Discours de l’Ambassadeur Bernard Emié au lancement de l’opération Goût de France 2017 [ar]

Intervention de M. Bernard EMIÉ
Ambassadeur,
Haut Représentant de la République Française en Algérie


Conférence de Presse « Goût de France »


Alger, dimanche 12 mars 2017, 12 h 00


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Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un grand plaisir de vous présenter la troisième édition de l’opération Goût de France, qui aura lieu le 21 mars 2017 en Algérie comme partout dans le monde.

Depuis trois ans, sous l’impulsion de notre Ministère et d’abord de Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères et du Développement international qui a intégré le portefeuille du tourisme au MAE, nous donnons toute sa force à ce mot qu’un immense spécialiste de la gastronomie, Brillat-Savarin, écrivit en 1825 : « la destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent ». Cette conviction partagée par notre ancien ministre Laurent Fabius et nous a amené, à servir chaque 21 mars un dîner « à la Française » à plus de 200 000 convives dans presque 3000 restaurants participants dans le monde. L’objectif de cette opération est de porter haut et fort les couleurs de notre cuisine, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec un message d’ouverture et d’excellence.

Ici à Alger, l’opération Goût de France vous est désormais familière. Peut-être avez-vous déjà lu ou entendu parler ces derniers jours du concours « Mon goût de France » qui remporte un franc succès sur les réseaux sociaux. Soucieux de valoriser le syncrétisme culturel qui caractérise la relation franco-algérienne, mon ambassade a en effet organisé un concours photo du meilleur plat franco-algérien. Plus de 300 personnes ont déjà voté pour leur photo de plat préféré, parmi lesquels le « poulet fermier à la lavande sauvage » ou le « ratatouille-tajine » sans parler du « couscous aux escargots ».

Forts de ce succès, je suis ravi de vous présenter la troisième édition de l’opération Goût de France souhaitée par le ministre actuel, Jean-Marc Ayrault, et de vous dévoiler les noms des chefs algériens, rassemblés autour de moi, sélectionnés pour l’occasion par un jury international de chefs :

  • M. Mustafa Djerrah, qui nous vient de Tizi Ouzou, qui régalera les convives du restaurant « l’Algeria », restaurant participant pour la deuxième fois et où j’ai eu le plaisir de déjeuner l’an dernier lors de ma visite officielle à Tizi-Ouzou ;
  • M. Abderrazzak Djouzi, chef du nouveau et très bon restaurant Bardo, qui m’a-t-on dit, servira le 21 mars un filet de bar et un dos de dorade ;
  • M. Ahmed Keddache, pour sa deuxième participation, mais dans un nouveau restaurant, puisque cette fois-ci il sera aux commandes des cuisines du « Midnight » à Dely-Brahim à Alger ;
  • M. Abdeljalil Slimani, notre vétéran puisqu’il a été sélectionné trois fois, qui cuisinera français cette année dans les cuisines de la Grotte des Saveurs, situé en plein cœur d’Alger près du tunnel des Universités ;
  • M. Fateh Benarkat, chef à la Véranda, au bois des Arcades, qui participe pour la première fois ;
  • M. Mustapha Mechri, qui n’a malheureusement pas pu se joindre à nous, est le chef de cuisine de l’Entracte, restaurant dirigée par la talentueuse Odile Bennai que je salue chaleureusement ;

Ces chefs soigneusement sélectionnés auront à cœur de vous servir le 21 mars un menu « à la française ».

Mais au-delà, d’autres chefs à travers toute l’Algérie participeront à l’opération, sélectionnés par la prestigieuse association « Le collègue culinaire de France ».

Cette association, fondée en 2010 par le grand chef Alain Ducasse, mais aussi d’autres chefs étoilés, s’attache plus particulièrement à diffuser des techniques culinaires françaises. A ce titre, le chef bordelais Jean-Pierre Xiradakis avait conduit l’année dernière une délégation de cinq chefs qui avait organisé un riche et appétissant programme, avec des conférences culinaires et des repas servis dans les cinq villes où l’Institut Français est présent (Tlemcen, Oran, Alger, Constantine, Annaba). Ils avaient également sélectionné un petit groupe de cuisiniers algériens très prometteurs pour des stages en France dont certains sont représentés ici, et sont revenus ravis.

