Goût de France : événement international le 19 mars [ar]

Intervention de S.E. Bernard Emié
Ambassadeur de France en Algérie
Présentation à la Presse de l’opération « Goût de France »

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C’est avec grand plaisir particulier, gourmand même, que je vous présente aujourd’hui l’évènement Goût De France, une opération inédite qui aura lieu partout dans le monde le 19 mars prochain.

Cette initiative qui a été lancée par Laurent Fabius ministre des Affaires étrangères et du Développement international et le chef mondialement connu Alain Ducasse permettra l’organisation sans précédent de 1.300 dîners gastronomiques français simultanément partout dans le monde. Pour ce faire ont été sélectionnés, dans tous les pays, des chefs qui, chacune, chacun, cuisineront dans leur restaurant un repas à la française.

L’Algérie, réputée pour sa maîtrise de la cuisine en général et de la cuisine française en particulier, aura toute sa place dans cette opération innovante. Je suis très heureux de vous présenter aujourd’hui les chefs algériens retenus :

  • Madame Nawel AMAOUI, chef chez Air Algérie, qui va cuisiner au Forestin à Hydra
  • M. Fateh BEN HARKAT, jeune chef du Caracoya, Alger
  • M. Rémy BIDRON, qui s’est illustré dans de grandes adresses partout dans le monde et qui est désormais au Sofitel, au Continental
  • M. Ahmed KEDDACHE, habitué aux réceptions diplomatiques puisqu’il a été le chef de mon collègue japonais pendant de nombreuses années, aujourd’hui chef au relais de Paris.
  • Farid GUERRA, formé aux meilleures tables en France et notamment à Grenoble, vous recevra au restaurant Meskaline avant d’ouvrir son propre restaurant prochainement près de la Grande Poste.

Ces chefs, à qui vous pourrez poser ce soir toutes vos questions, ont été sélectionnés pour proposer au public algérien un repas gastronomique dans leurs restaurants respectifs le 19 mars au soir. Ces repas seront payants – je tiens à le préciser afin que tout le monde n’arrive pas chez vous en pensant qu’il y a dîner gratuit - mais ces restaurants sont naturellement largement ouverts au public.

J’invite donc tous les amoureux de la cuisine à se rendre le jeudi 19 mars dans un de ces excellents établissements et de se joindre à tous les gastronomes qui, sur toute la planète, dégusteront au même moment un repas à la française.

J’ai d’ailleurs demandé aux chefs de service ici présents de venir s’attabler dans ces restaurants, instruction qu’ils ont d’ailleurs accepté avec enthousiasme ! Le même soir, au château de Versailles, Laurent Fabius invitera la totalité des ambassadeurs des pays étrangers en poste à Paris.

Mais je souhaite aussi mentionner ce soir un autre chef remarquable, celui de la Résidence de France, M. Christophe Dié, qui ravit quotidiennement les papilles des milliers d’invités de la résidence de France chaque année, et que vous connaissez peut-être déjà à travers les recettes qu’il vous propose chaque mois sur le site internet et la page Facebook de l’ambassade de France. Christophe Dié est passé par les plus grandes maisons en France et a appris dans les plus grands restaurants étoilés, notamment chez Joël Robuchon mais aussi chez Marc Meneau et Alain Senderens parmi d’autres.

Il a été récompensé il y a quelques années du premier prix Max Cartier, et lui aussi va travailler ce soir-là car il fera à la résidence de France à Alger un grand dîner gastronomique auquel j’ai invité un certain nombre de personnalités algériennes qui j’espère répondront positivement. Vous pourrez prendre la mesure de son talent en dégustant quelques petites choses qu’il vous aura fait après cette conférence de presse.

Mais la ville d’Alger ne sera pas la seule ville d’Algérie à être concernée car il y a aussi quatre autres villes dans le pays où il y aura des événements :

  • A Oran, le Consul Général organisera un dîner concocté par son chef, le jeune et prometteur Abdelhakim Mehdi, qui est ici quelque part et qui travaille en ce moment aux côtés de Christophe Dié.
  • A Annaba, la résidence du Consul Général accueillera aussi un repas gastronomique.
  • A Constantine, le chef bordelais Jean-Pierre Xiradakis (du restaurant La Tupina) sera aux fourneaux de l’Institut Français.
  • A Tlemcen, le chef Jean-Marc Larrue viendra d’Avignon (restaurant les Jardins de la Tour) officier dans les cuisines du Restaurant Ambiance avec la complicité de l’Institut Français.

Je vous ai tout dit sur les lieux où vous allez pouvoir venir participer à cet événement du 19 mars.

