Intervention de M. Raffarin lors d’un point presse avec M. Rahmani

Je voudrais d’abord vous dire, Mesdames et Messieurs, que j’apprécie la confiance qui m’a été reconfirmée par les autorités algériennes et les autorités françaises pour travailler sur un certain nombre de dossiers concernant la coopération entre l’Algérie et la France. C’est une mission qui me tient beaucoup à cœur. Ce n’est pas une mission à dimension commerciale, c’est une mission à dimension stratégique - on l’a vu avec les propos de Monsieur le Ministre sur l’organisation des filières.

Et il y a dans les projets dont nous avons parlé à la fois une dimension d’emploi - parce que l’emploi est la première des préoccupations - et d’autres préoccupations comme celles de la santé, de la valeur ajoutée pour créer de la richesse et aussi celle liées au confort de vie – nous en parlions tout à l’heure.

Si moi je me suis beaucoup mobilisé au départ pour le métro d’Alger, c’est parce que j’étais choqué de voir que ce qui avait comme désaccord économique était en fait supporté par la population qui était privée d’un équipement quasiment achevé, mais non finalisé à cause de ces désaccords. Notre mission est de penser toujours que derrière ces projets, il y a l’objectif de rapprocher les peuples et de faire en sorte que l’aspiration à l’emploi et à la qualité de la vie trouvent un certain nombre de solutions.

Je voudrais saluer la méthode personnelle du Ministre Rahmani. Ce qui était assez étonnant, c’est que des Algériens et des Français ensemble choisissent un peu une méthode britannique. Nous étions comme à la chambre des communes, les interlocuteurs étaient face à face et nous deux au milieu. Ce qui nous permettait d’aller au fond des dossiers et, dossier après dossier, on a pu localiser des avancées et identifier quelques difficultés et créer des procédures pour lever ces difficultés. C’est une méthode très efficace et je voudrais remercier Monsieur le Ministre de l’Industrie de cette méthodologie, de cette ingénierie partenariale.

J’ai commencé cette mission avec deux gouvernements différents, je la poursuis avec deux nouveaux gouvernements. Je dois dire que ce qui me frappe, c’est la volonté des deux gouvernements actuels avec un double mot d’ordre : faciliter et accélérer. Et l’énergie même de Monsieur le Ministre de l’Industrie m’a convaincu que ce n’était pas seulement une rhétorique mais qu’il y avait là une vraie volonté de faciliter et d’accélérer. Je crois que c’est extrêmement important d’envisager cela d’autant plus que nous avons un rendez-vous de première importance : la rencontre de nos deux chefs d’Etat qui, au mois de décembre, se rencontreront et pour lesquels nous avons un devoir d’avancer pour faciliter et accélérer les dossiers. Vous comprendrez que cette visite du Président français, dont je suis le chargé de mission, m’oblige à certaines réserves sur certaines conclusions des dossiers. Je sais que ça peut vous décevoir. Mais vous comprendrez que ce n’est pas à moi de prendre la parole sur un certain nombre de dossiers stratégiques et que c’est de la responsabilité du Président de la République française avec le président algérien. Au fond, tout ceci s’inscrit dans une démarche de travail auquel la visite de Mme Bricq, la visite de M Montebourg ont contribué.

Je peux dire que sur un certain nombre de grands dossiers, je vois les choses avancer de manière très significative. Quand je vois où en était le dossier Renault il y a deux ans, quand je vois où en était le dossier Total il y a deux ans… Ces dossiers qui étaient des dossiers d’entreprise sont devenus des dossiers de filière. Donc la réflexion d’aujourd’hui c’est une réflexion de l’amont et de l’aval. On parle non seulement stratégie, modèle mais commercialisation et pour un certain nombre de secteurs ce matin, on parlait même éventuellement du jour où il pourrait y avoir des excédents, que ces excédents on pourrait les exporter ensemble. Ce qui est très important. Et dans le commerce mondial aujourd’hui je crois beaucoup à cette logique de se mettre ensemble pour exporter. Je citais tout à l’heure à M le Ministre Saint-Exupéry et je disais que s’aimer, ce n’est pas se regarder l’un et l’autre, c’est regarder ensemble vers la même direction. En matière économique, regarder ensemble dans la même direction c’est, je crois, aussi une étape de coopération renforcée.

