Jumelages européens – Discours de l’ambassadeur Bernard Emié [ar]

Lancement des jumelages (12 octobre 2014)

Discours de l’Ambassadeur, M. Bernard Emié

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Madame la Ministre, Messieurs les Ministres,

Madame et Messieurs les Ambassadeurs, représentants d’organisations internationales,

Mesdames et Messieurs les experts,

Mesdames et Messieurs,

D’abord, c’est un très grand honneur pour moi de participer quelques semaines après mon arrivée en Algérie à cette cérémonie de lancement des jumelages européens. J’y vois d’ailleurs une signification très profonde, à la fois de l’engagement de la France, de l’Europe, de l’Italie dans le domaine agricole, mais aussi de ce partenariat.
Les Ministres, l’Ambassadeur de l’Union européenne et le Directeur de la Coopération avec l’Union européenne du Ministère des Affaires étrangères ont tout dit sur l’importance, le contenu et la signification de ces jumelages. Je voudrais simplement souligner devant vous quelques points sur ces projets qui sont d’une haute importance pour l’agriculture algérienne.

Les jumelages vétérinaires qui visent à porter au niveau des standards européens et internationaux les capacités de contrôle de vos services vétérinaires, d’une part, vos capacités d’analyse des laboratoires de l’Institut national de médecine vétérinaire, de l’autre, sont tout à fait complémentaires. Nous savons tous dans cette salle le niveau d’excellence atteint par votre pays en matière de suivi vétérinaire, vous l’avez rappelé Monsieur le ministre de l’agriculture, qui se traduit notamment par le rôle essentiel que votre pays joue au sein de l’Organisation mondiale de la santé animale.
Ces deux jumelages vont permettre d’inscrire cette tradition d’excellence dans un dispositif institutionnel renforcé et efficace, appuyé sur un maillage territorial remarquable, déployé jusque dans chaque commune de votre pays.

Le jumelage qui vise à un renforcement du dispositif de reconnaissance de la qualité des produits agricoles par les signes distinctifs liés à l’origine est tout aussi essentiel : l’agriculture algérienne et ses producteurs visent ainsi à entrer dans un système exigeant, délicat à manier mais garant de la meilleure qualité et qui, partout où il fonctionne, a permis la reconnaissance de ces savoirs traditionnels, ancestraux, qui fondent le caractère unique des produits - le mot a été utilisé - du terroir. C’est un enjeu économique, c’est un enjeu social, Madame la Ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme, en termes d’identité : à ce titre, je suis très fier de voir ce partenariat s’engager, grâce à l’Union européenne, entre Français, Italiens et Algériens – trois pays de grande tradition agricole et de terroir paysan, oserais-je dire.

J’aime ce mot « paysan ». Il faut être fier de nos paysans. Ils sont une composante essentielle de nos pays et de notre identité. Sur un plan plus personnel, je dirais que je suis assez impatient de goûter les premières dattes, les premières figues sèches, les premières olives qui vont bénéficier de ces appellations.

La France, qui est le premier pays agricole de l’Union européenne, qui assure près de 20 % du produit agricole et agroalimentaire européen, dispose, vous l’avez dit, d’une large expérience aussi bien en matière de sécurité sanitaire des produits d’origine animale que de gestion des signes distinctifs liés à l’origine.

La qualité de son agriculture s’appuie d’abord sur le savoir-faire et les méthodes de ses agriculteurs – la combinaison d’héritages anciens et d’innovations permanentes. Mais elle doit aussi beaucoup à une organisation administrative reconnue, souple, proche du terrain et d’un haut niveau d’exigence : je veux parler ici aussi bien des experts de notre Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt que d’institutions aussi prestigieuses que l’Institut national de la recherche agronomique (l’INRA) ou le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). C’est cette expertise que ces jumelages permettront de mettre à disposition de l’Algérie, à travers la présence des conseillers résidents que je salue chaleureusement, les docteurs Myriam Ispa, Andrea Vitelli, et M. Philippe Decesse ; ce sont aussi les stages et visites d’études qui se feront dans les deux sens qui permettront de mobiliser au mieux cette expertise.

Comme vient de le souligner le Ministre du Commerce, je me félicite de la cohérence entre ces trois jumelages et celui lancé il y a quelques jours, visant le renforcement des capacités opérationnelles de l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex), auquel la France participe également avec l’Autriche. L’un des bénéfices attendus des programmes que nous lançons aujourd’hui doit être à terme de faciliter la commercialisation des produits alimentaires d’origine animale et des produits labellisés algériens sur le marché national mais aussi sur les marchés d’exportation. Les enjeux pour les exportations de votre pays sont majeurs et c’est une dimension - et je parle sous le contrôle de mon collègue de l’Union européenne - que nous intégrons en lançant effectivement ensemble ces jumelages.

La coopération bilatérale dans le domaine de l’agriculture est forte, Monsieur le ministre. Mais cette coopération se déploie d’autant plus efficacement qu’elle est complémentaire de la coopération entre l’Union européenne et l’Algérie, tout aussi fondamentale en ce domaine. Moi aussi, je voudrais saluer le travail accompli en commun, en partenariat, par la délégation de l’Union européenne et l’administration algérienne pour la définition et la mise en œuvre de ces projets. Ils montrent la pertinence et l’efficacité de cet outil remarquable qu’est le jumelage, qui permet de faire appel aux compétences les plus adaptées là où elles existent, avec une souplesse de conception et d’administration que je salue : c’est sans doute là l’idée européenne à son meilleur, dans une volonté de partenariat efficace et concret et qui profite à terme aux citoyens algériens eux-mêmes. Que la population perçoive ce que signifie le rapprochement avec l’Union européenne, et que les agriculteurs voient que grâce à l’Union européenne, leurs activités vont s’améliorer.

Monsieur le Directeur général, vous avez mentionné ce partenariat, ce qu’il veut dire, notre volonté d’un rapprochement stratégique avec l’Algérie et de l’Algérie avec l’Union européenne. Je crois effectivement que dans cette grande famille euro-méditerranéenne, nous avons un très grand rôle à jouer.

Alors moi aussi, j’adresse tous mes vœux de succès à l’ensemble des équipes algériennes, italiennes et françaises qui vont travailler au cours des deux prochaines années, au succès de ces trois programmes – et j’ai bien l’intention, Madame la Ministre, Messieurs les Ministres, avec vous tous ici présents, d’en savourer prochainement le fruit, au sens propre du terme.

Je vous remercie.

publié le 27/10/2014

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