Discours de l’Ambassadeur Bernard Emié à la cérémonie de remise des diplômes de l’ESAA [ar]

Intervention de M. Bernard Emié,
Ambassadeur, Haut Représentant de la République Française en Algérie

Cérémonie remise diplômes ESAA

Monsieur le Président du Conseil d’Administration de l’ESAA, Cher Laïd Benamor,
Mesdames, Messieurs les Membres du Conseil d’Administration,
Mesdames et Messieurs les représentants des entreprises algériennes, françaises, patron de la Seaal, patron du CEIMI, bien d’autres ici présents
Monsieur le Directeur Général de l’ESAA, cher Patrick Micheletti,
Mesdames et Messieurs les Professeurs, Représentants des universités, grandes écoles françaises, partenaires de l’Ecole supérieure algérienne des Affaires
Mesdames et Messieurs les Membres des familles des diplômés,
Chers Diplômés,

C’est à la fois un plaisir et un honneur pour moi de participer pour la 2ème fois à cette cérémonie de remise des diplômes aux étudiants de l’École supérieure Algérienne des Affaires.
C’est un plaisir de se retrouver dans ces lieux, dans cette école, née d’une volonté politique, d’une vision de deux présidents : Jacques CHIRAC et Abdelaziz BOUTEFLIKA, qui en 2003 voulurent créer ici à Alger une école de gestion et de management du plus haut niveau possible, une école destinée à devenir la référence, non seulement en Afrique du Nord, mais dans toute l’Afrique.

Une école portée en partenariat avec les plus grandes écoles et universités françaises : HEC, ESCP Europe, Kedge Business School, la CCIMP (la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille-Provence), les universités de Lille, de Lyon, une école ouverte sur le monde et destinée à préparer la jeunesse algérienne à l’exercice de ses responsabilités ici en Algérie, mais aussi partout dans le monde.

L’ESAA est une école qui a évolué en 2016 avec la signature le 10 avril dernier, au cours d’une rencontre de nos deux Premiers ministres du Comité Intergouvernemental de Haut Niveau, d’un avenant à l’accord fondant l’école de 2004, qui nous a permis de moderniser le fonctionnement de l’ESAA pour la rendre plus efficace, et qui va nous permettre de revoir son organisation pour répondre aux critères qualitatifs d’une accréditation internationale.

Par ailleurs, l’Ecole Supérieure Algérienne des Affaires doit être plus que jamais un lieu de rencontres et de débats, où les plus grands noms du monde économique, de la finance et des affaires pourront débattre de tous les sujets. Une année au cours de laquelle aussi, après Loïc Maherault, à qui je souhaite rendre hommage pour son travail, nous avons accueilli un nouveau Directeur Général, le Professeur Patrick Micheletti, que je salue chaleureusement et à qui je souhaite beaucoup de succès dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, que le Conseil d’Administration lui a fixées pour son mandat.

JPEG

Et cette année, nous avons aussi créé un nouvel espace d’échanges pour rester tous ensemble connectés : association des anciens élèves de l’ESAA. Je salue sa présidente et j’incite naturellement tous les diplômés de ce jour à devenir tout de suite membre de cette association. Mais au-delà, nous avons lancé avec le Professeur, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche algérien et la ministre française de l’Education nationale et de la Recherche, une plateforme France Alumni Algérie, qui nous permet de valoriser en Algérie les anciens élèves du réseau de l’enseignement supérieur français, et de maintenir un lien entre tous ceux qui ont étudié en France ou dans des structures liées à la France comme l’ESAA. Il s’agit pour nous de constituer non seulement un réseau d’influence mais aussi un vivier de partenaires sur place pour les entreprises françaises et algériennes afin de mieux partager nos expériences.

C’est aussi un honneur pour moi de représenter la France en Algérie et d’être ici aujourd’hui pour vous dire combien ce partenariat d’exception entre nos deux pays, voulu par le Président Bouteflika et le Président Hollande, est une responsabilité de chaque instant, pour développer dans tous les domaines une relation exceptionnelle forgée par l’histoire, une relation passionnante, passionnelle, passionnée, jamais banale pour reprendre les termes du Président Bouteflika, et imprégnée de ces relations humaines si riches et égales à nulle autre, pour l’Algérie comme pour la France. Et, chers élèves, par votre parcours au sein de cette école, vous contribuez et vous allez contribuer sans nul doute à cette relation franco-algérienne, à son dynamisme, à sa richesse et aussi à ses fondements sur le partenariat économique.

JPEG

Alors aujourd’hui, comme l’a dit le Président Benamor, se tourne une page dans votre vie. Pour beaucoup, les études supérieures vont céder le pas à la vie active, pour d’autres ces études supérieures ont été menées en parallèle d’une vie déjà active. Pour tous, c’est une nouvelle période d’exercice de responsabilités qui s’ouvre devant vous, c’est l’appartenance à une génération qui doit façonner de ses mains l’Algérie de demain dans son environnement régional plein de potentialités, mais aussi troublé. C’est une élite que vous représentez, et qui devra toujours davantage contribuer au développement de ce pays, et lui rendre aussi ce que ce pays lui a donné.

Je ne vous ferai pas ce soir un très long discours car je souhaite que vous regardiez avec moi un discours d’exception qui vient d’être prononcé il y a un mois par un des plus grands patrons français alors qu’il s’adressait à cette élite à laquelle vous appartenez désormais.

J’étais le vendredi 10 juin dernier sur le campus d’HEC à Jouy-en-Josas où ma fille recevait, comme vous aujourd’hui, un diplôme pour un master de management et droit international. L’invité d’honneur de cette cérémonie était Emmanuel Faber, le discret et profond PDG de l’une de plus grandes sociétés françaises mondiale, le groupe Danone, qui est d’ailleurs très présente en Algérie.
Et pour faire comprendre aux milliers de jeunes diplômés qui étaient présents, et qui représentent l’élite mondiale, le sens profond de la vie et l’importance de se fonder sur des valeurs essentielles, ces valeurs auxquelles Laid Benamor a fait référence, il prononça un discours plein d’humanité concernant son frère.

Alors, avant de regarder ce petit discours, je ne retiendrai qu’une phrase de ce discours qui tranche avec ce que l’on attend d’une grande voix mondiale du capitalisme. Je le cite : « Sans justice sociale il n’y aura plus d’économie ; les riches, les privilégiés, font monter des murs de plus en plus hauts mais rien n’arrêtera ceux quoi ont besoin de partager avec nous. Il n’y aura pas non plus de justice climatique sans justice sociale. »

Chers étudiants, je vous invite à regarder et à écouter ce discours et peut être ensuite à le méditer au moment où, grâce au succès de votre travail, grâce à vos efforts, grâce au sacrifice de vos familles, grâce à votre volonté, vous êtes maintenant des diplômés de la prestigieuse Ecole Supérieure Algérienne des Affaires.

Je vous remercie.

publié le 13/07/2016

haut de la page