Interview avec Ghilas Aïnouche, dessinateur pour TSA [ar]

« Faire rire, un défi de chaque jour »

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Que ressentez-vous lorsque vous dessinez ?

Le dessin pour moi n’est pas seulement un métier, c’est véritablement une passion, que j’aime depuis que je suis tout petit. Je ne suis pas un beau parleur et le dessin est le langage que je maîtrise le mieux. Cela me permet d’exprimer mes idées et celles d’une partie de la population algérienne.

Qu’est-ce qui vous a conduit à exercer le métier de dessinateur ?

Quand j’étais enfant, je dessinais tout le temps. J’ai découvert le dessin de presse à travers des journaux apportés de France par des personnes de mon entourage : Charlie Hebdo, Le Canard enchaîné.

Puis je me suis mis à faire mes propres dessins, en les gardant d’abord pour moi, puis en les publiant dans le journal du collège. Un jour, je me suis rendu à Paris, j’ai pris un plan de la ville et je suis allé frapper à la porte de Charlie Hebdo : j’ai été accueilli chaleureusement et invité à participer aux conférences de rédaction. J’y ai beaucoup appris auprès de très grands dessinateurs.

Considérez-vous votre métier utile à la société ?

Les gens font face à de nombreux problèmes, la société leur inflige un lourd fardeau. Ils ont besoin de décompresser. Quand ils voient un dessin humoristique, ils peuvent, le temps d’un simple sourire, s’évader de tous leurs soucis quotidiens. Je n’ai jamais cherché à avoir un gros salaire. Mon plus grand bonheur, c’est le sourire quotidien de celui qui regarde mon dessin. Ce n’est pas facile de faire sourire quelqu’un malgré toutes les difficultés de la vie.

C’est pour moi un défi de chaque jour, semblable à celui d’un footballeur : comme au foot, il faut gagner chaque match.

publié le 17/03/2015

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