Lancement du jumelage institutionnel européen [ar]

Intervention de M. Bernard EMIÉ
Ambassadeur,
Haut Représentant de la République française
en Algérie

Lancement du jumelage institutionnel européen


Alger, jeudi 28 janvier 2016

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Monsieur le Ministre des Finances,
Mesdames et Messieurs,

C’est un grand plaisir d’être présent parmi vous ce matin, pour le lancement officiel de ce jumelage européen au bénéfice de la Direction Générale des Impôts (DGI) algérienne, dont la France a l’honneur d’être le partenaire principal. Ce projet fort, autour d’une prérogative centrale de la puissance publique : les impôts, nous permet de débuter l’année de la meilleure des manières, et j’en profite pour présenter à chacune et à chacun mes vœux les plus chaleureux pour cette année à venir. Qu’elle soit porteuse de paix, de stabilité et de prospérité.
Ce jumelage témoigne de la volonté de l’Algérie et de l’Union européenne (UE) de travailler, chaque jour, plus étroitement ensemble. Il s’inscrit dans la troisième et dernière phase du Programme d’Appui à la mise en œuvre de l’Accord d’Association (P3A), qui a pour objectif de fournir à l’Algérie des leviers efficaces de diversification et de modernisation de son économie.

Ce jumelage souligne aussi l’engagement de l’UE aux côtés de l’Algérie, que ce soit dans les périodes fastes, ou celles plus difficiles comme c’est le cas aujourd’hui. Il n’est pas pour l’Algérie de partenaires plus proches, plus solidaires, plus engagés, plus motivés que l’Union européenne et ses Etats membres. La chute mondiale des cours du pétrole suscite des inquiétudes fortes et légitimes que nous connaissons tous pour l’Algérie. Des décisions difficiles ont été prises, sont prises et seront encore prises, dont nous sommes tous convaincus qu’elles préserveront la nécessaire ouverture internationale de l’Algérie dans le plein respect bien sûr de l’accord d’association avec l’UE. Et dans cette phase délicate, la solidarité de l’UE ne se dément pas. Elle reste plus que jamais ouverte au dialogue et encline à apporter tout son soutien à l’Algérie, forte de sa proximité politique et du fait qu’elle est toujours, et de loin avec 50 % en 2015, le premier partenaire économique et commercial du pays.

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Et c’est particulièrement le cas sur ce sujet central, à la croisée des enjeux économiques et sociaux, qu’est la fiscalité. Certes l’impôt n’est en général pas un concept qui réjouit le citoyen, mais il n’en reste pas moins un outil essentiel de la gouvernance d’un pays, qui traduit aussi ses choix de société et ses grandes orientations. L’impôt constitue en effet la base du financement de la puissance publique et le fondement du consentement de toute société à vivre ensemble de façon solidaire – tandis que la matrice des prélèvements, incitatifs ou restrictifs en fonction des choix de politique économique, détermine pour une grande partie le cadre économique d’un pays. Il est à la base de la participation du citoyen à la vie publique, qui a le droit légitime de demander des comptes à l’administration sur l’utilisation des financements prélevés. La qualité, l’équité et la transparence de l’administration fiscale sont des enjeux majeurs de justice sociale et d’efficacité économique. Dans ce domaine clé, l’Algérie a devant elle un plan d’action ambitieux, que l’UE doit soutenir.

Le Ministère des Finances algérien est engagé dans un programme de réformes et de modernisation qui touche tous les aspects de ses finances publiques : la meilleure maîtrise et l’optimisation des dépenses, l’augmentation des recettes de la fiscalité ordinaire par une meilleure régulation économique et financière, la simplification des procédures et la lutte contre les différentes formes de fraude et d’évasion fiscale.
Le présent projet de coopération est naturellement en parfaite adéquation avec la stratégie du gouvernement algérien. Sa mise en œuvre permettra d’atteindre les objectifs visés en matière de réforme fiscale. Ainsi l’Algérie se verra dotée des outils nécessaires à un pilotage toujours plus fin de son économie. La politique fiscale est en effet l’un des paramètres dont l’Algérie doit jouer pour réussir la diversification engagée de son économie. Elle pourra ainsi orienter dans la bonne direction la consommation de ses ménages et inciter les entreprises privées à faire les choix qui serviront le développement du pays.

Ce jumelage s’inscrit en outre dans la continuité puisque la DGI a déjà bénéficié d’un précédent projet qui visait à améliorer les relations de l’administration fiscale avec les contribuables, jumelage très apprécié. Il a permis à l’Algérie de jeter les bases d’une relation de plus grande confiance entre le redevable et son administration, relation que nous travaillons par ailleurs à développer dans le cadre de notre coopération technique bilatérale.

La présence de la France comme partenaire principal dans cette coopération multilatérale, rappelle, une fois encore, le lien de confiance profond qui unit nos deux pays dans tous les domaines.

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La France est fière que les 9 programmes de jumelages européens actuellement en cours et dans lesquels elle est présente, œuvrent tous dans le sens d’un développement durable et diversifié de l’économie algérienne. Je fais ainsi allusion à la coopération avec le ministère du commerce au profit d’Algex (Agence nationale de promotion du commerce extérieur) ; ou encore à celle menée avec le ministère des travaux publics portant sur l’aménagement et l’homologation de la sécurité routière et aéroportuaire ; mais aussi aux efforts portés sur les domaines agricoles, vétérinaires ou environnementaux. Tous ces jumelages, qui ont été définis en fonction des priorités que l’Algérie s’est elle-même fixées, contribuent au renforcement des fondamentaux de l’économie algérienne, de sa capacité à produire plus efficacement et à exporter toujours davantage.

Et je veux voir plus particulièrement dans le jumelage que nous lançons aujourd’hui un symbole de ce que peuvent être les relations économiques franco-algériennes et au-delà euro-algériennes, à savoir la conjugaison d’une vision globale, stratégique, mais qui s’attache également à travailler sur des sujets techniques comme la fiscalité.

L’expérience que peut apporter la France, sur un sujet aussi primordial, c’est celle d’un savoir-faire, d’une expertise ancienne et reconnue mondialement, mais également la confiance envers un partenaire de longue date. Ce jumelage pourra en effet capitaliser sur la coopération étroite qui existe entre la DGFiP et la DGI depuis de nombreuses années, dans un cadre multilatéral ou bilatéral. Nos administrations se connaissent, s’apprécient, se respectent. Nos procédures respectives nous sont familières et fort de cette intimité, je suis confiant que ce jumelage sera très réussi et répondra, Monsieur le Ministre, aux objectifs assignés par votre gouvernement.

Je vous remercie.

publié le 13/03/2016

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