Vous allez me dire : pourquoi cette initiative, outre la passion bien connue des Français pour la gastronomie ? Et bien parce qu’elle est pour nous l’occasion de mettre en valeur la richesse de la France, dans un esprit de partage et de convivialité. Parce que, comme l’a dit le ministre Laurent Fabius, « la gastronomie française fait partie de notre identité », parce que « cette gastronomie est l’une des meilleures et peut-être la meilleure du monde, en tout cas que nous sommes fiers d’elle et que cela fait donne une image positive de la France. »

Vous savez peut-être que le repas gastronomique français est inscrit au patrimoine mondial UNESCO, car il constitue une des plus belles illustrations de la culture, du savoir-faire et du génie français. C’est un véritable art, dans lequel nos chefs ont développé depuis des siècles une véritable excellence, alliant tradition et modernité.

Mais c’est aussi un gage de dynamisme, et un véritable atout économique. La richesse de la gastronomie est un des piliers du tourisme, que ce soit en France ou en Algérie. J’ai pu moi-même mesurer l’étendue de la richesse de votre cuisine, depuis la richta, ici à Alger, la pastilla à Tlemcen, la chakchouka à Annaba, ou les extraordinaires dates de Biskra. Les nombreux chefs français qui travaillent dans de grands hôtels algériens, notamment en partenariat avec de grandes chaînes hôtelières françaises comme Accor, Mercure ou Le Méridien peuvent en témoigner.

Mais la cuisine est aussi un art lié à la qualité de nos filières agricoles et agroalimentaires, et je me réjouis de la présence aujourd’hui parmi nous de nombreux représentants de ces filières dont la filière viticole - et quand je suis allé dans l’Ouest algérien j’ai eu à cœur de visiter des vignobles algériens et des caves algériennes qui sont tout à fait remarquables.

La qualité de tous ces produits est inscrite dans un art de vivre respectueux de l’environnement et de la santé publique.

L’agro-alimentaire est d’ailleurs un secteur dans lequel nous avons une coopération très importante avec l’Algérie, avec une volonté forte de transfert de savoir-faire. On a eu des visites très récentes ici, trois visites, du ministre français de l’agriculture, Stéphane Le Foll, et votre ministre de l’agriculture est allé très récemment à Paris pour le salon de l’agriculture.

Mais il ne s’agit pas naturellement de parler que de la France. Il s’agit aussi de partage et de découverte. Et quel meilleur vecteur que la cuisine ? Auguste Escoffier disait avec justesse : « L’art de la cuisine est l’une des formes les plus utiles de la diplomatie » et Talleyrand, dont on dit toujours qu’il fut le maître de la diplomatie, longtemps ministre des affaires étrangères, qui avait su s’entourer du génial Antonin Carême, considéré comme le fondateur de la gastronomie française, disait que « Le meilleur auxiliaire d’un diplomate, c’est bien son cuisinier ».

Au XXIe siècle, la cuisine française ne s’impose pas de façon hégémonique sur la scène culinaire mondiale : elle se marie avec les traditions culinaires du monde. C’est le cas notamment pour les cuisiniers qui participent à l’opération Goût de France. Et je les remercie parce qu’ils sont des cuisiniers qui font admirablement la cuisine française mais ils sont aussi des Algériens, des Algériennes, des Français, et ils ont le talent de marier ces différents cuisines pour notre plus grand plaisir.
On dit chez nous que la table est l’entremetteuse de l’amitié.

Et bien je crois que c’est plus que jamais le cas ce soir. Les chefs algériens ici présents constituent, par la maîtrise de l’art gastronomique français, un trait d’union, un extraordinaire pont, entre l’Algérie et la France.

Ils contribuent à la richesse de cette relation sans pareille qui unit nos deux pays, qui partagent tant de liens culturels, historiques, mais aussi culinaires et gastronomiques. Et si le couscous algérien est le plat le plus servi aux écoliers français, le café crème avec croissant est sûrement l’un des petits déjeuners favoris des Algérois.

Ce sont aussi ces choses simples de notre vie quotidienne qui donnent à notre relation bilatérale toute son importance, toute sa portée, toute son originalité, toute sa force. Et font de l’Algérie et de la France des partenaires naturels, liés par l’amitié et la complicité.

Laissez-moi donc remercier chaleureusement nos amis les chefs, et de façon plus générale tous les membres de cet extraordinaire corps de métier qu’est l’hôtellerie, la restauration, pour leur présence ici.

C’est une très belle profession que vous exercez, une profession pleine de générosité, une profession très exigeante, et je me réjouis de l’alliance que vous formez aujourd’hui avec le corps des diplomates : elle a beaucoup de sens ! Ce n’est pas pour rien que Brillat-Savarin disait « La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent ».

Et maintenant, place à la gastronomie française, à sa générosité, à sa qualité, et je souhaite que chacun d’entre vous sorte convaincu de cette réception, et ensuite des dîners du 19 mars, où je vous invite vous chers amis algériens, à vous rendre en masse et, comme le disait le grand chef Pierre Gagnaire, on peut rendre le monde meilleur avec la cuisine.

publié le 12/04/2015

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