Goût de France : Discours de l’ambassadeur le 19 mars [ar]

Intervention de S.E. Bernard Emié
Ambassadeur de France en Algérie

« Goût de France »
Dîner

jeudi 19 mars 2015

Monsieur le Directeur général Europe,
Monsieur le Directeur général du Protocole,
Monsieur le Directeur général des Amériques,
Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Très chers amis,

Quel grand bonheur pour Isabelle et pour moi de vous accueillir ce soir à la Résidence pour partager tous ensemble un menu gastronomique à la française ! J’applique ce soir une instruction de mon ministre et ce n’est pas la plus difficile.

Cette instruction, effectivement, c’est une volonté de Laurent Fabius ministre des Affaires étrangères et du Développement International et qui inclut dans son portefeuille le commerce extérieur et le tourisme.

Nous organisons ce soir à sa demande, partout dans le monde, en coopération avec les plus grands chefs français, dans le cadre d’une opération coordonnée avec le chef mondialement connu Alain Ducasse, cette initiative Goût de France.

Aujourd’hui, dans le monde entier, 1300 dîners sont organisés dans toutes les Résidences des Ambassadeurs et des Consuls généraux Français dans le monde et dans toute une série de restaurants partenaires que nous avons sérieusement sélectionnés.

En Algérie, cette opération se déroule ce soir à Alger, à Oran, à Annaba, à Constantine, à Tlemcen, dans nos consulats généraux, dans nos instituts français et dans des restaurants algériens.

Ici à Alger, cinq restaurants ont été sélectionnés, avec Madame Nawel Amaoui, chef chez Air Algérie, et qui cuisine ce soir au Forestin. Vous avez aussi un grand chef qui s’appelle Farid Guerra, qui a été longuement formé en France, c’est un Franco-Algérien, qui a choisi de revenir en Algérie et qui cuisine au Ciel d’Algérie. Vous avez le chef Rémy Bidron, qui cuisine au Continental à l’hôtel Sofitel à Alger. Vous avez le chef Fateh Ben Harkat, qui est un jeune chef au Caracoya et vous avez le chef Ahmed Keddache, ayant officié dans plusieurs ambassades à Alger et qui est chef aujourd’hui au Relais de Paris.

Et Laurent Fabius, ce soir, a choisi d’inviter à Versailles tous les ambassadeurs étrangers en poste à Paris, dont mon collègue et ami, Amar Bendjama et sa femme.
L’objectif de cette opération est simple, c’est de mettre en valeur l’attractivité de la France, sa culture, sa gastronomie, dans le cadre d’« une diplomatie économique, touristique et gastronomique ».

« La gastronomie française fait partie de notre identité » souligne notre Ministre. Le repas à la française est d’ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Je parle aux spécialistes du tourisme autour de cette table, je pense à Sébastien Mary, je pense à Brigitte Lucien. La gastronomie est un pilier du tourisme et à mon avis des secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire en France comme en Algérie.

Nous avons autour de cette table de grandes personnalités dans le monde économique, cher Ali Haddad, cher Slim Othmani, cher Abdelkader Taïeb-Ezzraimi, cher Laid Benamor qui devait être parmi nous mais qui a été bloqué à Paris, autant de personnalités et d’industriels algériens dans le domaine de l’agroalimentaire, qui sont des partenaires majeurs pour la France. Nous entreprenons, Monsieur le président du FCE, de faire toujours plus dans ce secteur. Notre ministre de l’Agriculture est venu ici au mois d’octobre et votre ministre de l’Agriculture était à Paris, il y a quelques jours. Et donc je pense qu’il faut prendre très au sérieux ce que disait notre illustre chef Brillat-Savarin qui disait « La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent ».

Je pense qu’il vaut mieux méditer cette phrase, parce que la gastronomie est un vecteur de partage, d’échange, d’amitié et peut renforcer les liens d’amitié exceptionnels qui unissent la France et l’Algérie.

Alors par un hasard fortuit, la date qui a été choisie par Laurent Fabius en septembre 2014, recoupe l’histoire de l’Algérie, celle des accords d’Evian. De la fin du combat entre les Français et les Algériens. C’est une date qui marque la clôture d’un épisode très douloureux de la guerre d’indépendance. C’est un moment fondateur pour l’Algérie, mais aussi pour les relations franco-algériennes. Et le chemin qui a été parcouru depuis lors est remarquable. Je me réjouis de m’adresser aux directeurs généraux ici présents et je remercie mon ami le Directeur Général Europe pour la passion qu’il met dans la « nourriture » de cette relation bilatérale, cette relation qui est exceptionnelle depuis la visite d’Etat du président François Hollande, décembre 2012.

Nous avons décidé ensemble, je parle sous son contrôle, de regarder devant, plus haut, plus loin et avec la volonté de construire une relation exceptionnelle, au bénéfice de nos populations.

Alors, je me réjouis de cette alliance que forme ce soir le cuisinier diplomate pour promouvoir une France attractive, mais plus généralement pour promouvoir les valeurs du partage, de la générosité et des échanges.

Auguste Escoffier disait « L’art de la cuisine est l’une des formes les plus utiles de la diplomatie ». Et en témoigne d’ailleurs l’important travail que j’impose quotidiennement ici à mon intendant que je salue ici chaleureusement, Yves Laurent, à mon cuisinier, et ces agents de nos ambassades qui tiennent une place essentielle au sein de notre dispositif diplomatique.

Talleyrand, qui a été ministre des Affaires étrangères disait en ayant su s’entourer du génial Antonin Carême, considéré comme le fondateur de la gastronomie française, « Le meilleur auxiliaire d’un diplomate, c’est bien son cuisinier ».

En citant Talleyrand, je veux rendre hommage à Christophe Dié, le Chef de la Résidence de France, qui a cuisiné pour nous ce soir ce dîner qui j’espère vous plaira.

Ce grand chef est passé par les plus belles maisons de France et a appris auprès de Joël Robuchon pendant huit ans. Il a été dans les plus grands restaurants parisiens avant de rejoindre la Résidence de France en Algérie.

Alors merci à toutes celles et ceux de mon équipe qui ont permis cet événement et Yves Laurent, notre intendant qui a aussi travaillé à l’Elysée et à l’Hôtel Plaza Athénée. Nous allons laisser place à leurs talents. Nous aurons ce soir des plats qui ont été travaillés en liaison avec des collègues de Christophe Dié qui sont Algériens, à partir de beaucoup de produits du terroir algérien.

Alors je suis convaincu que le talent de Christophe va nous convaincre ce soir que, comme le disait le grand chef français Pierre Gagnaire, « nous pouvons rendre le monde meilleur avec la cuisine ».

Je vous remercie

publié le 25/03/2015

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