Discours de l’Ambassadeur à l’occasion de la Fête nationale [ar]

Discours de M. Bernard EMIÉ
Ambassadeur,
Haut Représentant de la République Française
en Algérie

Cérémonie de la fête nationale

Alger, jeudi 14 juillet 2016

Monsieur Hadji BABA AMI, Ministre des Finances, et Monsieur Boudjema TALAI, Ministre des Travaux publics et des Transports, représentant le président de la République et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Chers collègues,
Monsieur le Consul général,
Messieurs les conseillers consulaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations,
Mesdames et Messieurs les Anciens Combattants,
Chers amis algériens,
Chers amis français, Chers compatriotes,

C’est un plaisir pour mon épouse et pour moi de vous accueillir pour la deuxième fois à la Résidence des Oliviers, dans ce lieu chargé d’histoire où plane l’esprit du général de Gaulle, pour notre fête nationale du 14 juillet.

Merci à tous les présents qui nous font l’amitié d’être à nos côtés pour cette célébration. Merci d’abord à nos amis algériens qui témoignent de leur fidélité et de leur attachement aux liens si puissants qui existent entre nos deux pays. Merci pour leur soutien même s’il fut, semble-t-il, inégal pour la finale de l’Euro de football ! Merci aux anciens combattants algériens de l’armée française dont une délégation est avec nous ce soir et que je salue chaleureusement et respectueusement, eux qui incarnent sans doute mieux que quiconque ces liens exceptionnels, singuliers, égaux à nuls autres qui existent entre l’Algérie et la France.

Je souhaite d’abord remercier nos sponsors dont la liste est affichée à l’entrée de la Résidence, sans lesquels cette réception ne pourrait pas être aussi réussie avec nombre de produits venus de France. Que toutes ces sociétés, françaises et algériennes, soient assurées de ma reconnaissance personnelle pour leur engagement et leur soutien à notre mission de faire rayonner la France.

Mesdames et Messieurs, l’année 2015 fut une année très éprouvante pour la France. Une année de drames, marquée le 13 novembre dernier par ces attentats terroristes intervenus au Bataclan et dans le quartier environnant qui ont coûté la vie à 130 personnes, dont 2 algériens, et blessé plus de 400 innocents. Attentats terroristes intervenus tout au long de l’année dans tant d’autres pays, ce soir représentés, je ne peux pas les citer tous, je pense simplement à mes collègues irakiens et turcs dont les pays ont été endeuillés par d’horribles attentats récemment. Au lendemain de ce terrible choc du 13 novembre, la France est restée forte, debout, solidaire, engagée, résistant à toute tentative de rejet ou d’amalgame et mobilisée pour lutter, où qu’il soit, contre le terrorisme et ses réseaux. La France a aussi, malgré l’état d’urgence, organisé un Euro de football parfaitement réussi ! Dans ces moments de traumatisme, nous avons été très touchés par la solidarité et la sympathie exprimées par l’Algérie et je veux citer ces mots du Président Bouteflika, je le cite : « C’est avec stupeur et profonde indignation que j’ai appris les lâches attentats qui viennent d’être perpétrés à Paris et qui ont causé un lourd bilan en vies humaines. Cette horreur planifiée constitue un véritable crime contre l’humanité »

D’où tout au long de cette année, une mobilisation en France contre le terrorisme, mais avec le soutien de nos amis dont l’Algérie. Cette Algérie qui connut ces drames. Cette Algérie dont l’expérience dans la lutte contre le terrorisme nous est précieuse. Cette Algérie avec laquelle nous travaillons pour lutter contre la radicalisation.

Cette Algérie avec laquelle nous n’avons cessé d’œuvrer à la paix et à la stabilité de cette région pour régler nombre de crises : mobilisation pour que les accords de paix d’Alger sur le Mali entrent pleinement en vigueur ; mobilisation pour qu’un agenda unique prévale en Libye afin de soutenir et faire réussir le gouvernement d’union nationale formé sous l’égide des Nations-unies ; mobilisation pour faire sortir de l’impasse le processus de paix au Proche-Orient, la France ayant lancé une initiative pour relancer la recherche d’un règlement de cette crise centrale.

Est-ce une mission impossible messieurs les ministres ? Je ne peux pas vous le dire, mais nous sommes en tout cas mobilisés pour que nous puissions sortir de ce statu quo actuel.

Main dans la main, nous avons développé notre dialogue politique, renforcé notre dialogue stratégique, intensifié notre coopération sécuritaire et marqué notre volonté à tous les niveaux d’amplifier des relations bilatérales, non seulement très denses mais constructives et productives.

Cette année fut marquée par des rendez-vous de portée historique : première visite en Algérie depuis 16 ans du président du Sénat français en septembre 2015 ; première visite en France depuis l’Indépendance, du ministre algérien des Moudjahidines, fin janvier 2016, alors que sans rien oublier des souffrances et des drames du passé, nous souhaitons travailler à une mémoire apaisée et regarder ensemble l’avenir ; première visite, je l’espère, en septembre prochain, du président du Conseil de la Nation en France.

