Inauguration du nouvel espace Campusfrance Alger- Allocution de L. Fabius [ar]

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Seul le prononcé fait foi

Monsieur le président de l’Assemblée populaire communale d’Hydra,
Mesdames et messieurs les représentants des ministères des affaires étrangères et de l’enseignement supérieur et de la recherche,
Monsieur l’ambassadeur,
Mesdames et messieurs les responsables et agents de l’espace Campus France,
Chers étudiants,
Mesdames et messieurs,

Je suis heureux d’inaugurer cet espace Campus France à l’occasion de ma visite en Algérie. Les relations entre nos deux pays, vous le savez, connaissent un renouveau depuis la visite d’Etat du Président de la République en décembre 2012. Il existe une volonté partagée de travailler ensemble et de nous rapprocher et la jeunesse constitue un domaine de coopération privilégié.

Ces locaux ont toujours été tournés vers l’échange et le partage du savoir. Ils abritaient auparavant la Petite école d’Hydra ; ils sont aujourd’hui dédiés à la mobilité étudiante et à l’enseignement du Français. Je me réjouis que ce nouvel espace Campus France propose un accueil d’une qualité exceptionnelle. La rénovation et les équipements sont remarquables et une attention particulière a été portée aux personnes à mobilité réduite. Ici se jouera pour de nombreux jeunes Algériens la première étape de leur mobilité universitaire. Je crois qu’elle commencera sous de bons augures, avec un tel cadre et les équipes de Campus France et de l’Institut français d’Algérie que je tiens à saluer chaleureusement.

La France souhaite accompagner les efforts de l’Algérie afin d’offrir à sa jeunesse un avenir à la mesure de ses attentes. Plusieurs chantiers ont été lancés : développer nos relations économiques pour accroître les opportunités d’emploi, moderniser nos programmes de coopération pour mieux répondre aux besoins des jeunes, faciliter les échanges entre les jeunesses française et algérienne. La rénovation de l’espace Campus France illustre concrètement notre engagement.

Côté français, notre action s’inscrit dans une politique d’ensemble en faveur de l’accueil et de la formation des talents étrangers. Chaque année, 300 000 étudiants internationaux viennent étudier en France et nous voulons que ce nombre augmente. Le Quai d’Orsay, à lui seul, consacre 70 millions d’euros pour permettre à près de 15 000 étudiants de venir en France. La raison de cet effort tient en peu de mots : en matière universitaire, comme dans d’autres domaines, l’excellence se nourrit de l’échange. Les meilleures universités sont celles qui sont les plus ouvertes sur le monde.

Cette politique générale s’applique tout particulièrement à l’Algérie, où la mobilité étudiante vers la France est une question majeure. 17 000 étudiants franchissent chaque année les portes des cinq espaces Campus France d’Algérie. 90% les jeunes algériens font le choix de la France pour leurs études à l’étranger. Les Algériens constituent la troisième communauté estudiantine en France, avec 22 000 étudiants. Autre signe de notre engagement : la coopération entre l’Algérie et la France dans l’enseignement supérieur et la recherche représente la première enveloppe bilatérale. Nous agissons notamment pour favoriser l’accès à l’emploi des jeunes diplômés algériens. Plus de 650 accords lient nos établissements d’enseignement supérieur. Nous en sommes fiers ; nous souhaitons continuer et encore améliorer ce partenariat.

Un trait d’union particulièrement fort nous relie : c’est la francophonie. Ce n’est pas un hasard si cohabitent en ces lieux l’espace Campus France et une partie du Département de langue française de l’Institut français d’Algérie. L’appartenance à cette grande famille de la francophonie est un atout majeur, y compris sur le plan économique. Une même langue facilite les échanges et a donc un impact positif sur la croissance et l’emploi. Une récente étude a montré que les échanges commerciaux induits par l’appartenance à l’espace francophone ont entraîné ces dernières années un supplément de PIB par tête de 6 % en moyenne dans les pays concernés. Une langue porte des valeurs, des habitudes, des pratiques.

En Algérie, le français, aux côtés de l’arabe et de l’amazigh, permet de communiquer, de raconter, de s’exprimer, de rêver. De grandes plumes algériennes ont navigué de l’arabe au français, du français à l’arabe, sans rien perdre de l’un ou de l’autre. On pense bien sûr aux « classiques », Kateb Yacine, Mouloud Ferraoune, mais également aux générations suivantes, comme Anouar Benmalek. Chacun à leur manière, ces écrivains ont fait vivre le français sans perdre leur identité. Je souhaite que chaque étudiant qui franchira le seuil de ce lieu d’accueil et de découverte puisse, en arabe et en français, y trouver une manière de contribuer aux multiples échanges qui rendent la relation entre la France et l’Algérie si dense et si vivante.

En faisant vivre le français, vous serez les acteurs d’un monde qui comprend que la diversité est une richesse.

Notre relation, c’est ma conviction, repose avant tout sur les liens humains exceptionnels qui nous unissent. Comme nous le montrons aujourd’hui au travers de ce bel établissement, la France souhaite maintenir et développer ces échanges. Nous adresser à la jeunesse, c’est croire à notre avenir commun.

Merci.

publié le 16/06/2014

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