Le regard de... Jean-Pierre Chevènement [ar]

Ancien ministre, sénateur du territoire de Belfort,
président de l’association France-Algérie

Binatna 3 - Eté 2013

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Comme l’avait voulu son véritable instigateur, le Général de Gaulle, l’association France Algérie est un trait d’union entre les deux rives et entre les deux peuples algérien et français.

Dans Mémoires des deux rives, Jacques Berque, dont les archives de son œuvre immense viennent d’être rapatriées de Belfort à Frenda, où il est né, évoquait « de nouvelles Andalousies ».
Telle est depuis longtemps ma conviction : l’avenir de l’Algérie est aussi au Nord. Lors de sa visite à Alger, le 20 décembre 2012, le Président de la République française François Hollande a évoqué devant le parlement algérien « une nouvelle ère » de la relation franco-algérienne.

L’Algérie a toutes les ressources pour devenir un grand pays émergent au XXIe siècle, et d’abord son peuple courageux, hospitalier, et de mieux en mieux formé, grâce aux efforts prodigués depuis un demi siècle (j’ai été très impressionné par la visite à l’université de Tlemcen !).

Depuis le début de cette année, les ministres français se succèdent à un rythme accéléré, ainsi celle du ministre de l’Education, Vincent Peillon. L’ancien président du Sénat, M. Gérard Larcher et moi-même, co-présidents d’une mission d’information du Sénat sur le Sahel sommes venus à Alger les 4, 5 et 6 juin derniers pour rencontrer notamment le Premier ministre M. Abdelmalek Sellal, M. Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères et M. Guenaïzia, ministre délégué à la Défense.

Assurer la sécurité et le développement des pays de la bande sahélo-saharienne (Mali mais aussi Mauritanie et Niger, sans parler du Sud libyen) correspond à un intérêt commun majeur de l’Algérie et de la France.

A l’appel des autorités légitimes du Mali, la France a dû déjouer in extremis une tentative de prise de pouvoir, sur l’ensemble du territoire malien, de groupes terroristes armés se réclamant d’un islamisme radical qui n’a rien à voir avec l’Islam véritable. Cette tâche a été menée à bien. Des élections vont avoir lieu le 28 juillet. Les troupes françaises se retirent au fur et à mesure que les troupes de l’ONU prennent le relais. Durant ce bref conflit, l’Algérie a dû encore une fois payer un lourd tribut au terrorisme né d’Aqmi, sur le site gazier de Tiguentourine près d’In Amenas. A cet attentat gravissime, l’armée algérienne a su, elle aussi, répondre avec une détermination sans faille que je salue.

Cinquante ans ont passé depuis l’indépendance. L’année 2012 aura été celle où ensemble Algérie et France ont choisi de se tourner vers l’avenir, dans l’intérêt mutuel de nos deux peuples.

A la fin de l’année et pour la première fois se tiendra à Alger un comité interministériel de haut niveau, présidé par nos deux Premiers ministres. Ce sera l’occasion d’amplifier en tous domaines la dynamique créée par la visite en Algérie du Président Hollande à la fin de l’an dernier. Il y a tant de choses à faire ensemble entre France et Algérie et ensemble nous pouvons faire tellement mieux que séparément !

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publié le 11/03/2014

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