Le Maghreb des livres répond à la barbarie par les belles lettres [ar]

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El Watan, 10 février 2015

Actualité oblige, la première chose qui interpelle le visiteur du Maghreb des livres, cette année, c’est un grand mur sur lequel sont exposés des dessins de presse et des caricatures rendant hommage, non seulement aux dessinateurs assassinés de Charlie Hebdo, mais aussi à la liberté d’expression en général.

En face est attablé le doyen des dessinateurs algériens, Slim. A ses côtés, son jeune confrère et concitoyen, Gyps, aussi talentueux que son aîné. Et Elhou, non moins talentueux dessinateur et chanteur sous le nom de cheikh Sidi Bémol. Leurs albums, on se les arrache. C’est sûr, les bulles ne mourront jamais. Bien que l’édition de cette année soit un Spécial Tunisie, la littérature algérienne dans tous ses états et ses styles a été à l’honneur. Les écrivains algériens, notamment les plus médiatiques, sont reçus comme de vraies rock-stars auprès des centaines de lecteurs qui affluaient sans arrêt vers l’Hôtel de Ville de Paris durant deux longs après-midi. (…)

Ainsi Espoir, des espoirs de Mohamed Fellag - toujours aussi drôle dans son ironie et perspicace dans le sérieux et le grave - se vendait comme des petits pains. La queue devant sa table de dédicace rappelle les scènes de pénurie de l’époque socialiste qu’il aime tant décrire dans ses écrits et ses spectacles. La même scène, ou presque, s’est produite auparavant avec notre confrère du Quotidien d’Oran, Kamel Daoud, désormais auteur à succès. Les exemplaires mis en vente de Meursault, contre-enquête se sont vite épuisés. Valeurs sûres depuis quelques années dans la littérature francophone algérienne, les œuvres de Mohamed Benchicou et Boualem Sansal ont eu également un accueil triomphal de la part du public.

En plus de la BD et du roman, la participation algérienne s’est distinguée avec ses contes et livres de jeunesse. Pour ne citer que lui, notre confrère d’El Watan, Abdelwahab Boumaza, a "inauguré" sa participation à ce salon par la présentation d’un conte intitulé Le mariage du loup. (…)

Comme chaque année, le Maghreb des livres est aussi l’occasion de débattre de questions profondes et très passionnantes. L’histoire du mouvement national algérien, par exemple ? Oui, effectivement ! La nouveauté de 2015, c’est sans doute Quand une nation s’éveille, du vieux routier de la lutte indépendantiste, Sadek Hadjerès. "L’accueil qu’ont réservé les lecteurs à mon livre me fait chaud au cœur.

Cela m’encourage davantage à continuer à rédiger les autres tomes de mes mémoires", s’est réjoui l’ancien leader du PCA et du PAGS.

Le Maghreb des livres manque déjà aux amoureux du livre maghrébin. Une année paraît très longue, mais ceux qui aiment patientent.

publié le 12/03/2015

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