Discours de M. Bernard EMIE à l’occasion du 14 juillet [ar]

Discours de M. Bernard EMIÉ, Ambassadeur de France en Algérie
à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet

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Monsieur Abderrahmane BENKHELFA, ministre des Finances, Monsieur Boudjema TALAI, ministre des Transports, représentant le président de la République et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chers collègues,
Monsieur le Consul général adjoint,
Mesdames et Messieurs les Conseillers consulaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations,
Messieurs les Anciens combattants,
Chers amis algériens,
Chers amis français, mes chers compatriotes,

C’est un grand honneur pour mon épouse et pour moi, de vous accueillir pour la première fois à la Résidence des Oliviers, dans ce lieu chargé d’histoire, pour notre Fête Nationale du 14 juillet. Merci à tous les présents qui, en cette période de Ramadan, entre la nuit du Destin et la nuit du Doute, nous font l’amitié d’être à nos côtés pour cette célébration. Merci tout spécialement à nos amis algériens qui témoignent de leur fidélité et de leur attachement aux liens si puissants qui existent entre nos pays. Ces liens si exceptionnels et singuliers qu’incarnent mieux que quiconque les anciens combattants algériens de l’Armée française dont une délégation est avec nous ce soir et que je salue chaleureusement et respectueusement. C’est l’occasion aussi pour moi de rendre hommage à la mémoire de Philippe Pagès, très remarquable haut fonctionnaire, directeur du service des Anciens combattants et victimes de guerre, décédé accidentellement et prématurément près d’Alger ce 12 juin.

Je souhaite d’abord remercier nos sponsors – dont la liste est affichée à l’entrée de la Résidence - sans lesquels cette réception ne pourrait pas être si belle, avec les meilleurs produits de France. Qu’ils reçoivent toute ma reconnaissance personnelle pour leur soutien à notre mission de faire rayonner la France en Algérie.

Ces dix premiers mois en Algérie, dans le cadre de cette mission exigeante et passionnante que m’ont confiée le président de la République et le gouvernement, ont été d’une très grande densité dans le droit fil de la dynamique imprimée par la visite d’Etat du président de la République de décembre 2012. Quel privilège pour moi d’avoir pu accueillir ici près de dix ministres français dont trois fois Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, et d’avoir préparé les visites d’autant de ministres algériens en France ! Quel privilège d’avoir organisé la visite du Premier ministre Sellal à Paris dans le cadre du Comité intergouvernemental de Haut niveau au mois de décembre 2014 ! Et quel privilège, bien sûr, d’avoir eu l’honneur d’accueillir le président de la République, François Hollande, il y a presque un mois jour pour jour, dans le cadre de cette visite de travail et d’amitié qu’il avait souhaitée pour entretenir la flamme de ce partenariat d’exception que le Président Bouteflika et lui-même ont décidé d’instaurer entre nos deux pays.

Messieurs les Ministres,

Cette relation franco-algérienne par son intensité, par l’histoire, la géographie, les liens humains, les échanges économiques, la langue en partage, est égale pour nous à nulle autre. C’est une relation unique, extra-ordinaire au premier sens du terme et qui nous oblige. Nous avons décidé ensemble de construire un avenir commun tellement différent du passé et en même temps, comme le dit le président de la République, en n’oubliant rien du passé. C’est pour cela qu’à la demande du Chef de l’Etat, le Secrétaire d’Etat chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire s’est rendu à Sétif fin avril pour s’incliner devant le mémorial de Saal Bouzid, le premier Algérien victime des massacres du 8 mai 1945. Aujourd’hui, nous regardons plus loin, et devant.

Au plan politique la confiance qui existe entre nos deux pays aura permis cette année un travail diplomatique exceptionnel pour parvenir à cet accord de paix au Mali, dans le cadre d’une brillante médiation algérienne que la France a pleinement soutenue. Elle aura permis d’unir nos efforts pour rechercher avec la communauté internationale un accord indispensable en Libye. Elle aura permis aussi d’unir nos forces dans la lutte contre le terrorisme, ce terrorisme qui a tant frappé l’Algérie au cours de la décennie noire, mais encore récemment et notamment avec le lâche assassinat de notre compatriote Hervé Gourdel à l’automne dernier. Ce terrorisme qui a frappé aveuglément cette Tunisie voisine et amie au Musée du Bardo et sur les plages de Sousse, mais aussi en Egypte, au Tchad, au Niger. Ce terrorisme qui a frappé la France le 7 janvier s’en prenant notamment à la liberté d’expression et à la liberté de la presse. Merci à l’Algérie d’avoir été solidaire et à nos côtés dans ce drame.

