fanatiques, qui sont aussi les ennemis mortels de l’Algérie.

Solidarité méditerranéenne : la Méditerranée qui, plus qu’une frontière, est le premier lien entre nos deux nations et est traversée de tensions de tous ordres : démographiques, géopolitiques, économiques. Notre devoir et notre intérêt bien compris consistent à travailler ensemble pour éviter la marginalisation des pays méditerranéens par rapport à l’Europe du nord et aux pays émergents.

Solidarité économique : Les entreprises françaises, confrontées à l’absence de croissance en Europe, souhaitent participer davantage encore au dynamisme du marché algérien. En retour, l’Algérie veut légitimement bénéficier de transfert de savoir-faire et de technologie, ainsi que de produire chez eux dans une proportion plus grande les produits qu’ils consomment. Pour satisfaire ces trois ambitions, il est indispensable de dépasser la logique client/fournisseur pour s’engager dans une véritable relation de partenariat.

Deux récents exemples concrets montrent qu’il ne s’agit pas d’un vœu pieux : le Français Alstom vient de créer avec l’Algérien CITA, une usine d’assemblage et de montage des rames du tramway algérien ; l’Algérien CEVITAL a récemment repris l’entreprise franco-espagnole Fagor/Brandt, ce qui a sauvé des centaines d’emplois en France et permis aux Algériens d’acquérir une technologie et un accès au marché européen.

Au cœur de toutes ces dynamiques se retrouve Marseille qui, de par sa situation géographique, son port et la présence en son sein d’une importante communauté binationale, s’affirme comme la capitale de la coopération franco-algérienne. C’est tout le sens de la visite que mes collègues, membres de la grande commission parlementaire du groupe d’amitié France-Algérie, ont rendue à Marseille le 19 juin.

Assumant l’histoire, mais résolument tournés vers l’avenir, telle est la nouvelle page de nos relations que nous avons la responsabilité d’écrire ensemble. Quel meilleur symbole de ce nouvel état d’esprit que la présence lors du défilé militaire de notre fête nationale, d’une délégation algérienne !

publié le 26/11/2014

haut de la page