La voie est tracée dans nos institutions : c’est le chef de l’Etat qui fixe le cap ; à nous de faire en sorte que ces orientations se concrétisent. Je voudrais en évoquer brièvement deux ou trois.
D’abord, il va nous falloir ensemble refonder l’Union pour la Méditerranée. C’était une initiative prémonitoire que d’essayer de constituer, sur les rives de la Méditerranée, une union qui ne soit pas simplement économique, mais aussi culturelle et politique. Bien sûr, ce qui se passe aujourd’hui au sud de la Méditerranée change complètement la donne, et nous avons le devoir d’y réfléchir et de reprendre l’initiative ; ce sera une de nos ambitions prioritaires.
Il faut ensuite que nous poussions plus avant - et j’ai prononcé le mot tout à l’heure - l’intégration, non seulement économique et financière, mais aussi dans le domaine de la politique de défense et de sécurité de l’Union européenne. De ce point de vue, ma conviction est fortement établie, dans un monde qui a complètement changé : la France doit faire entendre sa voix mais elle ne le pourra durablement qu’en osmose, en synergie avec l’ensemble de ses partenaires de l’Union européenne.
En troisième lieu, il nous faut resserrer les partenariats stratégiques que nous avons développés avec les nouvelles puissances émergentes sur la planète. Le monde a changé, nous devons bien évidemment en tirer les conséquences, avec la Chine, avec la Russie, avec le Brésil avec d’autres encore. Cette volonté de partenariat stratégique ne doit pas être exclusive du combat que nous menons pour le multilatéralisme, parce que nous ne pouvons pas nous résigner à un monde qui en reviendrait au concert des puissances, dont on sait les dégâts qu’il a provoqué dans les siècles passés. Là aussi, la gouvernance mondiale sera pour nous un enjeu important.
Et puis enfin, pour ne pas être trop long, je voudrais aussi souligner que nous devrons anticiper ce qui me parait une évolution non seulement incontournable mais aussi souhaitable, c’est à dire l’essor de l’Afrique au XXIème siècle. Ce serait pour nous une faute stratégique que de relâcher notre présence sur ce continent avec lequel tant de liens ont été construits au fil de l’histoire.
