Le regard de... Georges Morin [ar]

Vice-président de Cités-Unies-France, président de l’association Coup de soleil

Au plus près de nos concitoyens

Binatna 6 - Printemps 2014

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Toute coopération décentralisée avan-ce sur un chemin difficile. Elle dépend de beaucoup de facteurs que les élus locaux ne maîtrisent pas : qualité des relations entre les États, facilité de circulation des hommes (autorisation de sortie, visa d’entrée…), changement des équipes à chaque élection, non-concordance des mandats, etc.

Construire ces relations et les maintenir dans le temps demande aux uns et aux autres une grande motivation et une persévérance à toute épreuve.

Il faut donc enraciner ces relations internationales au-delà des élus : d’abord en y impliquant les fonctionnaires territoriaux, administratifs, techniques, sociaux et culturels, sur lesquels repose la mise en œuvre des projets de coopération. Lorsque ces hommes et ces femmes, de part et d’autre, ont appris à se connaître et à travailler ensemble, les relations entre leurs villes sont bien plus solides.

Mais, si l’on veut bâtir ces relations dans la durée, il faut y intégrer aussi ce que l’on appelle la société civile : tous les acteurs d’un territoire, acteurs publics comme les institutions éducatives et culturelles ou les hôpitaux, acteurs privés comme les entreprises ou les associations.

C’est sur ce modèle que nous avons voulu, en 1999, retisser le réseau des villes et des collectivités partenaires d’Algérie et de France, avec le soutien des autorités nationales des deux pays. Cela a donné des résultats très encourageants entre nos villes : comme Alger avec Paris, Marseille et Lyon, Oran avec Bordeaux, Constantine avec Grenoble, Annaba avec Dunkerque, pour ne citer que les plus emblématiques.

Alors, bien sûr, les facteurs externes évoqués plus haut ont parfois retardé ou entravé les projets communs. Mais la braise était toujours sous la cendre, et rien ne s’est jamais complètement éteint parce que, justement, les fonctionnaires et, surtout, une formidable société civile ont toujours maintenu les courants d’échanges.

Il fallait les voir, ces centaines d’associations algériennes et françaises qui travaillent ensemble depuis 2007 à travers nos villes et nos régions, de chaque côté de la Méditerranée, il fallait voir ce foisonnement et cet enthousiasme lors de l’assemblée générale du PCPA (Programme concerté pluri-acteurs) à Tipaza !

Des projets dans les domaines de l’éducation, la culture, la solidarité, ces jeunes Algérien(ne)s et ces jeunes Français(e)s s’y engagent résolument et avec succès.

Alors même que l’on déplore, dans les deux pays, le désengagement de la jeunesse envers la « grande » politique, c’est sur eux, c’est sur elles, c’est sur ces jeunes qui œuvrent au plus près de nos concitoyens que réside, à coup sûr, l’espoir de nos deux peuples dans un avenir solidaire.

publié le 24/04/2014

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