Intervention de S.E. Bernard Emié - Cérémonie de dépôt de gerbe au cimetière du Petit Lac [ar]

Monsieur le Consul général,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le directeur,
Mesdames et Messieurs les représentants des associations,
Messieurs les Anciens Combattants,
Messieurs les chefs de service,
Mesdames et Messieurs,

Je souhaitais, quelques semaines après ma prise de fonction comme Ambassadeur, Haut Représentant de la République française en Algérie, me rendre ici à Oran et visiter le cimetière du Petit-Lac. C’est une grande émotion pour moi de me trouver ici, avec vous, au sein de cette Nécropole nationale française du Petit-Lac, entouré de tous ces soldats qui ont payé de leur vie leur engagement pour la France, pour la liberté, pour notre liberté.

Je voulais simplement dire que nous devons beaucoup à ces soldats morts pour la France, qui, quelles que soient leurs origines, ont lutté pour les valeurs de la République française, celles de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Je pense à tous aujourd’hui, à tous ceux qui sont autour de nous. Je pense peut-être particulièrement à tous ceux qui ont rejoint ou soutenu la France libre et qui ont permis à la civilisation de triompher face à l’obscurantisme et à la barbarie du nazisme et de ses alliés. Ils ont sauvé bien plus que la France. Je pense que nous devons méditer leur sacrifice alors que nous avons commémoré, vous le savez, le 14 juillet sur les Champs Elysées - et c’était un souhait personnel du président de la République - en présence du drapeau et de soldats algériens le 100ème anniversaire du déclenchement de la Première guerre mondiale. Et puis nous avons commémoré le 15 août le 70ème anniversaire du débarquement de Provence à Toulon en présence du Premier ministre Sellal qui nous a fait l’honneur de sa présence.

Comme l’a rappelé François Hollande, Président de la République, c’était alors une armée française et c’était une armée multicolore. Il y avait les soldats de l’armée d’Afrique qui venaient d’Algérie, du Maroc et de Tunisie, les plus nombreux venant d’Algérie. L’Algérie a joué un rôle central dans notre libération et, je le ressens moi-même chaque jour depuis mon arrivée en ayant le privilège de résider à la villa des Oliviers, d’où le général de Gaulle forma le gouvernement provisoire et affirma la place de la France libre parmi les alliés. C’est pour moi l’occasion de rappeler la part prise par les combattants algériens, aux côtés de leurs frères d’armes français dans la victoire des Alliés. Que leur mémoire ainsi que celle de tous ceux qui sont tombés pour la liberté soit honorée et je veux m’incliner aujourd’hui particulièrement devant leur mémoire.

Pour souligner l’importance de ce lieu de mémoire, en cette année où nous lançons en France et en Europe, les cérémonies de commémoration du centenaire du Premier conflit mondial en même temps que nous avons commémoré le 70ème anniversaire du débarquement de Normandie, eh bien nous avons décidé cette année de faire la cérémonie nationale du 11 novembre, que nous faisons traditionnellement à Alger, à Oran. A mon initiative, mes collègues américain, britannique mais aussi allemand seront présents. Ce sera un symbole très important de paix et de réconciliation car le message que nous adressent ces tombes est naturellement un message universel.

Les souffrances, la fraternité d’armes et le sacrifice suprême de ces soldats aux origines si différentes et aux combats livrés sur tant de théâtres d’opérations et dans tant de circonstances, doivent inspirer aujourd’hui notre jeunesse mais aussi être inscrites dans notre mémoire collective à l’heure où les relations franco-algériennes connaissent un nouvel élan. J’espère monsieur le Consul général qu’on pourra rassembler des jeunes des écoles le 11 novembre.

Je serai par ailleurs très attentif, avec le service national des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, représenté par M. Fradet, à l’entretien et à la valorisation de ce cimetière. Je vois que c’est extraordinairement bien fait et j’en remercie toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés à travers les années et notamment pendant la décennie noire. Je remercie les employés du cimetière de ce qu’ils ont fait pendant ces années et d’avoir ainsi maintenu ce lieu dans son état de très grande dignité.
Je remercie le service des Anciens Combattants et Victimes de Guerre des travaux très importants qui ont été fait depuis 2004, qui nous permettent aujourd’hui de nous réunir à la mémoire de tous ces soldats dans un lieu dont la beauté et l’entretien sont à la hauteur du sacrifice suprême qu’ils ont consenti.

Car ce devoir de mémoire doit nous inspirer pour écrire notre avenir commun et marquer aussi notre optimisme, notre détermination et notre engagement pour ces liens de solidarité et d’amitié entre l’Algérie et la France.

Je vous remercie.

publié le 26/10/2014

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