Cette année les chefs du Collège Culinaire sont une nouvelle fois présents, et encore plus nombreux puisqu’ils seront huit en tout ! Ils donneront, dans chaque antenne de l’Institut, une conférence gastronomique. Puis ils offriront un dîner à une sélection d’invités de haut niveau, avec la complicité de plusieurs chefs travaillant en Algérie soigneusement sélectionnés et que je souhaite également mettre à l’honneur :

  • À Alger, Giuseppe Mosti et Hamid Kara au restaurant du très bel et prestigieux hôtel Sofitel Hamma Garden recevront Jean-Pierre Xiradakis et Franck Audu ;
  • À Annaba, Kais Hamami accueillera Thiery Hainaut au restaurant excellent de l’hôtel Sabri où j’ai dîné récemment ;
  • À Constantine, Amine Mansour Bounab, ici présent, lauréat de notre programme de formation Goût de France 2016, fera une place dans les cuisines du Novotel, excellent établissement du groupe ACCOR, au chef étoilé Yannick Duc ;
  • À Oran, Fayçal Habbi et Youcef Boulala ouvriront les cuisines du prestigieux restaurant les Ambassadeurs à l’hôtel Royal à Julien Cruège.
  • À Tlemcen, Hadj Miloud Toula, chef à l’hôtel Renaissance que j’ai également fréquenté, également lauréat de notre programme Goût de France 2016, accueillera Gaetan Cossoul et Allan Duquesne.

Et enfin, moi-même je recevrai ici à la résidence de France une cinquantaine de convives pour un dîner concocté par mon chef Christophe Dié, pour qui j’ai énormément d’estime, c’est un Chef très talentueux qui enchante quotidiennement les nombreux invités de la Résidence, et que vous connaissez déjà à travers les recettes qu’il vous propose chaque mois sur le site internet et la page Facebook de l’Ambassade de France. Christophe Dié est passé par les plus grandes maisons et a appris dans les plus grands restaurants français, notamment chez Joël Robuchon pendant 8 ans, mais aussi avec Marc Meneau, Alain Senderens, Alain Reix, Eric Lecerf et Philippe Braun. Notre grand chef, récompensé il y a quelques années du premier Max Cartier, cuisinera également le 21 mars, un dîner de haute volée à la Résidence. Pour l’occasion, il travaillera en duo avec Ludovic Thomazeau, cuisinier de la République, qui nous viendra tout spécialement de France. Nos consulats généraux, à Oran et Annaba, offriront aussi des dîners de prestige.

Vous le voyez c’est un programme très ambitieux, et tout cela ne serait pas possible sans le soutien actif et amical de plusieurs partenaires, parmi lesquels je souhaite remercier tout spécialement Air France, sponsor de l’opération partout dans le monde et ici en Algérie et je salue chaleureusement son directeur pour l’Algérie, Jean-Louis Prades.

Je veux rappeler ici l’importance que revêt pour moi la gastronomie, comme élément essentiel d’échange et de concorde entre nos deux pays. Le succès populaire et inattendu de notre concours de recettes en témoigne : cuisines algérienne et française s’entremêlent et s’influencent plus qu’ailleurs. Le fondant au chocolat et la tarte au citron occupent toujours ici une place considérable dans les menus, tandis que le couscous est depuis longtemps devenu un plat national en France. Je ne reviendrai sur le nombre important de grands chefs français qui travaillent ici en Algérie, mais il s’agit tout de même d’une preuve incontestable de ce lien culinaire qui s’ajoute à tant d’autres. Quoi de plus important que de partager des goûts communs pour les bonnes choses !

Alors à la veille de cette nouvelle édition de l’opération « Goût de France », laissez-moi remercier chaleureusement nos amis les Chefs, et de façon plus générale tous les membres de ces beaux corps de métier que sont l’hôtellerie et la restauration. C’est d’ailleurs un domaine important de notre coopération alors que le tourisme est devenu une priorité en Algérie et que de nombreux opérateurs français sont présents ici, depuis Air France bien sûr, jusqu’à ACCOR et tant d’autres. C’est une profession magique que vous exercez, une profession dure mais une profession généreuse, une profession exigeante, et une profession qui se marie si bien avec celle de diplomate, chargée de représenter la France. Talleyrand estimait que le meilleur auxiliaire d’un diplomate est son cuisiner, et je tiens de nouveau à rendre hommage au grand chef Christophe Dié, mais aussi à notre remarquable intendant, l’homme-orchestre, Vincent Ruyer et à toutes leurs équipes, qui font le prestige de cette résidence. Je suis également convaincu que la gastronomie est un langage universel, avec ses valeurs, que sont le partage et la convivialité. Le grand Alain Ducasse a bien raison lorsqu’il dit : « La cuisine française est une cuisine humaniste ».

Voilà, Mesdames et messieurs, ce que je voulais vous dire aujourd’hui. Et nous sommes maintenant avec les chefs présents, disponibles pour répondre à vos questions.

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publié le 14/03/2017

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