Conférence de presse du ministre des affaires étrangères, M. Fabius

20 novembre 2012
Extraits concernant la crise malienne

Q - Les groupes islamistes s’affrontent désormais dans le nord-Mali. Le président François Hollande se rend bientôt en Algérie qui joue un rôle déterminant dans le règlement de cette crise malienne. Quels seront les arguments que François Hollande va pouvoir utiliser pour amener l’Algérie à agir de façon décisive dans cette crise malienne ? Je le rappelle, il y a toujours cette question de l’intervention militaire, dont l’envoyé européen pour le Sahel a dit hier que son imminence s’éloignait, probablement pas avant le mois de septembre prochain.

R - Essayons de faire simple dans cette question compliquée. Le Mali est confronté au terrorisme, au narco-terrorisme. Il s’agit d’une menace, non seulement sur le Mali qui est coupé en deux, mais également sur l’ensemble des pays africains voisins, sur l’ensemble de l’Afrique et même sur l’Europe. C’est la menace du terrorisme qui est en jeu. N’oublions pas que ces terroristes détiennent des otages !
Par rapport à cela, la France joue un rôle de facilitateur de paix. Nous avons contribué à faire prendre conscience de la gravité de ce qui est en train de se passer, ce qui explique le soutien unanime des Nations unies.

Pour l’Algérie, il y a trois volets dans cette action. Un volet politique parce qu’il faut faire en sorte qu’il y ait une discussion entre le sud et le nord, tout au moins avec les groupes du nord qui ne sont pas des terroristes et qui acceptent l’intégrité du Mali.
Il y a un volet sécuritaire parce qu’il faut reconstituer l’armée malienne et faire en sorte qu’il y ait des soutiens militaires de pays africains, si cela est nécessaire.

Il y a aussi un volet de développement et un volet humanitaire.
L’Algérie, compte tenu de sa situation géographique et de sa puissance, joue évidemment un rôle important dans tout ce qui se passe dans la région. Le voyage de François Hollande, les 19 et 20 décembre, ne portera pas principalement sur cette question. C’est un voyage d’amitié, de rapprochement, de développement de nos relations entre deux grands pays que sont l’Algérie et la France. Ces questions seront abordées mais elles le sont déjà et je dois dire qu’il y a un grand rapprochement de point de vue dont je me réjouis.

L’Algérie est parfaitement d’accord pour dire qu’il faut une solution politique de développement et sécuritaire et qu’il faut pourchasser les mouvements terroristes qui refusent d’abandonner le terrorisme.
Maintenant, il y a deux mouvements avec lesquels des discussions sont menées, un mouvement qui s’appelle Ansar Dine et un autre qui est le MNLA. Ces mouvements ont déjà évolué dans leurs positions. Nous souhaitons que cette évolution soit plus forte encore.

Q - Ils ont évolué parce que ce sont deux mouvements maliens et il y a un rapprochement de circonstance sur cette identité malienne. Peut-être va-t-on vers une solution politique ?

R - Ils commencent à abandonner un certain nombre d’éléments - revendication du terrorisme et désintégration du Mali - qui empêchaient toute discussion avec eux. Maintenant, il semble qu’il y ait une évolution, je souhaite qu’elle continue.

Q - Comment la France peut-elle peser là-dedans pour garantir la suite ?

R - Même sans être un grand spécialiste, on peut penser qu’il y a un rapport entre ce qui a été décidé aux Nations unies à l’initiative de la France et l’évolution de ces mouvements. Maintenant, il faut compléter cette évolution.

Je le redis, c’est d’abord aux Africains d’apporter une solution à ces problèmes. La France, là aussi, est un facilitateur de paix.

Q - Une intervention soutenue de la France sur cette question met-elle la vie des otages en danger ?

R - Les otages doivent évidemment être libérés. Il y a toute une série d’actions qui sont menées en ce sens mais je n’ai pas l’intention d’en parler ici. Les otages font preuve d’un grand courage, leur famille aussi. Mais nous savons dans le même temps qu’il y a une politique internationale, comme la politique de la France, qui doit être menée.

Réponses apportées par le porte-parole aux questions posées par les journalistes sur le Mali

point de presse du 22 novembre 2012

Q - Confirmez-vous la présence en France du chef du MNLA Ag Acherif ? Le cas échéant, une rencontre est-elle prévue au Quai d’Orsay ?

R - Une délégation du MNLA est arrivée hier à Paris. Elle sera reçue cet après-midi, à sa demande, par des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères.

L’établissement d’un dialogue entre les autorités de Bamako et les groupes non-terroristes du Nord Mali est urgent, au moment où le Conseil de Sécurité des Nations unies, à la demande de l’Union Africaine, s’apprête à autoriser le déploiement d’une force africaine.

Cette rencontre sera également pour nous l’occasion de rappeler au MNLA la part d’effort qu’il doit effectuer, en renonçant à sa revendication d’indépendance, pour que la paix soit durablement rétablie au Mali.

Conformément à la résolution 2071 du Conseil de sécurité des Nations unies, le dialogue que soutient la communauté internationale ne peut être envisagé qu’avec les groupes qui renoncent à la violence et acceptent l’intégrité territoriale du Mali.

publié le 17/03/2014

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