Sur Renault les choses avancent bien, sur Total les choses avancent très bien. Ce sont des dossiers naturellement qui ne sont pas finalisés dans la mesure où ce sont des dossiers complexes avec des investissements importants. Il y a des discussions qui sont toujours en cours mais ce sont des dossiers dont je peux constater qu’il y a des bonnes volontés et des progrès qui sont très nettement enregistrés. Avec Sanofi, non seulement il y aujourd’hui une satisfaction des partenariats mais il y a des projets de développement importants. On peut là envisager des développements avec Lafarge, et j’ai d’ailleurs rencontré d’autres entreprises dont on n’a pas parler ce matin et pour lesquelles les projets de développement sont bien avancés et portent sur des projets qui ont une forme itérative de développement. Je pense notamment au dossier Alstom et cela se fait dans le prolongement du métro et avec un certain nombre d’initiatives qui sont prises ici en termes d’investissements, et les investissements c’est essentiel pour le développement de l’emploi.

Je voudrais dire aussi que nous avons réussi à avoir des analyses communes sur l’avenir. On a parlé tout à l’heure du transport maritime avec CMA-CGM, où l’on voit qu’il y a des perspectives intéressantes. De même que le développement d’Air France qui augmente ses fréquences. Tout ceci favorise les échanges que nous pouvons espérer.

Enfin, je dirai, Monsieur le Ministre, combien la vision que nous avons et que vous avez eu avec le Ministre français Arnaud Montebourg de faire en sorte que l’alliance entre les grandes entreprises et les PME - côté algérien comme côté français - étaient un bel espace de réflexion et d’action commune. Cela fait partie de nos différentes échéances dans le calendrier de la mission que j’ai à effectuer.

Un dernier mot pour associer à toute notre réflexion du côté français les régions et notamment tout ce qui touche à la formation, à la qualification. C’est un sujet très important pour le développement économique. En France, un système de décentralisation applique la formation professionnelle. Il y a des moyens considérables pour les centres de formation d’apprentis, pour les lycées professionnels, pour les instituts technologiques, d’avoir des coopérations renforcées de territoire en territoire. Ce qui mobilise les élus locaux, ce qui mobilise les entreprises locales et vient prolonger les efforts des entreprises et permet aux entreprises d’avoir des collaborateurs qualifiés. Et nous voulons avec les autorités françaises associer les territoires à cette dynamique entrepreneuriale.

En conclusion, je voudrais vous dire qu’on avance bien et que l’avenir est un avenir de réussite, y compris pour le mois de décembre et je l’espère bien au-delà. Merci.

Question sur l’accord entre Sonatrach et Total pour la construction d’une usine de vapocraquage

Réponse de M. Raffarin :

Sur ce dossier, je voudrai dire que j’ai vu le dossier bien évoluer et j’ai vu Sonatrach et Total être d’accord sur les études. Les négociations se poursuivent, mais je peux vous dire qu’aujourd’hui il y a une volonté de faire face à un certain nombre de complexités, compte tenu de l’importance de l’investissement qui se compte en milliards de dollars, et donc nous avons là forcément des sujets difficiles.

Sur la question du 49/51, je voudrais vous dire que j’invite les entreprises françaises à venir en Algérie en respectant les règles de l’Algérie. Ce n’est pas à nous d’avoir une appréciation. Ce que je constate, c’est que les entreprises s’adaptent lorsqu’elles veulent réussir quelque part. L’Algérie réfléchit à sa législation comme la France réfléchit à la sienne, mais le fond de ma mission est que chacun respecte l’autre et donc les entreprises doivent respecter les souhaits des autorités algériennes quant à l’organisation de leur économie.

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publié le 05/03/2014

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