Discours de l’ambassadeur à l’occasion de la réception des CCEF [ar]


Discours de M. Bernard EMIÉ
Ambassadeur de France en Algérie

Réception des Conseillers du Commerce extérieur de la France des pays du Maghreb

Alger, jeudi 1er octobre 2015

Messieurs les Présidents,
Cher Alain Bentejac,
Cher Jean-Jacques Santini,
Mesdames et Messieurs les Conseillers du Commerce extérieur de la France,
Mesdames et Messieurs les hommes d’affaires algériens,

Je suis heureux de vous accueillir à la Résidence des Oliviers et de vous souhaiter la bienvenue dans cette Résidence chargée d’histoire que nombre d’entre vous connaissent bien, à l’orée de cette réunion régionale des CCEF dont je mesure toute l’importance. Je voudrais saluer chaleureusement ceux d’entre vous qui nous arrivent du Maroc, de Tunisie, et du sud de la France : votre présence ici, sur le sol de l’Algérie, marque le prix que vous attachez, que nous attachons tous au développement des relations économiques régionales, et l’intérêt que la France y trouverait tout comme ses partenaires du Maghreb. Je sais que nos amis algériens ici présents, qui représentent le meilleur du secteur privé dans ce pays, comme vos collègues de la section Algérie des Conseillers du commerce extérieur de la France, s’associent à moi dans ces vœux de bienvenue.

Le redressement de notre commerce extérieur est l’une des priorités de notre gouvernement. C’est une action qui concerne l’ensemble de notre politique économique, parce qu’elle est d’abord le redressement de notre compétitivité. Elle doit mobiliser toutes nos forces à l’international, celles des entreprises, bien entendu, mais aussi celles de l’Etat : il doit mettre ses moyens, ceux de ses réseaux à l’étranger, au service de cette ambition de façon plus efficace, pour mieux appuyer, soutenir les démarches entrepreneuriale et commerciale de nos opérateurs. C’est la diplomatie économique encore relancée par Laurent Fabius qui en a fait une priorité absolue de ses Ambassadeurs.

A ce titre, au travers de votre mandat de conseiller du commerce extérieur de la France et de vos actions bénévoles au service du développement des échanges internationaux de la France, grâce au Volontariat International en Entreprise (VIE) (dont nous espérons pouvoir relancer la formule prochainement en Algérie) et de l’attractivité du territoire français, vous êtes des maillons essentiels de notre équipe de France à l’export. Je tiens à remercier ici le rôle précieux de conseil que joue la section Algérie des CCEF. Votre retour d’expérience et de terrain est fondamental pour mes équipes et pour moi à la compréhension de l’Algérie dans toutes ses dimensions.

La décision a été prise l’an dernier par le président de la République et le gouvernement de rattacher les compétences relatives au Commerce extérieur au Ministre des Affaires étrangères et du Développement international afin de mieux coordonner notre action, et de promouvoir une diplomatie économique de plein exercice. Un ambassadeur, c’est d’abord, aujourd’hui, le premier soutien des entreprises. C’est ainsi que j’entends la tâche qui m’est confiée, et c’est ainsi que je m’efforce de la remplir.

Ceci se fait bien entendu en liaison étroite avec les services du Ministère de l’Economie, à commencer par la Direction générale du Trésor dont je tiens à saluer les représentants ici présents, et à souligner la compétence, le dévouement et le sens du service public.

Mais l’Etat n’est qu’un soutien, un facilitateur, un catalyseur aussi. C’est vous, acteurs de notre vie économique, qui êtes au cœur de cet effort. Vous représentez, au sens le plus fort du mot, le tissu économique de notre pays dans sa variété, son inventivité, tel qu’il se déploie à l’international. Redresser notre commerce extérieur, c’est vous qui le faites, les premiers. Dans une économie ouverte, comme l’est l’économie française, un tel effort passe par la dynamisation des exportations, plus que par des tentatives de faire baisser les importations. Ce n’est pas par le protectionnisme qu’une économie peut décoller, mais par la volonté de s’affirmer toujours davantage à l’international.

Cette volonté dont vous êtes l’incarnation, vous qui travaillez aussi bien pour des multinationales qui ont construit leur succès sur cette internationalisation, que pour les PME que vous avez fondées, que vous avez implantées sur des marchés qu’il fallait conquérir à force d’intelligence, de ténacité et d’adaptation.
D’où notre travail en Algérie : co-production ; co-localisation ; production sur place ; investissements (Renault, PSA, Sanofi, Bel, Roullier demain et bien sûr B.N. P. P. et Société générale).

La solidarité entre nous et entre vous, est essentielle. Elle s’exprime par le portage, que nous souhaitons développer, des PME par les grands groupes.
Cette solidarité doit s’exprimer plus que jamais face aux difficultés que connaissent nos entreprises, telles que nous les rencontrons aujourd’hui en Algérie. Nous devons enfin raisonner globalement, et non à l’échelle d’un marché isolé. C’est là tout l’intérêt de la réunion qui vous amène à Alger ces jours-ci.

Je voudrais ici me tourner vers nos invités algériens. Le choix que nous avons fait dans le cadre de nos relations bilatérales est celui d’un partenariat productif de long terme, qui s’appuie sur des accords de co-localisation. Nous pourrions en dire autant de notre stratégie au Maroc et en Tunisie : ces trois pays sont aujourd’hui au cœur d’une vision de co-développement de la Méditerranée occidentale prise comme un ensemble, qui est l’un des axes majeurs pour l’avenir de notre économie.

Ce que je voudrais souligner, et qui est spécifique à l’Algérie en raison de la structure de son économie, c’est l’importance que nous donnons dans ce cadre aux partenariats avec les entreprises privées. Nos invités venant du Maroc et de Tunisie savent le rôle du secteur privé local dans la construction de ces partenariats car leur histoire économique n’est pas la même. C’est une compréhension qui se fait aujourd’hui, plus tardivement, en Algérie, grâce au dynamisme dont vous faites preuve en matière de création de richesses et d’emploi. Ce sont avant tout ces partenariats privés que nous cherchons à promouvoir en priorité en Algérie. C’est sur eux que nous pourrons bâtir demain, de vrais partenariats régionaux, transmaghrébins, qui seront les prémisses de votre intégration régionale – et où les entreprises françaises auront toute leur place, en tant que catalyseurs.

Je vous souhaite des travaux très productifs et utiles.
Je vous remercie./.

publié le 05/10/2015

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