Allocution de Manuel Valls au Forum de Partenariats franco-algérien

Forum de partenariats et des rencontres de la formation professionnelle
Alger, 10 avril 2016
Allocution de Manuel VALLS, Premier ministre

Monsieur le Premier ministre, cher Abdelmalek SELLAL,
Mesdames, messieurs les ministres,
Monsieur le président du Forum des Chefs d’Entreprises,
Monsieur le président de la Chambre algérienne de Commerce et d’Industrie,
Monsieur le président du Club des Entrepreneurs et Industriels de la MITIDJA,
Monsieur le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie algéro-française (CCIAF),
Mesdames, messieurs,

C’est le troisième Comité interministériel de haut niveau auquel je participe ; le second aux côtés du Premier ministre SELLAL – c’est un plaisir toujours renouvelé.

Un mot d’ordre rythme ces rencontres – et le nom de l’évènement de ce matin dit tout : celui de « partenariats ».

Les partenariats, ce sont d’abord ceux qui se nouent, depuis quatre ans, entre entreprises algériennes et entreprises françaises, des secteurs privés et publics, avec cette volonté de se rapprocher, de travailler ensemble, de bâtir des projets communs.

Les partenariats, ce sont aussi ceux prêts à être conclus, qui déboucheront sur d’autres produits, portés par les entreprises de nos deux pays. Et quand je vois devant moi ce parterre de chefs d’entreprises algériennes et françaises, voulant innover, conquérir de nouveaux marchés, je me dis que de beaux projets nous attendent !

Ces « partenariats » entre nos entreprises tissent la trame du « partenariat d’exception » entre nos deux pays, lancé en décembre 2012 par les présidents HOLLANDE et BOUTEFLIKA. Un partenariat qui commence à se concrétiser. J’en veux pour preuve les Renault Symbol que j’ai vues dans les rues d’Alger.

Ce partenariat doit continuer à se développer. Ce qui veut dire d’abord pour la France : demeurer le partenaire économique majeur de l’Algérie.

Nous sommes déjà le premier investisseur, hors hydrocarbures, dans ce pays, et le deuxième partenaire commercial, avec un volume d’échanges qui ne cesse d’augmenter. 500 entreprises françaises sont déjà présentes en Algérie. 6 000 commercent, depuis la France, avec votre pays. Elles seront sûrement les investisseurs de demain !

Sous votre impulsion, monsieur le Premier ministre, et celle du Président BOUTEFLIKA, l’Algérie s’est engagée dans un processus de diversification de son économie. Le contexte, vous le disiez, n’est pas facile.

Mais nous sommes là pour vous aider à réussir. Car nous avons confiance dans les atouts de l’Algérie, dans son potentiel, dans le fait qu’ensemble, nous pouvons peser.

Nous sommes là, et nos entreprises sont là, dans des secteurs aussi stratégiques que la santé, l’agroalimentaire ou les transports. Dans des secteurs d’avenir, comme le numérique. Et nous assisterons, tout à l’heure, à la signature de nouveaux accords, dans les domaines de la mécanique, de la sous-traitance, de l’agroalimentaire.

Développer notre partenariat d’exception, c’est aussi faire que les entreprises algériennes trouvent naturellement le chemin de la France, pour renforcer encore ce maillage qui met ensemble entrepreneurs français et algériens, entrepreneurs franco-algériens, pour qui la Méditerranée n’est pas une mer qui éloigne, mais au contraire qui rapproche nos deux communautés d’affaires. Et je pense à ces jeunes entrepreneurs, à ces start-ups, à ces PME qui font la vitalité de nos échanges.

Vous le savez : le sens de notre politique économique, c’est de permettre aux entreprises d’investir, d’innover, de créer de la richesse et de l’emploi.

Nous avons ainsi consacré 40 milliards d’euros sur trois ans à la baisse du coût du travail – c’est le Pacte de responsabilité et de solidarité –, pour que les entreprises implantées dans notre pays soient plus fortes, plus compétitives sur les marchés extérieurs.
Nous agissons, plus généralement, pour simplifier, lever les blocages, libérer les initiatives. Et nos réformes se poursuivent. La Loi Travail, en débat au Parlement, doit casser les rigidités de notre marché du travail, donner plus de place au dialogue social dans les entreprises pour qu’elles s’organisent mieux, et renforcer les droits des salariés pour qu’ils puissent notamment mieux se former.

Nous avons enfin créé une nouvelle instance, le Conseil stratégique de l’Attractivité. Son but : que les investisseurs étrangers puissent faire valoir leurs projets, leurs interrogations, leurs préoccupations, leurs suggestions aussi. Nous sommes à votre écoute !

Car nous savons que face aux bouleversements de notre environnement économique, alors que les échanges, la concurrence, se jouent désormais à l’échelle mondiale, nous devons nous adapter, nous réformer. Ce qui ne veut pas dire renoncer à notre modèle social. Au contraire ! Les réformes que nous menons, c’est la condition pour que la France, sixième puissance économique mondiale, reste à la pointe.

Développer notre partenariat d’exception, c’est, plus largement, tout faire pour faciliter les échanges, les coopérations entre nos deux pays.

Ce qui implique de simplifier la tâche des Algériens ou Français d’origine algérienne qui aident leur entreprise à s’implanter en Algérie, ou y lancent leur propre projet. Ils doivent pouvoir être mobiles, s’installer de part et d’autre de la Méditerranée, mobiliser leurs ressources facilement. Car cette communauté franco-algérienne riche et dynamique est l’une de nos plus grandes chances communes.

Faciliter les coopérations, c’est aussi veiller à ce que les salariés puissent se former aux métiers et aux compétences dont nos entreprises ont besoin. La jeunesse de nos deux pays a tant de talents ! Et nous avons cet immense défi, en France comme en Algérie, de leur ouvrir des perspectives, de leur offrir un avenir.
Beaucoup d’initiatives ont été mises en place par nos deux pays. Je pense aux Instituts technologiques, développés sur le modèle de nos IUT ; aux projets d’écoles à vocation professionnelle ; aux centres d’excellence. Je voudrais à ce titre saluer l’initiative exemplaire de Schneider Electric.

Ma conviction, c’est que nous devrons aller plus loin : c’est le sens des premières Rencontres de la Formation professionnelle, organisées ce matin en même temps que le Forum des partenariats.

Mesdames, messieurs,

Les destins de nos deux pays sont intimement liés. Il ne peut y avoir de prospérité en Europe et en Afrique que si nous tendons la main, au-delà de la Méditerranée ; que si nous mesurons pleinement que l’Afrique est le continent de demain. Au cœur de ces nouveaux échanges, il doit y avoir l’axe économique franco-algérien.

Vous êtes les premiers acteurs de ce partenariat qui lie nos deux pays. Alors, mon message aujourd’hui, c’est : continuez à être mobilisés ! Dynamiques ! Nourrissez les échanges entre la France et l’Algérie ; lancez – si j’ose dire – des ponts au-dessus de la Méditerranée.

Je compte sur vous, sur vos travaux, sur votre enthousiasme et sur notre volonté commune pour aller plus loin, et faire vivre cette relation économique, mais aussi politique, historique, humaine, à nulle autre pareille.

Je vous remercie.

publié le 19/04/2016

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