Le regard de... Christian Gourcuff [ar]

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Entraîneur de l’équipe nationale de football algérienne

Une source d’enrichissement mutuel

Binatna 8 - Automne 2014

Après une coupe du monde au Brésil, où la sélection algérienne a fait un parcours remarqué, j’ai accepté le challenge que m’a proposé la Fédération algérienne de football de devenir sélectionneur de l’équipe nationale après avoir entraîné, pendant 25 ans, l’équipe de Lorient qui évolue en Ligue 1 en France. Les raisons pour lesquelles j’ai répondu avec beaucoup d’enthousiasme à ce projet sont nombreuses :

Tout d’abord le potentiel du football algérien. L’Algérie est une nation où la passion du football est présente partout, à l’image d’une nation comme le Brésil où le football fait partie de la culture.

La sensibilité du jeu, ensuite ; une conception du jeu, technique et spectaculaire, où le plaisir de jouer est le moteur.

Les liens historiques entre l’Algérie et la France, qui se retrouvent dans le nombre de binationaux, de parents algériens mais formés dans les clubs français et qui évoluent, dorénavant, dans de grands clubs européens.

Mon expérience des joueurs algériens ; à Lorient, j’ai eu de nombreux internationaux algériens (Ziani, Saïfi, Mansouri) avec lesquels la collaboration tant sur le plan humain que technique m’a laissé un souvenir.

Enfin, le contact que j’ai eu avec les responsables de fédération algérienne, dont le président, Monsieur Raouraoua, a été aussi déterminant dans mon acceptation de ce nouveau challenge.

Mon projet, au-delà des résultats de l’équipe nationale, avec la participation à la CAN et sa progression dans la hiérarchie mondiale, est de participer au développement du football algérien, avec la sélection A’ des joueurs évoluant en Algérie et qui doit créer une émulation chez les joueurs locaux ; d’apporter mon expérience à la formation de cadres techniques, enjeu d’importance pour l’avenir ; développer la formation qui, pour des raisons diverses, est un problème majeur en Algérie. Tout ceci doit se faire en tenant compte des spécificités de la société algérienne, de son football et de son environnement ; c’est la raison pour laquelle j’ai voulu à mon arrivée rencontrer toutes les composantes du football algérien.

L’accueil que j’ai reçu en Algérie a été extrêmement chaleureux, même si j’ai pu, malheureusement constater les dramatiques excès de la passion comme la mort du joueur camerounais Ebossé, à Tizi Ouzou et je regrette de ne pouvoir visiter l’Algérie, pour des raisons sécuritaires, dues à ma fonction.

Les liens franco-algériens sont très forts : pour des raisons historiques évidemment avec beaucoup de familles qui ont des membres vivant en France. La coopération entre les deux pays doit se développer dans un climat apaisé, de respect mutuel, avec des différences de culture qui doivent être une source d’enrichissement mutuel.
Mon engagement en Algérie s’inscrit dans cette optique.

publié le 26/11/2014

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