Des visites historiques mais aussi des visites à fort contenu. Visite du Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal en novembre dernier en France pour l’ouverture de la Cop21, alors que l’Algérie fut une alliée essentielle pour la réussite de cette conférence historique. Visite du Premier ministre français Manuel Valls en avril pour la 3ème édition du Comité Intergouvernemental de Haut Niveau qui a réuni dix ministres français et quinze ministres algériens, permettant la signature de trente accords dans les domaines économiques, certains dans votre domaine, monsieur le ministre de transport, mais aussi de la culture, de la santé, de la coopération.

Visite au cours de cette année de seize ministres français en Algérie et de quatorze ministres algériens en France dont à plusieurs reprises les ministres des Affaires étrangères. Visite enfin début juin de M. Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, je salue tous les parlementaires ici présents dans le cadre de la commission mixte parlementaire de haut niveau.

C’est dire combien la relation algéro-française, malgré des difficultés et des incompréhensions, qui restent naturellement présentes compte tenu de la densité des liens, de la sensibilité des relations qui ne seront, bonnes ou mauvaises, jamais banales comme le dit le Président Bouteflika, ont encore progressé car l’esprit français comme l’esprit algérien est un esprit libre, frondeur, rebel avec la place centrale que nous accordons à notre Révolution.

La France est fière cette année d’avoir réussi la poursuite de la montée en puissance de ces relations dans le cadre de ce partenariat gagnant-gagnant, fait de respect et d’amitié avec l’Algérie.

Elle est fière d’avoir été, pour la première fois depuis la création du Salon international du Livre d’Alger, invitée d’honneur en 2015. Elle est fière d’avoir réussi nombre d’événements liés à l’art de vivre et à la Culture en Algérie comme la fête de la Musique à Alger-centre pendant le Ramadan ou les Nuits blanches à Oran.

Elle est fière d’être un partenaire économique majeur, disponible pour investir, coproduire, créer de la valeur ajoutée et accompagner toujours et partout l’effort de diversification économique entrepris par le gouvernement algérien porté par les milieux d’affaires ici présents, à l’instar des usines de Renault et de Sanofi et mais aussi de tant d’autres projets qui sont en train d’être finalisés.

Elle est fière d’accueillir 24 000 étudiants algériens qui participeront ensuite au développement de leur pays mais aussi au réseau des alumni algériens de l’enseignement supérieur français. Je lance un appel ce soir à tous ceux, dans cette assemblée, qui ont étudié dans des établissements supérieurs en France, pour qu’ils rejoignent la plate-forme France Alumni Algérie qui a été inaugurée par le ministre algérien de l’enseignement supérieur et par la ministre française de l’enseignement supérieur.

Elle est fière de promouvoir la liberté d’expression et la curiosité intellectuelle des jeunes Algériens alors que nous serons cette année dans le monde, l’Ambassade de France la plus connectée avec 400 000 amis sur Facebook et 10 000 suiveurs sur Tweeter.

Elle est fière, avec nos trois consulats généraux d’Alger, d’Oran et d’Annaba, nos cinq instituts culturels français, de Tlemcen, Oran, Alger, Constantine et Annaba, avec le lycée international Alexandre Dumas d’Alger, avec les lycées que nous allons prochainement ouvrir à Oran et à Annaba, de pouvoir s’engager avec dynamisme et efficacité pour développer cette relation égale à nulle autre.

Elle est fière de s’appuyer sur cette langue que nous avons en partage et sur ces millions d’Algériens et de binationaux qui vivent sur notre territoire.

Elle est fière de ces trente-cinq mille compatriotes représentés ce soir qui vivent et travaillent en Algérie, profondément attachés à cette terre, compatriotes que je salue chaleureusement en ce jour de fête nationale et qui sont autant d’opérateurs et d’ambassadeurs de nos relations.

Et nous sommes fiers aussi que l’année 2017 soit dans nos pays une année de grands rendez-vous démocratiques : Election présidentielle et élection législative en France, élections législatives en Algérie. Cette année électorale doit être néanmoins une année utile pour nos relations, une année où nous continuerons à construire de grands projets, à prolonger ce qui a été lancé depuis décembre 2012 avec la visite d’Etat du président François Hollande, et la décision de nos deux Présidents de créer et de développer entre nos deux pays un partenariat d’exception. Une année de débats, d’échanges, de démocratie, mais une année utile pour nos relations car jamais nos deux pays, depuis l’Indépendance de l’Algérie, n’auront sans doute été si intimement liés par une relation de confiance et de partenariat.

Nous sommes fiers ce soir de fêter avec vous ces valeurs fondamentales de notre devise nationale : Liberté, Egalité et Fraternité, ces valeurs que nous avons en partage.
Je vous invite maintenant à écouter et à chanter ensemble nos hymnes nationaux, la Kassaman, interprétée par la jeune chanteuse algérienne soprano Rym Ogourt, et la Marseillaise, qui sera interprétée par le jeune baryton français Benoît Rameau.

Vive la République, vive l’amitié entre la France et l’Algérie, vive l’Algérie et vive la France !

publié le 08/09/2016

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