Main dans la main, épaule contre épaule, nous travaillons à pourchasser les coupables et à faire en sorte que ce phénomène insupportable soit éliminé.

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Mais au-delà, nous agissons pour la paix, la sécurité du monde et l’avenir des générations futures. Comme le dit le Président Hollande, la coopération franco-algérienne est bien en marche.

Elle est en marche dans le cadre de la préparation de la Conférence sur le climat, la COP 21, qui va se tenir à Paris en décembre prochain et dont l’enjeu est de parvenir à un accord pour endiguer le réchauffement climatique et laisser à nos enfants une planète moins folle.

Elle est en marche au plan économique avec le renforcement spectaculaire de notre partenariat gagnant-gagnant. Après les implantations de Renault à Oran et d’Alstom à Annaba, PSA prépare un projet d’usine en Algérie.

Elle est en marche avec près de 7 000 entreprises françaises qui exportent en Algérie et près de 500 qui y sont implantées, employant plus de 140 000 Algériens. Nous sommes fiers d’être redevenus en 2014 le premier fournisseur de l’Algérie avec une volonté d’investir localement et de produire toujours davantage sur place.

Elle est en marche avec une coopération culturelle, scientifique et universitaire toujours en croissance alors que nous accueillerons cette année plus de 23 000 jeunes Algériens poursuivant leurs études en France mais aussi avec près de 800 accords universitaires et plusieurs centaines de boursiers algériens en France.

Elle est en marche avec cette langue que nous avons en partage, pratiquée par plus de onze millions de personnes en Algérie.

Elle est en marche avec ces millions d’Algériens et de binationaux qui vivent sur notre territoire et ces quelques trente-cinq mille compatriotes représentés ce soir qui vivent et travaillent en Algérie, profondément attachés à cette terre. Ces compatriotes que je salue chaleureusement et que je remercie d’être des acteurs majeurs de la relation bilatérale. Ces compatriotes dont nous devons toujours faciliter les conditions de vie et de travail en Algérie.

C’est dire, messieurs les ministres, chers amis, chers compatriotes, combien notre plan de charge est élevé, combien nous avons du pain sur la planche, et du « bon pain » pour reprendre l’expression du Premier ministre Sellal, combien les mois qui viennent vont être denses pour nos relations.

Avec à l’automne, nombre de contacts de haut niveau et la perspective de ce troisième comité intergouvernemental de haut niveau, début 2016 qui sera l’occasion d’une nouvelle visite du Premier ministre français en Algérie. C’est dire combien cette relation forte, amicale, passionnée, passionnante, passionnelle aussi, mobilise toutes les énergies de l’Ambassade.

Personnels de l’Ambassade, de nos trois consulats généraux, de nos cinq Instituts français et du Lycée international Alexandre Dumas que je remercie pour leur dynamisme, leur efficacité, leur motivation, leur disponibilité sans faille.

Des hauteurs d’Alger jusqu’aux plaines de la Mitidja, de la baie d’Oran jusqu’aux mosquées de Tlemcen, des palmeraies de Biskra jusqu’aux dunes de Taghit, des ruines de Tipaza jusqu’aux basiliques de Notre-Dame d’Afrique, d’Hippone et de Santa-Cruz, j’ai déjà beaucoup sillonné ce magnifique pays, appris à mieux le connaître. J’ai appris à toujours mieux essayer d’y représenter la France. Cette France qui s’intéresse tant à l’Algérie. Cette France qui a montré le plus beau de votre pays par ces films extraordinaires de Thalassa intitulé « Algérie, la mer retrouvée » et celui de Yann Arthus-Bertrand « L’Algérie vue du ciel ». Cette France qui se veut l’amie, le partenaire de l’Algérie. Cette France qui aujourd’hui 14 juillet célèbre en Algérie, comme partout dans le monde, ces valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité que nous avons en partage. Cette France qui, en ce jour de Fête Nationale, par ma voix, souligne l’importance majeure de notre partenariat avec les responsabilités régionales et internationales qui sont les nôtres.

Je vous invite maintenant à écouter et chanter ensemble nos hymnes nationaux, le « Kassaman » interprété par le jeune chanteur algérien Wahab Djazouli et la « Marseillaise » interprétée par le jeune baryton français Benoît Rameau.

Vive la République !
Vive l’amitié entre la France et l’Algérie !
Vive l’Algérie
Et, vive la France !

publié le 28/07/2015

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