Inauguration de l’usine d’alimentation animale SIM/SANDERS [ar]


Discours de M. Bernard EMIÉ
Ambassadeur de France
en Algérie

Inauguration de l’usine d’alimentation animale
SIM/SANDERS

Aïn Defla, mardi 20 octobre 2015

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Monsieur le Wali,
Monsieur le Président de l’Assemblée Populaire de la Wilaya,
Monsieur le représentant du Ministre de l’Agriculture, du développement rural et de la pêche,
Monsieur le Président-directeur général du groupe SIM, cher Abdelkader,
Monsieur le Directeur général, Monsieur le Secrétaire général du groupe AVRIL,
Mesdames et messieurs,

C’est un très grand plaisir pour moi d’être parmi vous ce matin pour inaugurer cette usine d’alimentation pour bétail, tellement emblématique d’un partenariat économique bilatéral d’exception. Ce projet, dont je félicite tous ceux qui ont permis sa réalisation, est majeur pour nos deux pays. Il est majeur pour la confiance qui existe entre nous. Il est majeur pour l’agriculture algérienne. Il est majeur pour le partenariat économique et agricole algéro-français. Laissez-moi vous confirmer qu’il sera évoqué par les ministres français et algériens des Affaires étrangères, de l’Industrie et de l’Economie lors du prochain Comité mixte économique franco-algérien, le COMEFA, qui va se tenir à Paris le 26 octobre prochain, dans quelques jours, et qui célèbrera les avancées de notre partenariat dans tous les domaines.

Car la relation algéro-française est une relation de partenariat « gagnant-gagnant » dynamique, efficace, productive, en initiative qui produit des résultats, et cette dynamique doit exister, toujours davantage aussi, dans les secteurs agricole et agro-alimentaire. A l’image d’ailleurs de la relation si attentive que porte notre gouvernement et notre ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane Le Foll, qui s’est rendu à de nombreuses reprises dans votre pays et qui a accueilli M. Nouri et je l’espère bientôt M. Ferroukhi en France pour accompagner vos ambitions et répondre à vos sollicitations. Car l’Algérie a en effet élaboré des plans ambitieux de développement pour sa filière animale, dans le domaine du lait, des viandes rouges, des viandes blanches, et cette ambition politique a fait émerger une très forte demande algérienne en équipement pour les élevages, en production d’aliments pour le bétail, mais également des besoins dans les secteurs industriels de la viande et du lait.

Ce secteur de l’élevage va occuper une place très importante dans la politique agricole algérienne dans les prochaines années. La capacité de l’Algérie à atteindre son autosuffisance dans ce secteur est naturellement pour elle une priorité absolue compte tenu des enjeux de sécurité alimentaire régionaux et dans le contexte plus global de demande croissante et de changement climatique que vous connaissez. Cette question de l’impact du changement climatique sur la sécurité alimentaire sera d’ailleurs l’un des points d’ancrage de la réflexion menée dans le cadre de la COP 21 qui se tiendra en décembre prochain à Paris et pour laquelle l’Algérie nous apporte tout son soutien ré-exprimé par les plus hautes autorités de l’Etat auprès de Mme Ségolène Royal le 3 octobre dernier.

L’alimentation du bétail constitue donc, avec l’irrigation, l’un des enjeux majeurs pour le développement de l’élevage en Algérie. L’Algérie est immense ! La zone sahélienne occupe 84% de ce magnifique pays. Mais la surface cultivée ne dépasserait pas 4 % du territoire. La production agricole fluctue régulièrement en fonction de la sécheresse. Ces dernières années, l’intensification des plantations fourragères a certes permis d’améliorer les rendements, mais le déficit persiste et pèse toujours sur la productivité de l’élevage. Cela se traduit par un recours encore trop massif aux importations de matières premières et de produits d’origine animale (viande rouge, lait).

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Or le développement de l’élevage à long terme et la baisse des importations dépendront en grande partie de la maitrise de l’offre locale en alimentation animale ! La production fourragère, insuffisante, doit donc être complétée par des céréales ou par des aliments composés eux même importés.

Notre coopération dans le dossier des céréales est majeure et je veux citer également le grand projet céréalier algéro-français, qui comporte un volet « fourrages » dans le sud du pays.

L’usine moderne que nous inaugurons aujourd’hui est la parfaite illustration que le train est en marche et que la France est à vos côtés. Les groupes SIM et AVRIL ont réussi à faire aboutir un projet industriel structurant d’une grande modernité. Structurant pour les filières animales en ce sens qu’il permettra à terme de contractualiser avec les agriculteurs désireux de fournir une matière première locale et renforcer ainsi le secteur amont de la filière.

Ce projet permet sur le plan économique de créer une capacité locale de production en matière d’alimentation animale, au plus près du marché et des besoins des éleveurs, et dans des conditions qui permettent d’améliorer l’ensemble des processus de production de la filière, et in fine la qualité du produit servi au consommateur algérien.

Je suis profondément convaincu du rôle que doivent jouer les opérateurs privés de part et d’autre pour relever les défis de la professionnalisation et de la modernisation de ce secteur prioritaire.

Notre partenariat dans le domaine de l’agriculture et de l’agroalimentaire déjà très engagé doit aller bien au-delà ! La France, grand pays agricole d’Europe, doit contribuer par son savoir-faire à la dynamisation du secteur en étant force de proposition, dans le domaine de l’élevage, où nous espérons que ce partenariat pourra prospérer et étendre ses effets modernisateurs sur l’ensemble de la filière.
Mais cela vaut aussi dans d’autres secteurs, comme celui des céréales par exemple. Se tient ainsi aujourd’hui même à Alger le grand séminaire annuel tenu par France Export Céréales, dont je tiens à rappeler les activités en matière de coopération et d’appui à la modernisation du secteur céréalier en Algérie.

Prenons exemple sur ce partenariat exemplaire entre SIM et AVRIL, deux grands opérateurs privés et reproduisons ce modèle aussi souvent que possible dans le secteur agricole, si prioritaire pour l’Algérie ! Les entreprises françaises seront au rendez-vous, car c’est sur elles d’abord que repose sur le long terme la réussite de notre partenariat.

Je vous remercie.

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publié le 26/10/2015

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