Entretien avec Kamel Daoud [ar]

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Kamel Daoud, Vous êtes chroniqueur au Quotidien d’Oran mais aussi romancier. Qu’est-ce qui vous a conduit à l’écriture ?

Il faudrait poser la question dans l’autre sens ! J’ai toujours voulu écrire, et j’ai choisi le métier de journaliste et de chroniqueur parce que c’était celui dont la proximité avec la littérature me semblait la moins frustrante.

Votre premier roman, Meursault, Contre-enquête, a été récompensé par plusieurs prix littéraires dont le Prix François-Mauriac de l’Académie française et le Prix des cinq Continents de la francophonie. Quelles sont, selon vous, les raisons de ce succès ?

Je ne peux pas parler à la place de mes lecteurs. Cela signifie peut-être que l’histoire franco-algérienne reste porteuse de sens tout en étant encore en attente d’exploration et d’écriture. Cela veut dire aussi que l’œuvre de Camus reste un champ de réflexion et d’interrogation. Lire un Algérien qui reprend l’œuvre de Camus non pas pour la démanteler mais pour mieux l’habiter, cela intéresse les lecteurs.

Vous êtes devenu cette année, notamment avec la grande aventure du prix Goncourt, l’un des romanciers les plus en vogue du monde francophone. Qu’est-ce qui vous touche particulièrement dans la langue française ?

Le fait que ce soit une langue qui m’appartient malgré ou à cause de l’histoire. C’est une langue à laquelle j’ai accédé comme autodidacte, en l’apprenant tout seul à partir de neuf ans. Cette langue porte en elle non seulement l’histoire de nos deux pays, mais aussi mon histoire personnelle.

publié le 16/12/2014

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