Déclaration de M. Laurent Fabius à l’issue du COMEFA [ar]

Déclaration à la presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, à l’issue du Comité mixte de Coopération économique franco-algérienne (COMEFA)

Oran, 10 novembre 2014

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Mon Cher Ramtane,
Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Cette journée de travail, ici à Oran, puis dans quelques heures l’audience que nous accorde le président Bouteflika sont des moments extrêmement positifs pour la coopération entre l’Algérie et la France. Ce matin, nous avons inauguré avec le Premier ministre Sellal et le président directeur général de Renault, Monsieur Ghosn, cette usine à côté d’Oran qui va être incontestablement un grand succès. C’est la première usine de ce type. La voiture produite est de grande qualité et je suis sûr qu’elle aura beaucoup de succès en Algérie.

Un mot à ce propos. Pour faire bien comprendre que désormais pour les grands groupes comme le groupe Renault, si l’on veut être présent à l’étranger, dans des pays comme celui-ci, il faut coproduire sur place. L’Algérie est gagnante et la France est gagnante. Si on ne produit pas ainsi, on risque d’être totalement évincé du marché, et ce sont d’autres pays qui s’installeront sur un marché ami comme l’Algérie. C’est donc une opération, comme on dit maintenant, « gagnant-gagnant » à la fois pour l’Algérie et pour la France.

Nous avons tenu également une réunion de travail de deux heures et je remercie beaucoup nos collègues algériens, les ministres extrêmement nombreux. Nous avons passé en revue tous les secteurs de notre coopération, et je dois dire que celle-ci est à la fois excellente et très prometteuse. Aujourd’hui, c’est ce que l’on appelle le COMEFA. Dans quelques jours aura lieu à Paris la réunion entre les deux Premiers ministres et un certain nombre de ministres, et à cette occasion seront passés en revue les différents champs de coopération et seront signés des accords qui matérialisent déjà le travail que nous avons fait en commun. Je dirais que dans tous les domaines que nous avons abordés, il y a beaucoup d’excellent travail à faire ensemble.

C’est vrai, je commencerais par là, dans le domaine du logement, où les besoins en Algérie sont considérables et où nous avons eu le plaisir de constater qu’il y avait une offre française qui pourrait répondre en grande partie à ces besoins. C’est vrai plus généralement dans le domaine de l’urbanisme et des transports où d’ores et déjà il y a de très belles réalisations, et nous aurons l’occasion l’an prochain d’inaugurer une nouvelle usine, cette fois-ci à Annaba. C’est vrai dans le domaine de l’automobile - on l’a vu ce matin. Nous souhaitons que cela soit également possible dans le domaine des hélicoptères, qui est un domaine nouveau, et parmi les chefs d’entreprises qui nous accompagnent, il y a en particulier le président directeur général de cette grande société qu’est Airbus Hélicoptères. C’est vrai dans les domaines du tourisme et des industries agro-alimentaires et l’on pourrait allonger la liste. Il n’y a quasiment pas de domaine qui soit étranger, soit à la coopération actuelle, soit aux perspectives de coopération.

La réunion a été menée de main de maître par notre collègue le ministre de l’Industrie et des Mines et nous avons vu - c’est une expérience que le ministre des Affaires étrangères et moi-même avons - que l’on peut dire beaucoup de choses très intéressantes en deux minutes alors que l’on peut dire des choses beaucoup moins intéressantes en beaucoup plus de temps. Et donc, c’est un principe, cher collègue et ami, qu’on va appliquer à la suite de votre excellente méthode. Les relations entre l’Algérie et la France sont à leur meilleur niveau sur le plan politique, nous cheminons ensemble et ce que nous voulons tout simplement, c’est que nos relations économiques se hissent à ce partenariat exceptionnel dont ont parlé à la fois le président algérien et le président français.

Songez, s’agissant de l’usine automobile, et c’est là-dessus que je terminerais, que l’orientation des principes a été prise en décembre 2012 par les deux présidents et que c’est l’année dernière en 2013 que la conclusion définitive a pu être nouée. Et que c’est donc cette année que nous voyons les premières voitures sortir et être vendues. C’est un record. De la même façon, je tiens à le dire, parce que cela n’a peut-être pas été suffisamment souligné, que nous sommes extrêmement heureux, à la fois du côté algérien et du côté français, que l’usine automobile soit celle du groupe Renault qui compte le plus de femmes dans le monde : 40 % de nombre d’employés, et l’une des plus jeunes dans le monde, puisque la moyenne d’âge est de 30 ans. Cela signifie bien la perspective de réussite excellente qui est devant nous dans le domaine automobile comme dans les autres domaines.

Je veux remercier chaleureusement le Premier ministre - que nous allons rejoindre à déjeuner - mes collègues ministres, le président de la République algérienne, de l’accueil qu’ils nous font aujourd’hui. C’est un signe supplémentaire de l’amitié profonde entre l’Algérie et la France./.

publié le 12/11/2014

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