Intervention de S.E. Bernard Emié à l’occasion de la Visite de M. Jean-Pierre RAFFARIN [ar]

Intervention de S.E. Bernard Emié, Ambassadeur de France en Algérie,
à l’occasion de la Visite de M. Jean-Pierre RAFFARIN, Président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat
Alger, Résidence des Oliviers, samedi 11 avril 2015, 19 h 00

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs, les membres du Conseil de la Nation

Mesdames et Messieurs, les membres de l’Assemblée populaire nationale,

Monsieur le Président du Forum des chefs d’entreprises algériens,

Mesdames et Messieurs,

C’est un grand plaisir pour moi de vous recevoir ce soir à la résidence de France à l’occasion de la venue de Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier-ministre et aujourd’hui Président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du sénat.

Monsieur le Premier ministre,

C’est un grand honneur pour moi de vous accueillir ce soir en Algérie, pays que vous connaissez bien. Vous êtes, en effet, un grand ami de ce beau pays, et un des artisans de l’amitié franco-algérienne. Vous avez accompagné le Président de la République, François Hollande, lors de sa visite d’Etat en 2012 et la montée en puissance de nos relations bilatérales depuis lors, notamment dans le cadre de la mission d’envoyé spécial pour les relations économiques bilatérales que le Président Sarkozy vous avait confiée en mars 2010 et que vous avez continué à assumer jusque très récemment, lorsque, à notre grand regret ici en Algérie, mais au grand bonheur du Sénat de la République française, vous avez décidé de vous consacrer à la Présidence de la Commission des affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées au Sénat. Mais nous sommes convaincus que vous contribuerez encore et toujours à l’animation des relations franco-algériennes dans le cadre de vos nouvelles fonctions.

Notre relation bilatérale est historiquement exceptionnelle, du fait de notre culture et de notre langue en partage, de nos liens humains, de notre interdépendance économique et de nos intérêts stratégiques communs. Elle nécessite des outils de coordination et de suivi à la hauteur de nos ambitions et c’est pourquoi nous avons institué depuis 2012 une rencontre annuelle de nos Premiers ministres, le Comité Intergouvernemental de Haut Niveau, ou encore des réunions, tous les ans, du Comité mixte économique franco-algérien. La fréquence des visites de haut niveau me rappelle tous les jours la densité de cette relation bilatérale. Je m’apprête ainsi à accueillir, les 19 et 20 avril, le secrétaire d’Etat aux anciens combattants et à la mémoire, Jean-Marc Todeschini. Au mois de mai, ensuite, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et le ministre de l’Economie Emmanuel Macron seront présents à Alger dans le cadre d’un point d’étape du Comité mixte économique franco-algérien d’étape après celui de novembre 2014.

Cet élan extraordinaire que nous constatons depuis quelques années, nous vous le devons aussi. Pendant les quatre années de votre mission, vous avez su tisser des liens particuliers avec vos interlocuteurs. Preuve en est, la présence de nombreuses personnalités algériennes et françaises qui, malgré le weekend, ont tenu à venir vous saluer ici ce soir. Vous êtes vraiment très populaire en Algérie !

Votre engagement à développer les relations économiques entre nos deux pays a permis de faire progresser les partenariats industriels franco-algériens. Vous avez, ainsi, initié le très beau projet d’usine de production de Renault à Oued Tlelat qui a été inauguré en novembre dernier par le Premier ministre Sellal en présence de Laurent Fabius et d’Emmanuel Macron et qui symbolise cette volonté d’avancer ensemble dans une démarche « gagnant-gagnant ». Vous êtes également à l’origine du projet Sanofi d’usine de fabrication de médicaments de Sidi Abdallah, qui devrait entrer en production à l’échéance prévue en décembre prochain et qui devrait permettre de produire 80% du volume des produits distribués par Sanofi en Algérie. J’évoque ces deux projets emblématiques mais votre travail tenace, patient, déterminé et efficace, a permis de développer nombre d’autres partenariats de longue durée que je ne peux tous évoquer ici. Vous avez également, par votre impulsion politique et votre capacité de négociateur, contribué à résoudre de nombreux contentieux dont la persistance pesait sur le climat des affaires et la capacité des entreprises françaises à opérer sereinement en Algérie. De tout cela, la communauté des entreprises françaises comme les autorités de notre pays vous sont profondément reconnaissants.

Monsieur le Premier ministre,

Je suis heureux de vous dire que nous poursuivons aujourd’hui ces efforts. Le gouvernement français a en effet décidé de renouveler cette expérience réussie en nommant M. Jean-Louis Bianco à votre succession et je tiens ici à rendre hommage à son travail. Sa dernière visite en Algérie, en février dernier, a permis d’identifier de nombreux chantiers d’avenir, dans les secteurs les plus stratégiques pour l’Algérie comme pour la France : l’agriculture, les transports, le logement, ou encore le numérique. A Annaba, c’est une filière ferroviaire que nous souhaitons bâtir ensemble, autour de l’usine de tramways d’Alstom, que Laurent Fabius et Emmanuel Macron inaugureront d’ailleurs le 12 mai prochain. C’est par ces beaux projets d’avenir, dans un esprit de partenariat, que nous répondrons ensemble aux défis communs que nos deux pays rencontrent.

Monsieur le Premier ministre,

Votre présence à Alger rappelle, également, l’importance des échanges interparlementaires. En tant qu’ambassadeur de France en Algérie, j’attache une très grande importance à l’approfondissement de ces relations capitales car porteuses d’enrichissement notamment sur le plan diplomatique. Ainsi, l’année dernière, Mme Elisabeth Guigou, présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, M. Patrick Mennucci, Président du groupe d’amitié France-Algérie de l’Assemblée nationale, M. Jean-Pierre Chevènement, président de l’Association France-Algérie et M. Michel Vauzelle, président du conseil régional PACA se sont rendus en Algérie. Ces visites sont autant d’occasion de créer de nouvelles synergies avec nos partenaires algériens dans nombre de domaines. Elles dégagent également des espaces de réflexion et de discussion entre parlementaires des deux rives notamment sur les questions de sécurité régionale pour lesquelles nous avons avec l’Algérie une très grande convergence de vue.

Monsieur le Premier ministre,

Je souhaiterais conclure en mettant en miroir le titre de votre ouvrage de souvenirs publié en 2012, Je marcherai toujours à l’affectif, avec la relation si particulière qui unit notre pays à l’Algérie. Comme l’a affirmé le président Bouteflika, « les relations entre la France et l’Algérie peuvent être bonnes ou mauvaises, en aucun cas elles ne peuvent être banales ». C’est une relation tumultueuse et passionnelle, égale à nulle autre. Il faut et il faudra toujours s’armer de sensibilité pour consolider ce partenariat exemplaire que nos peuples appellent de leurs vœux, dans la confiance, la compréhension et le respect mutuel.

Je vous remercie.

publié le 13/04/2015

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