Entretien avec Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président [ar]

Cap sur la Conférence Paris Climat 2015

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Le public algérien vous a accueilli avec enthousiasme lors de votre visite en Algérie en février dernier, en particulier à l’occasion de votre conférence à l’Institut français d’Alger et lors de votre conférence de presse à la Villa Nedjma. Comment expliquez-vous cet engouement ?

Tout d’abord, je remercie l’Algérie pour son accueil, qui m’est allé droit au cœur ! A Alger et à Oran, j’ai en effet eu des contacts très chaleureux avec tous mes interlocuteurs. Le gouvernement algérien m’a très bien reçu et je l’en remercie.

Le public de l’Institut français d’Alger était venu nombreux pour échanger sur les enjeux qui me sont chers, en particulier le dérèglement climatique auquel nous devons collectivement faire face et trouver des solutions. J’ai reçu beaucoup de témoignage de sympathie et d’affection, y compris en me promenant dans les rues comme dans le quartier de la Casbah. Des femmes, des hommes, des adolescents me parlaient spontanément et cela m’a fait très plaisir !

Les liens entre le peuple algérien et le peuple français sont très anciens et très forts. Je sais que les Algériens suivent souvent l’actualité française ! Beaucoup connaissaient mon émission à la télévision. Ils ont peut-être suivi aussi mes combats politiques et écologiques. Ils savent que j’aime l’Algérie depuis longtemps ! J’étais très heureux de revenir en Algérie dans ma mission d’Envoyé spécial du Président de la République François Hollande.

Que retenez-vous de cette visite, notamment de votre participation à la conférence d’Oran et de vos rencontres avec les autorités algériennes ?

Cette visite était très importante et, je l’espère, productive. Je retiens d’abord, dans le cadre de la mission diplomatique qui m’a été confiée, une forte volonté d’ouverture et de dialogue entre nos deux pays pour étudier les solutions aux problèmes écologiques et climatiques qui touchent la planète.

C’est un point essentiel. Nous devons dialoguer sans relâche. Nos échanges vont continuer. Je voulais me rendre rapidement en Algérie, bien avant la conférence de Paris en décembre 2015. Nous sommes proches, par la géographie et par le cœur. Dans ma mission internationale, ce déplacement était naturel.

Grâce aux autorités algériennes, j’ai également pu rencontrer à Oran un nombre important de ministres venus de tout le continent africain et de personnalités qui s’étaient déplacées de loin pour travailler sur « l’économie verte » en Afrique.

Le développement des nouvelles technologies et des innovations sobres en carbone est en effet une chance à saisir pour le continent. L’économie « verte », dans l’énergie, les transports, le bâtiment ou l’agriculture, représente un potentiel considérable d’emplois et d’investissement pour toute l’Afrique. C’est l’avenir.

Comment évaluez-vous la préparation de la conférence Paris Climat 2015 (COP21) ?

Il s’agit d’une grande conférence internationale conduite par les Nations unies, à laquelle tous les pays du monde vont participer fin décembre 2015. Le rôle de la présidence française, puisque nous accueillons cet événement majeur pour la planète, est de créer les conditions d’un accord universel, à la fois sur le plan logistique (le centre de conférence qui devra accueillir plus de 50 000 personnes, les communications, la sécurité, l’approvisionnement…) mais aussi sur le plan diplomatique, pour que chacun se sente écouté et que l’intérêt général puisse se manifester, au profit de tous.

La France est très déterminée pour cela. Le Président de la République François Hollande y est personnellement engagé. Plusieurs ministres, notamment Laurent Fabius, Philippe Martin, Pascal Canfin y travaillent avec passion. Je salue aussi l’engagement de toutes nos équipes dans les ambassades, les consulats et les Instituts français dans le monde, qui agissent sur le terrain.

En Algérie, j’ai pu constater que le gouvernement était également convaincu de l’importance de cette échéance de décembre 2015, tout comme les wilayas, les entreprises et les associations algériennes. C’est fondamental : pour réussir la COP 21, nous aurons besoin de la mobilisation de tous !

publié le 23/04/2014

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